Coupe du monde : le réveil de l’Afrique

Le fait est assez important pour ne pas être remarqué, ou pour être minimisé. Lentement mais sûrement, on assiste au réveil africain dont la manifestation la plus visible se fait aux plans sportif et politique, mais l’économie, la technologie, la médecine et bien d’autres domaines ne sont pas en reste. Ce réveil, bien entendu, ne se fait pas sans heurt. Face à la montée de la conscience africaine, les puissances impérialistes ne sont pas indifférentes. Le racisme n’est pas encore complètement éteint dans les stades en Europe, les politiques en direction de l’Afrique restent prédatrices, les richesses du sous-sol continuent d’engraisser les firmes occidentales, il subsiste sur le continent des dirigeants néocolonialistes qui perpétuent la douce exploitation du peuple, les monnaies serviles comme le franc cfa restent d’actualité dans le pré carré français. Mais la flamme africaine telle que portée sur les stades qataris en 2022, n’est pas faite pour s’éteindre, elle est désormais semblable à cet étincelle dans la nuit, qui reste visible malgré la densité de l’obscurité.

Figure : Joseph Antoine Bell, le Lion incompris

. En 1989, quand Joseph Antoine Bell arrive à Bordeaux, le public ne l’accepte pas au départ et lui lance les peaux de bananes. Plus tard il commente cet épisode de sa carrière en ces termes : « J’étais le premier gardien noir. Ça n’a pas été plus facile pour moi, mais ça l’a été pour ceux qui sont arrivés après moi. À l’époque, tout le monde pensait qu’un noir ne pouvait pas être assez sérieux ou assez intelligent pour être gardien de but. Les gens pensaient qu’on ne pouvait pas faire confiance à un noir à ce poste, qu’un gardien noir n’était pas fiable. Les gens ne s’attendaient pas à ce qu’un noir puisse être bon au poste de gardien, mais j’ai réussi à le prouver, et depuis le message est passé. C’est pourquoi j’affirme que c’est par le comportement que l’on peut faire changer les gens. Ceux qui pensaient que les noirs n’étaient pas assez sérieux pour être gardiens de but avaient raison à l’époque parce qu’ils n’avaient jamais vu de bon gardien noir. Une fois qu’ils en ont vu un, ils ont su qu’ils s’étaient trompés et c’est par des actes que j’ai fait évoluer leur opinion. » Mais les opinions peuvent-elles évoluer au Cameroun en général et dans le milieu du football en particulier par des simples actes ? Joseph Antoine Bell fait partie de ceux-là qui montrent la lune, mais on ne voit que les défauts de leurs doigts.

Décentralisation : l’enjeu des privilèges

Dans le secteur éducatif par exemple, le promoteur d’un établissement scolaire privé doit dans la pratique de la centralisation, adresser une demande au ministère, d’où doivent partir de multiples missions d’inspection dont le rapport fera avancer la procédure. Ce qui implique des frais de mission, et l’ « accueil » par le promoteur qui doit être digne des gens qui viennent de Yaoundé. Autant d’avantages qui seraient perdus si tous les agréments et autorisations nécessaires devaient désormais s’obtenir au niveau de la Région dans le cadre de la décentralisation. S’il est convenu que la décentralisation est gage d’un meilleur développement au niveau local au bénéfice des populations, le refus manifeste de transférer les compétences accompagnées des ressources nécessaires, ne peut être motivé que par l’enjeu… des privilèges.

Décentralisation : l’Etat central ne lâche pas

De même, l’alinéa 5 de l’article 497 dit qu’un décret du président de la République détermine les modalités de transfert, d’affectation ou de mise à disposition prévu au présent article, selon que le transfert est total ou partiel. Devant les députés de l’Assemblée nationale le 25 novembre 2020, le Premier ministre Joseph Dion Ngute, président du Conseil national de la décentralisation disait que « sur les 32 textes d’application du Code Général des CTD, 26 projets ont été élaborés, 06 textes ont déjà été signés et les 20 autres sont en cours de validation, notamment celui relatif à la mise en place de la Fonction Publique Locale ». En résumé, la décentralisation introduite dans la constitution en 1996, a attendu 23 ans pour qu’une loi la consacrant soit votée et promulguée, laquelle attend aussi depuis 3 ans les textes d’application. Que cache cette lenteur, pourquoi le pouvoir central ne lache pas du lest?

Enseignements secondaires : les nominations victime des lourdeurs

Il va sans dire que la publication de l’arrêté portant nomination des personnels de l’éducation trois mois après la rentrée scolaire, crée plus de problèmes qu’elle n’en résout. Sur le plan social d’abord, c’est la dislocation familiale assurée, avec ses corollaires que sont la perte de l’autorité parentale sur les enfants, l’éloignement physique des conjoints qui peut entrainer l’éloignement des cœurs et aboutir à la rupture. Au plan professionnel, les nouveaux nommés doivent prendre les commandes d’un train en marche et assumer un probable déraillement ou recevoir les lauriers d’une arrivée triomphale en gare, alors qu’ils ne sont en rien responsables du type de passagers embarqués, de la qualité et de la quantité du carburant consommé par la locomotive au départ. Ce qu’ils savent, ces nouveaux responsables, c’est qu’ils doivent se débrouiller pour que l’année scolaire s’achève. Penser que dans ces conditions la qualité de l’éducation n’en prend pas un coup, c’est simplement confirmer l’absence de vision en la matière, car pendant que les Camerounais attendent une véritable politique de l’éducation le gouvernement leur sert…une éducation politisée.

Afrique: des talents au détriment du Continent

Le mythe d’Œdipe, ou le mythe d’Embolo, est à tout point de vue la manifestation de ce que le Boudhisme appelle le karma, dogme selon lequel la destinée d’un être vivant et conscient est déterminée par la totalité de ses actions passées, de ses vies antérieures. Ce qui arrive à l’Afrique aujourd’hui et qui va arriver demain n’est autre que la conséquence de ce qui s’est fait hier et se fait aujourd’hui. La question est : qu’est-ce que l’Afrique fait pour ne plus être spectateur de l’éclosion de ses talents au profit des autres, et contre soi ? Le manque d’anticipation africain n’empêche pas le monde d’avancer, d’être plus exigeant et d’imposer ce que Alexandre Djimeli appelle la circulation mondiale des talents. Pour le « journaliste en retrait », « la star – malgré lui – du match opposant « ses deux pays » est le fruit de la circulation globale des talents. La motivation principale de cette circulation c’est d’abord de rechercher là où l’on peut s’en sortir, se valoriser et, pourquoi pas, briller. » A l’Afrique de se réveiller et devenir le principal pôle d’attraction où peuvent briller ses talents, sans plus rappeler le mythe…d’Œdipe

Figure : Jean Miché Kankan, le « fou » de la société

Que reste-t-il de Jean Miché Kankan ? Pas grand-chose, l’artiste ayant subi le même sort réservé aux héros nationaux, celui de l’oubli. Il a fallu qu’une image de sa tombe en ruine circule dans les réseaux sociaux en 2019, pour qu’elle soit enfin restaurée et rendu digne d’un homme par la mairie d’Akonolinga, grâce dit-on, à une subvention du ministère des Arts et de la culture. Selon le site d’information en ligne la voixdukoat, un prix baptisé « Prix Jean Michel Kankan » a été institué par le Festival international des images comiques (Festico), attribué lors de l’édition de mai 2019 à celui qui jouait avec le comédien de son vivant, René Dieudonné Foudda. Ce dernier avait d’ailleurs un projet du Mémorial Jean Miché Kankan, pour lequel il avouait en septembre 2019 à Valgadine Tonga de lavoixdukoat, n’avoir encore reçu aucun centime pour le projet dont la maquette était exposée sur les réseaux sociaux, notamment sur la page facebook « KANKAN FOR EVER. » Il reste que les œuvres de l’homme continuent d’être une source d’inspiration pour les nouvelles générations de comédiens camerounais et africains, qui essaient de perpétuer en le modernisant, le style de Jean Miché Kankan, convaincus que dans une société où le stress se vit au quotidien, ils peuvent en présentant les situations sous forme de comédie, arriver à susciter une prise de conscience à terme, et un changement en actes.

Vie chère : le coup de grâce du gouvernement

Il faut donc élargir l’assiette fiscale pour utiliser les termes savants du milieu, ce qui veut dire en termes simples qu’il faut davantage presser les populations pour extraire le maximum d’argent. Les populations se retrouvent ainsi dans une serre qu’il faut presser chaque année un peu plus. Et pendant que ces populations suffoquent chaque jour sous la pression du gouvernement pour lequel lutter contre la vie chère consiste à rendre les choses plus chères, toutes les explorations et études confirment que le Cameroun est un pays riche, béni par la nature. Sans être un El dorado, le Cameroun a dans son sous-sol de quoi donner aux populations un niveau de vie enviable. Il est d’ailleurs démontré que ces richesses africaines nourrissent bien les gens ailleurs, qui viennent les piller en laissant sous la table des milliards de cfa pour quelques individus, comme l’ont confirmé par le passé les dirigeants de Elf et récemment ceux de Glencore.

Audits et enquêtes : rien à attendre

La Chambre des Comptes a relevé que des entreprises ont été créées à la faveur du plan de riposte, ou réactivées pour les besoins de la cause, mais également que des marchés ont été attribués sur fond de conflit d’intérêt. Trois prestataires, Proof Consulting Group Sarl, Technologie Medicale du Cameroun Sarl et New Pharma Sarl, alors qu’elles n’ont été immatriculées qu’en juillet et août 2020 et sans aucune expérience ont bénéficié 35 à 40 jours après, de 3 contrats de 276 554 869 fcfapour Proof Consulting Group Sarl, d’un marché spécial de 131 355 000 fcfapour Technologie Medicale du Cameroun Sarl et d’un marché spécial de 291 597 346 fcfa pour New Pharma Sarl, soit un total de 699 507 215 fcfa. 1 250 000 000 fcfa de travaux inachevés ont été payés intégralement, des doubles paiements de marchés ayant occasionné un préjudice de 708 400 000 fcfa. La liste des irrégularités du rapport de la Chambre des comptes dans la gestion des fonds Covid est loin d’être exhaustive. Depuis la publication de ce rapport, aucun ministre n’a été démis de ses fonctions, aucun cadre de l’administration interpellé par la justice, aucun des responsables de ces entreprises créées le matin pour gagner des marchés le soir inquiété. Le préjudice de l’Etat s’évalue en dizaines de milliards de fcfa, alors que les enfants s’assoient toujours sur des morceaux de bois dans des hangars pour apprendre. Il n’y a rien eu depuis juin 2021. Et comme le dit le ministre des Finances pour l’audit des lignes 65 et 94, « il n’y aura rien »

Corruption : le blanchiment d’argent en bonne place

Un autre secteur de blanchiment des capitaux qui prospère au grand jour, est celui du commerce des matériaux de construction, communément appelé quincaillerie. D’après le rapport, le secteur des marchands des matériaux de construction est intimement lié à celui de l’immobilier. La menace « élevée » observée dans ce secteur a amené le législateur communautaire, dans sa réforme de 2016, à intégrer les quincailleries dans la liste de professions assujetties à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. La forte prépondérance du cash et des mesures ou diligences de la lutte appliquées par les professionnels du secteur financier conduit les criminels à déposer les fonds directement dans les quincailleries et à retirer leurs contreparties en matériaux de construction. L’ampleur et le standing des immeubles témoignent de ce que de fortes sommes d’argent transitent par ce secteur. Au demeurant, ces quincailleries sont en nombre très élevé et disséminés un peu partout sur l’étendue du territoire national

Sommets : la diplomatie de façade

Et pourtant, jamais la nécessité d’une coordination internationale n’a été plus grande. Jamais le monde n’a été plus menacé d’une fragmentation : la Chine se referme sur elle-même ; les Etats-Unis, même s’ils ont pour le moment échappé au pire, se dirigent à grands pas vers l’isolationnisme qui les attire depuis leur création. La Russie s’est exclue du monde. Et les puissances européennes, incapables de définir une vision géopolitique commune, retournent à grande vitesse à leurs égoïsmes suicidaires des siècles passés. Pendant que les événements démontrent chaque jour davantage que les frontières ne protègent pas des principales menaces : les pandémies, le réchauffement climatique, l’inflation, l’accumulation folle des richesses, les mouvements de population.

Figure : Nioussérê Kalala Omutundé et la renaissance africaine

Quels sont les rouages de l’aliénation culturelle des Kamits (Noirs) ? Comment s’exprime cette aliénation et d’où vient-elle ? Telles sont les thématiques abordées dans cet ouvrage, où il soutient que l’aliénation culturelle continue de créer une espèce de dualisme dans le fonctionnement psychologique de chaque Kamit ou Noir. Dualisme qui révèle l’existence d’une relation conflictuelle secrète et intérieure, entre un Moi africain continuellement agressé et un sur-Moi occidental agresseur et conquérant, désireux d’imposer par tous les moyens au Moi africain, sa vision du monde. Pourquoi cette agression et que cache-t-elle ? Au-delà des analyses faites par Frantz Fanon et Aimé Césaire, Omotunde Kalala souhaitait apporter une vision et une solution afrocentriste, à ce mal qui ronge nos consciences et engendre le complexe d’infériorité, la frustration et la violence.

Corruption : frais d’Apee, le pain béni

Les frais d’Apee qui sont défendus par le gouvernement comme étant la contribution des parents au financement de l’école, arguant que l’Etat ne peut tout faire seul, et avalisant en silence l’obligation faites aux parents d’élèves d’adhérer par le paiement de ces sommes sans lesquelles l’enfant ne sera pas inscrit à l’école. Si tant est que ces frais étaient si précieux au gouvernement, pourquoi laisse-t-il les chefs d’établissements prendre des libertés avec l’argent des pauvres parents ? De nombreuses lois et circulaires existent, qui encadrent la gestion des frais d’Apee du reste partie intégrante des fonds publics. Mais combien de chefs d’établissements sont en prison pour avoir détourné les fonds des associations, malgré les dénonciations et même la confirmation par les enquêtes de la Conac. Face à la corruption, l’impunité contribue simplement à la nourrir.

Corruption : les instigateurs de l’ombre

Et c’est ainsi que dans la plupart des cas, des projets de développement, qui bénéficient même des financements étrangers n’évoluent pas parce que la partie camerounaise n’arrive pas à indemniser les populations afin qu’ils libèrent les sites des travaux. La raison étant que l’enveloppe des indemnisations gonflent anormalement, grâce à l’ingéniosité des délégués départementaux qui s’adjoignent même la complicité du préfet et du rapporteur de la commission d’évaluation, comme dans le cas d’espèce. Ce cas qui est loin d’être isolé. Le ministre de l’Administration territoriale à l’habitude de voir des ennemis de la république tapis dans l’ombre. Ils ne sont ailleurs que dans les bureaux administratifs, ils occupent des fonctions avec des avantages de toutes natures, et ils s’emploient au quotidien à utiliser les moyens de l’Etat…pour ternir l’image de l’Etat.

Education : zones rurales, l’urgence d’agir

L’enseignante expliquait que faire passer les enfants avec des notes ridicules, venait de l’idée de les flatter pour qu’ils viennent à l’école, sous-entendu qu’elle n’attire pas. Comment d’ailleurs serait-elle attrayante quand elle est logée dans des abris de fortune que les intempéries érodent d’années en années dans l’indifférence totale ? Comment le serait-elle quand dans un lycée technique ou un collège d’enseignement technique, on enseigne l’électricité, sans électricité, comment le serait-elle si le cours d’informatique se résume à la présentation aux élèves d’un écran dépassé par le temps? Pour l’éducation en zone rurale, il y a plus que l’urgence…d’agir

Corruption : le Cameroun tient bon

Les dénonciations en 2021 ont bien entendu poussé l’Institution à faire des enquêtes sur le terrain pour se rendre compte que 83% de ces dénonciations sont fondées. Surtout, au terme des investigations, la Conac est arrivée à la conclusion que le préjudice financier subi par l’État du fait des actes de corruption pour l’année 2021 s’élève à 43 947 794 138 Fcfa, dont près de 44 milliards. Ce chiffre est en hausse de 26 336 519 954 Fcfa, car en 2020 le préjudice financier était de 17 611 274 184 Fcfa. Conclusion, les effets négatifs de la corruption sur les finances publiques ont plus que doublé entre 2020 et 2021, pourtant le nombre de dénonciations a diminué dans le même temps de 2/3, passant de 16067 en 2020 à seulement 6705 en 2021, presque 10 000 dénonciations de moins. Ce qui laisse penser que d’une part l’engouement des populations pour la dénonciation a baissé, peut-être en l’absence des résultats concrets ou du sentiment selon lequel rien ne change, et d’autre part, les acteurs de la corruption ont redoublé d’ardeur dans la pratique, pour que leur chiffre d’affaire double en un an comme l’indique le rapport. De là à conclure qu’au Cameroun, plus on lutte contre la corruption, mieux elle se porte. Un autre héritage du renouveau !

Figure : Paul Momo, le capitaine génie de l’Upc

Paul Momo est trahi et abattu par la gendarmerie le 17 novembre 1960 sur une piste à Bahouan. Ses deux protecteurs prennent peur et se font accompagner par le député Noé Mopen à Bafoussam 10 jours plus tard pour se rendre officiellement. Ils sont immédiatement récupérés et mis en exploitation c’est-à-dire interrogatoire sous torture. Des informations qu’ils fournissent, et de l’exploitation des documents saisis lors de l’attaque du QG de Paul Momo, les forces françaises apprennent que les unités du capitaine génie étaient étrangères aux harcèlements récurrents subis par les colonialistes au nord et au sud de l’arrondissement de Bafoussam. Après son assassinat, le corps de Paul Momo est exposé pendant des jours au carrefour aujourd’hui connu sous le nom de Carrefour Maquisard en plein cœur de la ville, avant d’être décapité et enterré entre deux dalles de béton lourdement armé, pour éviter dit-on, qu’il ne se métamorphose et sorte de terre. Paul Momo fait partie des milliers de victimes assassinées de manière barbare au mépris des lois de la guerre, et dont la mort rentre dans le lourd passif colonial… qui reste non liquidé.

Pouvoir : vers une succession dynastique ?

» Contre le Renouveau, des ressortissants du Grand Nord auraient donc une rancœur tenace, éléments à l’appui. Tout comme les ressortissants des autres régions d’ailleurs, exclusion faite des ceux qui se nourrissent du système. Toute incarnation du renouveau provoquerait alors de prime abord un sentiment de rejet, à plus forte raison le fils du père du renouveau, l’accession à la magistrature suprême laisserait penser à une dynastie. Mais un sentiment de rejet n’empêche pas l’objet ou le fait rejeté d’exister, et même de se réaliser. Et comme le rappelle Dieudonné Essomba, la conquête du pouvoir reste…un rapport de force.

Affaire Glencore : silence sur les corrompus du Cameroun

Une enquête ouverte au Cameroun aurait permis non seulement de mettre la main sur les hauts fonctionnaires coupables, et peut être récupérer quelque chose, mais le Cameroun aurait en plus pu, alors que le procès se poursuivait devant les instances judiciaires étrangères, se constituer partie civile et demander des dommages et intérêts. A moins qu’une partie des 208 milliards d’amende que devra payer Glencore ne soit redistribuée au pays concernée, le Cameroun, en restant silencieux, perd ainsi quelques milliards qui auraient aidé –Dieu aidant- à construire des salles de classes quelque part ou rallonger de quelques mètres les adductions d’eau dans les villes et campagnes. Sans compter que ce silence conforte dans leurs agissements ceux qui ont fait main basse sur les richesses du pays, et également fait des dessous de table… un mode de gouvernance.

Renouveau : 40 ans de mouvement immobile

Après les festivités du 6 novembre 2022, bien de Camerounais sont retournés dans leurs domiciles sans électricité ni eau. La peinture du tableau est loin d’être achevée. Bref, comme pour l’économie à laquelle Célestin Monga faisait allusion en parlant du mouvement immobile, le Cameroun a beaucoup bougé ces 40 dernières années dans l’ensemble, tous les secteurs confondus. Mais en faisant du surplace, tel une voiture embourbée sur une route de Yabassi ou de Fondenera avec une roue suspendue en l’air. A l’accélération, elle tourne beaucoup et même très vite, mais la voiture reste sur place, et plus grave, en consommant son carburant, sa ressource énergétique, qui arrive à s’épuiser. En 40 ans de Renouveau, le Cameroun a également beaucoup consommé de ses ressources, le budget de l’Etat est passé de quelques centaines de milliards en 1982 à plus de 5000 milliards en 2022, suivant ainsi la courbe démographique, mais dans l’arrière-pays les enfants continuent de faire l’école sous les arbres faute de salles de classe. Le pays a beaucoup bougé en 40 ans, mais soit il est allé dans le sens contraire, soit le mouvement est resté plus que jamais…immobile

Afrique : la deuxième colonisation

Comme par le passé, à l’époque de la domination allemande et de ses successeurs français et britannique, cet accaparement des terres ne se fait pas sans douleur. Les propriétaires coutumiers sont dépossédés et transformés par la suite en ouvriers agricoles sur leurs propres terres, où ils travaillent dans des conditions inhumaines. Le Njok-Massi est revenu sous une nouvelle forme. A l’époque de la première colonisation, les firmes dominatrices coloniales étaient protégées par l’administration coloniale qui usait de tous les moyens, y compris la force pour étouffer toute contestation. Ce rôle est aujourd’hui sous-traité à l’administration locale pour les mêmes missions, briser les contestations. Les mouvements d’humeurs souvent enregistrés dans ces plantations et dans les entreprises étrangères en général, où les ouvriers locaux dénoncent le traitement inhumain et l’inexistence des droits sociaux, sont toujours étouffés par l’administration locale, au nom de « la paix sociale » et « des relations amicales », et transformés en réunions de concertation, d’où les ouvriers sortent toujours avec plus de plaintes. Que ce soit dans les années 1900 ou les années 2000, les mêmes techniques de domination de l’Afrique se reproduisent, seuls les acteurs ont changé.

Figure : Léonard Bouli, 1er Secrétaire général de l’Upc

En novembre 1948, Léonard Bouli fut remplacé par Ruben Um Nyobè au poste de secrétaire général. Après avoir fait le plus dur, à savoir faire accepter le parti par l’administration et les populations, il fallait désormais passer à l’étape de la consolidation des acquis. Um Nyobé faisait l’unanimité à ce poste, tant au sein du parti que du côté de l’administration coloniale qui le redoutait. Léonard Bouli su lever le pied et passer le relais, sans se sentir obligé de créer une autre faction de l’Upc, et mieux, sans vouloir confondre le parti à lui-même, comme la vague des chefs politiques apparus sur la scène depuis 1990, et qui y sont toujours, 32 ans après !

Cameroun : quand les entrées repoussent

Au-delà de l’aéroport, aucune entrée de la ville de Douala, vitrine du Cameroun, ne paye de mine. Par le port de Douala Bonaberi, désordre et tracasseries sont au rendez-vous, les entrées Est et Ouest de la ville agressent littéralement la vue par le désordre et les débris qui jonchent ce qui tient lieu de chaussées et les abords, dépriment le corps et stressent le mental par des embouteillages qu’on dirait commandés. Ceux qui partent du pays et reviennent, sont obligés dès l’entrée du pays, de puiser la force mentale aussi loin que dans les familles, dans l’amour ou dans le devoir pour continuer, sinon ils sont tentés de rebrousser chemin dès que le pied touche le tarmac… Si la ville de Douala elle-même ne peut être meilleure, au moins les entrées devraient être flatteuses. Comme une femme devant le miroir, elles ont besoin de se faire une beauté.

Santé : le fonds de solidarité à fonds perdus

L’inquiétude de Hrw était d’autant plus fondée que deux ans plus tôt, en 2018, la Banque mondiale dans un rapport avait tiré la sonnette d’alarme au sujet de l’absence de règles et d’informations sur ce fonds, notant qu’on n’est pas en mesure de savoir clairement à quoi sert le Fonds de solidarité » et qu’il n’y a toujours pas de législation sur son mode d’utilisation. » Qu’est devenu ce Fonds de solidarité pourtant régulièrement alimenté par les institutions sanitaires, au moment où l’on cherche des financements pour permettre l’accès aux soins des plus démunis ? La question est d’autant plus sérieuse que les revenus du fonds proviennent dans une large mesure des frais de traitement supportés par les malades. Les statistiques en la matière parlent d’elles-mêmes, en 2018, 70 % du total des dépenses de santé du pays étaient supportés par les ménages. Une partie de ces dépensent alimentent un fonds, sur lequel règne visiblement… la loi de l’omerta

Santé publique : le financement dans le coma

Par la suite les principaux leaders du syndicat étaient affectés dans des coins reculés du pays. Le président, Dr Pierre Yves Bassong, neurologue en service à hôpital régional de Bamenda était affecté au centre médical d’arrondissement de Somalomo dans la région de l’Est. Le vice-président, Dr Kamta, neurochirurgien en service à l’hôpital général de Douala était affecté au centre médical d’arrondissement de Ngaoui dans la région de l’Adamaoua. Le Secrétaire général, Dr Ndoudoumou, en service au centre médical d’arrondissement d’Akono était affecté au centre médical d’arrondissement de Mayo baleo dans la région de l’Adamaoua. Le Chargé de communication, Dr Laah, radiologue à l’hôpital régional de Bamenda était affecté au centre médical d’arrondissement de Mozogo dans la région de l’extrême Nord. Ainsi, 3 médecins spécialistes membres du syndicat étaient affectés, sans être remplacés dans leurs postes respectifs, un peu comme c’était le cas dans les années 50 quand les leaders de l’Union des populations du Cameroun qui revendiquaient l’indépendance véritable étaient affectées en brousses. Le syndicat soulevait un problème crucial de santé publique, en face l’idée était de briser leurs carrières, laissant de côté le problème soulevé, qui reste entier.

Afrique centrale : l’impossible intégration

Peut-on dès lors, en prenant en compte l’idéologie qu’il défend désormais et le sens de l’hospitalité que lui confère l’âge, penser qu’il soit à l’origine de l’expulsion des soit disant « étrangers » de son territoire ? Soit disant « étrangers », parce que dans la logique panafricaniste, l’Africain ne saurait être étranger en Afrique. Aussi, le 29 novembre 2013, Obiang Nguema Mbasogo était en visite au Benin, et a rencontré la jeunesse avec son homologue Yayi Boni au palais des Congrès de Cotonou. Il leur adressa ce jour ce message : « J’invite la jeunesse à se réveiller parce que l’Afrique est toujours dominée et subit beaucoup de manipulations des puissances qui ne veulent pas de la souveraineté acquise à l’indépendance… Nous devons prendre l’initiative d’unir l’Afrique. Il faut une Afrique unie, intégrée qui n’a pas de problèmes de culture, sans barrières linguistiques, c’est comme cela que nous pouvons surmonter les difficultés… L’Afrique d’hier n’est pas l’Afrique d’aujourd’hui.» 9 ans après ce discours, que s’est-il passé ? Au-delà des considérations économiques et politiques, l’Afrique pourrait-elle être unie en luttant contre elle-même ? Les enfants africains pourchassés au large des côtes européennes, le devraient-ils être également aux confins des frontières africaines ? Une sagesse africaine dit : « si l’enfant du voisin fuit et entre toi, donnes-lui le souper et le coucher, et va ensuite discuter avec son père. Car le mettre dehors augmenterait plutôt…ses souffrances.

Figure : Dakolé Daïssala, les 6 députés de la différence

Mais Dakolé Daïssala, que l’âge et la santé affaiblissent de plus en plus, reste désormais loyal à son mariage avec le Rdpc. Il soutient la modification de la constitution de 2008 qui supprime la limitation des mandats présidentiels, ce qui permet à Paul Biya de briguer un nouveau mandat en 2011. Il propose cependant qu’il y ait une élection à deux tours et le vote obligatoire pour tous les Camerounais. Paul Biya lui sera reconnaissant en 2013 pour cette loyauté, et le nomme parmi les sénateurs lors de la mise ne place de la C hambre haute du Parlement. Reconnaissance restée intacte 5 ans plus tard lors du renouvellement de la chambre. C’est avec ce titre que le fils de Goundaye a tiré sa révérence le 9 août 2022, à l’âge de 79 ans. Qualifié de caméléon politique, l’homme aura été plutôt celui qui a su s’adapter chaque fois à son environnement pour ne pas être largué, et à sa manière il a influencé le cours de l’histoire du Cameroun, d’une manière que seule cette histoire jugera.

Institutions : l’honneur en péril

Quand un pays perd l’honneur à partir du sommet, que lui reste-t-il ? Ailleurs, dans certains pays, les hommes publics, même au plus profond du vice et du cynisme, se débrouillent encore à préserver la morale publique, et démissionnent de leurs fonctions dès qu’une rumeur de scandale liés aux bonnes mœurs circulent sur leurs personnes. Et quand la justice commence à s’intéresser à eux, ils rendent leurs tabliers pour se mettre à la disposition de celle-ci et aider à rétablir la vérité. Il est vrai qu’un ministre de la république, Jean de Dieu Momo déclarait que démissionner est une affaire des blancs, trahissant ainsi la culture de la « peau de canard » qui est en vogue dans le système, mais il n’en demeure pas moins vrai aussi, ce que disait l’artiste humoriste Dave K Moktoï, de manière visionnaire, avec humour certes mais très au sérieux : « Il faut savoir quitter les choses, avant que les choses ne vous quittent. » C’est une question d’honneur, que rappelle le refrain de l’hymne nationale « Chère patrie, terre chérie, Tu es notre seul et vrai bonheur, notre joie et notre vie, A toi l’amour et le grand honneur ! »

Gaz domestique : la pénurie voulue

Ainsi, avec tout le potentiel gazier vanté au quotidien, l’exploitation constamment en hausse, le Cameroun en arrive à la pénurie, parce que dépendant de l’extérieur pour une ressource énergétique disponible localement. A qui profite les transactions en haute mer ! En tout état de cause, la pénurie du gaz qu’a connu le Cameroun pour une énième fois en octobre 2022, ne risque pas d’être la dernière, puisqu’elle ne tient qu’à l’absence de vision, au déficit d’anticipation dont font preuve les gouvernants. Et si les leçons ne sont pas tirées et les responsabilités établies, les mêmes causes produiront les mêmes effets, ou plutôt, le même système produira le même résultat.

Désordre urbain : la police municipale se fait désirer

Dans les faits, on a souvent eu à faire à des altercations entre les agents des mairies d’arrondissement et ceux des mairies de la ville au sujet des compétences territoriales. Il n’est pas certain que le décret du 9 août 2022 clarifie la situation et tranche le débat de manière définitive. C’est qui induit que c’est à la pratique quotidienne sur le terrain que les insuffisances se feront voir et devront être corrigées progressivement. La crainte se trouve donc là, celle de voir la mise en place de la police municipale prendre un temps éternel, surtout que le Cameroun a l‘expérience de la mise en place des institutions démocratiques, qui devaient se faire progressivement selon la Constitution de 1996, et dont certaines, comme les Conseils régionaux, ont attendu 24 ans. Que deviendraient les villes, si elles devaient attendre encore longtemps pour être dotées d’une véritable police municipale, alors que la situation se dégrade chaque jours un peu plus ?

Afrique : décoloniser les consciences

Dans la quête de la dignité africaine, la guerre sera loin d’être finie si les victoires engrangées au sommet ne sont pas sous tendues et accompagnées par des mouvements de réveil des consciences au sein de la société. Pour mieux asseoir leur mainmise sur l’Afrique, les impérialistes ont surtout travaillé sur le mental, et une fois la bataille gagnée à ce niveau, ils se sont frottés les mains, le reste devant aller de soi. Ils n’auront plus à dévaloriser l’Africain, son cerveau était déjà programmé pour qu’il se déprécie lui-même, se dévalorise, déteste ce qu’il était, ce qu’il faisait et comment il le faisait. Et tout a été mis à contribution pour y parvenir : l’église, l’école, le cinéma, la musique, la mode, tout cela résumé dans le mot « civilisation. » Pendant que les batailles se mènent au sommet, la société elle, doit prendre conscience…que sa conscience est encore plus colonisée.

Figure : Salomon Madiba Songue, le 16eme des Kate

« Les griots dans le passé, faisait-il remarquer, étaient en réalité les chargés de la communication, mais si vous observez bien, ce qui a consacré la disparition de nos valeurs anciennes, c’est le fait qu’on n’ait pas eu une écriture pour transmettre au fur et à mesure aux nouvelles générations. Aujourd’hui heureusement il y a une prise de conscience, lorsque dans toutes les communautés on s’est mis à enseigner la langue maternelle aux enfants. Mais le retard a été tel qu’aujourd’hui c’est une course à la montre, pour essayer de lutter contre la rapidité de la civilisation moderne. Mais en même temps nous avons la chance de pouvoir mettre à profit toute cette technologie de la conservation pour essayer de sauver l’essentiel. Mais il y a aussi notre capacité organisationnelle et notre patriotisme, et en général ce n’est pas notre domaine le plus fort, et c’est là donc que réside le point faible. Selon qu’une grande majorité de patriotes existera, déterminés à affronter le 21eme siècle, du moins à introduire la civilisation africaine et camerounaise, et même la civilisation de tous les peuples qui composent le Cameroun, on peut espérer. Si on ne réussit pas ce pari dans un bref délai, tout va disparaître, parce qu’on a suffisamment perdu. » Une grande majorité des patriotes pour défendre les origines et la culture, c’est l’un des souhaits de Salomon Madiba Songue pour la postérité, pour un peuple qui retrouve ses valeurs.

Vie chère : le Cameroun comme la cigale de La Fontaine

Que faisait le Cameroun depuis le temps que ces pays producteurs qui ont fermé leurs portes avec la crise, abattaient un travail de fourmi, accumulaient des réserves pour les jours difficiles ? Pourquoi les milliers d’hectares de terre arables qui s’étendent à perte de vue sur le territoire camerounais ne sont pas en exploitation, pourquoi le Cameroun producteur de pétrole, doit attendre le gaz domestique dans le bateau, avec une société de raffinage inaugurée le 24 mars 1973, il y a bientôt un demi-siècle ? Et sur un autre plan, pendant 40 ans de règne, n’y a-t-il pas eu comme dans la bible (Genèse 41) un Joseph pour interpréter le rêve du Pharaon, et lui dire de nommer à travers le pays des commissaires qui « collecteront tous les vivres que produiront ces bonnes années qui viennent, (ils) emmagasineront le blé dans les villes sous l’autorité du pharaon, et le garderont comme réserve de vivres. Ces provisions serviront de réserve pour le pays, en prévision des sept années de famine qui s’abattront sur l’Egypte. Ainsi les habitants du pays ne mourront pas de faim. » Si, il y a pourtant bien eu ce Joseph, Dion Ngute de son nom. Choisi et mis à la tête du gouvernement. Mais pourquoi n’at-il pas pu épargner le peuple de la faim, comme en Egypte de Pharaon, pourquoi a-t-il failli à sa mission ?

Joseph Le, Minfopra

Fonction publique : la vache à lait

Il reste à espérer que la purge aille jusqu’au bout, et que les places libérées permette de résorber des milliers de jeunes formées dans des écoles et reconvertis en conducteurs de motos et détentrices de call-box. Le ministre de la Fonction publique, a signé le 26 juillet 2022 un communiqué annonçant l’ouverture de concours direct pour le compte de l’exercice budgétaire 2022 dans les métiers de la justice, de l’administration, des affaires sociales, des régies financières, de l’éducation de base, de l’agriculture, du génie civil, des mines, de l’élevage et des industries animales, et de la santé publique. Mais au total, moins de 1 000 postes ont été ouverts, alors que le corps médical à lui seul connait un déficit de 55 000 personnels, tel qu’indiqué par le ministre de la Santé publique lors de son passage devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, le 1er décembre 2021.

Cni : les citoyens en double victimes

Au contraire, après lui avoir infligé toutes les tortures morales que peut subir un homme qui a le sentiment d’être un fugitif ou un sans papier chez lui, cet État-là, lui ajoute les violences physiques et finit par le priver de sa liberté, sans se poser la question de savoir où est sa propre responsabilité dans ce qui arrive. Dans un sursaut de conscience et un élan de réparation, on se serait attendu que lors du séjour de Foundikou dans la cellule du commissariat, l’Etat lui apporte sa carte nationale d’identité, parce que cela est possible, accompagné des excuses sincères. Pareil sursaut de conscience, on l’a vu avec le ministre de la Fonction publique et de la réforme administratives le 24 février 2022, quand en quelques jours l’arrêté d’intégration de Hamidou, professeur d’Education physique et sportive au lycée de Beka depuis 10 ans était signé, accompagné d’une lettre de félicitations. Les autres arrêtés d’intégration ont suivi, libérant nombre d’enseignants qui avaient le sentiment d’être des clandestins dans leurs corps de métier. Comme Hamidou, Foundikou devrait rentrer en possession de sa carte d’identité et cesser d’être inquiété, et cela devrait déclencher la délivrance sans délai à tous les usagers dans la même situation de cette pièce, qui seule consacre l’intégration à la citoyenneté camerounaise.

Afrique : continent de l’avenir

Pour retrouver sa vraie place, le Continent devra selon Carlos Lopes, relever huit défis : réformer le système politique, respecter la diversité, comprendre le contexte des politiques publiques, se transformer structurellement grâce à l’industrialisation, augmenter la productivité agricole, revoir le contrat social, s’adapter au changement climatique et se donner la capacité d’agir dans les relations avec la Chine. L’économiste montre comment le continent africain peut, à partir de sa situation et de ses ressources spécifiques, devenir l’agent d’un développement autonome plutôt qu’un simple épigone d’expériences historiques antérieures ou extérieures. C’est bien parce que « l’Afrique n’est prisonnière d’aucun choix technologique » qu’elle peut « directement adopter la voie de l’énergie verte et propre, sans passer par les anciens modèles à forte empreinte carbone », et convertir son actuel statut de « victime du changement climatique » en celui d’acteur majeur dans l’élaboration de véritables solutions.

Figure : Sokoudjou Jean Philippe Rameaux, la résistance au trône

En décembre 2020, dans l’une de ses sorties épistolaires, il s’adressait encore ainsi aux hommes du pouvoir, dans un langage terre à terre qui lui est propre : « Donc si vous avez de l’argent et que vous voyez même un cadavre humain vous allez seulement acheter? Donc comme vous avez le pouvoir là, le peuple va seulement se coucher par terre et vous marchez sur lui pour montrer votre part de puissance? Mais que chacun sache que le jour se lève et retombe. Seul le temps nous dira qui disait la vérité et surtout n’oubliez pas que l’année prochaine n’est que demain. Quand dieu vous donne de l’argent ou le pouvoir, ce n’est pas pour écraser son peuple, pas pour que vous partagez la misère et la souffrance à son peuple, mais pour que vous soyez le sel de la terre, que vous vous mettez au service des nécessiteux et que vous soyez du côté de ce peuple qui se bat déjà chaque jour pour vivre. » Agé de 86 ans, il prépare ses 70 ans de règne du 31 décembre 2O22 au 14 janvier 2023, à Bamendjou et à Bikok dans la région du Centre, où il est également successeur de son père adoptif, de qui il a hérité le nom de Esso. La combinaison qui donne l’appellation Sokoudjou-Esso, reste, au-delà de la résistance, le symbole de l’interculturalité, et du vivre ensemble.

Normes : l’habitat hors règle

Malheureusement, la situation de non-respect des normes dans le domaine de l’habitat, relevée par des études il y a 40 ans, est allée s’empirant depuis lors, avec une poussée démographique non maîtrisée. Une panoplie de lois a été pourtant élaborée entre temps, comme la loi N° 2004-003 du 21 avril 2004 régissant l’urbanisme au Cameroun, qui dit par exemple à l’article 16 : « Sauf disposition contraire contenue dans les documents de planification urbaine, la façade principale donnant sur rue de toute nouvelle construction doit être implantée à une distance des limites parcellaires au moins égale à cinq (5) mètres. » Mais sur le terrain, des propriétaires implantent leurs maisons à la lisière de la rigole, et se moquent des croix de saint André marquées du reste avec complaisance sur le mur. La norme de l’habitat, de la maison d’habitation, du cadre de vie des populations est l’un des domaines qui devrait interpeller les politiques en cette semaine de la normalisation. Ils ne le savent peut être pas, mais dans des quartiers les populations vivent dans des cellules infectes et non aérés, abusivement appelés chambres.

Gaz domestique : opacité dans l’approvisionnement

La Sctm ne put sortir de cette situation et relever la tête que grâce à l‘entregent de son jeune directeur Ludovic Sielienou. Mais combien de managers n’ont pas eu la même force pour tenir, combien sont-ils qui ont dû fermer l’entreprise et partir à l’étranger pour certains, à cause des pratiques qui dissuadent et découragent ? Comment faire éclore l’économie camerounaise dans un climat des affaires infecté de pratiques contre-productives? Autant de questions que devrait se poser le politique, assoiffé de l’émergence en 2035, au risque de se retrouver à cet horizon, comme la Cigale de Jean de Lafontaine qui avait passé son temps à chanter au lieu de semer, et au moment de manger, la fourmi lui demanda de danser !

Budget d’Etat : les lignes de la gabegie

Le gouffre serait bien profond au moment où Paul Biya instruit les audits de ces lignes en janvier 2022, sur une période de 11 ans, de 2010 à 2021. Le rapport du Contrôle supérieur de l’Etat sur l’ampleur des dégâts financiers n’est pas encore officiel à date, mais le nombre de fonctionnaires convoqués laisse présager que la fête aura été grandiose et les participants bien nombreux. Bien entendu, durant cette période de 11 ans, les 1790 fonctionnaires ne sont pas les seuls à avoir effectué des missions, mais s’ils sont convoqués cela est indicateur de l’existence des soupçons. En attendant les conclusions qui n’auront rien de reluisant pour les caisses de l’Etat, des questions essentielles se posent encore : que font au quotidien les instances chargés de vérifier et d’empêcher cette saignée, Conac, Anif, Cours des comptes et Contrôle supérieur de l’Etat confondus, pourquoi faut-il toujours attendre l’instruction présidentielle pour se lancer aux trousses des prévaricateurs ? Et aux fonctionnaires, pourquoi toujours penser et se comporter comme si l’Etat est une vache à lait qu’il faut traire indéfiniment ?

Afrique : la marche vers la conscience

Dans le même temps, Vincent Ganty tente de mobiAprès avoir une fois de plus exterminé les populations africaines dans les guerres d’indépendance, les colons partirent par la porte pour rapidement revenir par la fenêtre. Comme l’ennemi ne dort jamais, ils ont développé d’autres moyens plus subtils pour continuer à asservir l’homme Noir. La monnaie comme le franc cfa en est un exemple, de même que les systèmes de gouvernement sous contrôle et des contrats d’exploitation des ressources du sous-sol africain. L’Afrique a ainsi passé plus de 600 ans à se battre pour retrouver sa dignité, pour se débarrasser des impérialistes accrochés comme une sangsue qui sucent et sucent encore. Tout cela a fait que l’Afrique accuse un énorme retard, qu’il faut désormais rattraper. C’est la mission aujourd’hui dévolue à la jeunesse, qui doit savoir d’où elle vient pour savoir où elle va. La lutte est loin d’être achevée, quelques batailles ont été gagnées mais la guerre reste ouverte, et se mène désormais sur un terrain où se chevauchent technologie pointue et maîtrise de ses origines. liser les populations sur le territoire. Dans diverses lettres à l’approche des élections législatives du 10 novembre 1946, il appelle les Camerounais qu’il désigne désormais comme ses « sœurs, frères et compatriotes », à voter nationaliste, expliquant que « Notre parti politique étant le nationalisme pour l’indépendance et la souveraineté du peuple camerounais sur son territoire…nous voulons la constitution immédiate d’un parlement camerounais à Douala…nous voulons la constitution d’un gouvernement des Noirs émancipés du Cameroun » Nul doute que ces écrits et ces appels ont largement contribué à bâtir l’idéologie du parti nationaliste l’Union des populations du Cameroun, qui est créé deux ans plus tard, en 1948. Les écrits de Um Nyobé se seraient également inspirés des écrits de Vincent Ganty, qui dû, à partir de la France, retourner dans son pays natal, où l’historien Adalbert Owona n’a pas pu suivre ses traces. Mais son influence sur le mouvement nationaliste camerounais reste indéniable.

Figure : Vincent Ganty, l’aube du nationalisme camerounais

Dans le même temps, Vincent Ganty tente de mobiliser les populations sur le territoire. Dans diverses lettres à l’approche des élections législatives du 10 novembre 1946, il appelle les Camerounais qu’il désigne désormais comme ses « sœurs, frères et compatriotes », à voter nationaliste, expliquant que « Notre parti politique étant le nationalisme pour l’indépendance et la souveraineté du peuple camerounais sur son territoire…nous voulons la constitution immédiate d’un parlement camerounais à Douala…nous voulons la constitution d’un gouvernement des Noirs émancipés du Cameroun » Nul doute que ces écrits et ces appels ont largement contribué à bâtir l’idéologie du parti nationaliste l’Union des populations du Cameroun, qui est créé deux ans plus tard, en 1948. Les écrits de Um Nyobé se seraient également inspirés des écrits de Vincent Ganty, qui dû, à partir de la France, retourner dans son pays natal, où l’historien Adalbert Owona n’a pas pu suivre ses traces. Mais son influence sur le mouvement nationaliste camerounais reste indéniable.

Grand dialogue : timide avancée 3 ans après

L’allègement de la tutelle administrative sur les collectivités territoriales décentralisée n’a pas prospéré. Aucune recommandation de la commission 7 n’a été prise en compte, notamment la réforme du Code de la nationalité pour l’adoption de la double nationalité ou des nationalités multiples. Quant au comité de suivi des recommandations du Grand dialogue, sur les 6 sessions statutaires depuis la création, elle a tenu à 4e le 4 août 2022, au cours de laquelle le premier ministre a déclaré : « la situation n’est pas encore absolument saine, c’est un chemin difficile nous le savons, mais nous voyons déjà la lumière au bout du tunnel. » Le bout du tunnel, Paul Biya l’avait déjà vu et annoncé en novembre 2005 il y 17 ans, c’était au sujet de l’endettement du Cameroun, mais depuis lors il s’est éloigné ! Pour la crise anglophone et le Grand dialogue national, l’histoire semble se répéter.

Cameroun : l’habitat dans tous ses états

D’après le préambule de la constitution qui reprend la Déclaration universelle des droits de l’homme, tout le monde a droit à un logement, mais dans les faits, tout est désormais fait pour que personne n’aie droit au logement : le logement social n’a rien de social dans les prix. Celui qui acquiert un terrain n’est pas en sécurité, le titre foncier mère peut être annulé à tout moment. Celui qui construit n’est pas en sécurité, il peut se réveiller un matin et se retrouver face à des engins accompagnés de la police, venus le détruire, avec en embuscade un nouveau propriétaire des lieux détenteur d’un titre foncier authentique. Celui qui est en location n’est pas en sécurité, par simple sms le bailleur peut lui dire un soir que le loyer a augmenté de 50%, et justifier cela par l’augmentation des frais de scolarité dans l’établissement privée que fréquente son enfant ou des frais d’Apee au lycée. Au lendemain de la célébration de la 36eme journée mondiale de l’habitat, il y a lieu de dire qu’au Cameroun, l’habitat est dans tous ses états, et nécessite sans doute, les états généraux de l’habitat.

Education : quand les arrêtés bloquent le système

Dans les couloirs des différentes délégations concernées, sous les apparences de sérénité se cachent en réalité un malaise. Les collaborateurs, sans le montrer, boudent les occupants des lieux qui devraient déjà être partis. Ces derniers à leur tour ne peuvent efficacement interpeller ni leurs proches collaborateurs, ni les chefs d’établissements, au risque de se heurter à l’interrogation de savoir à quel titre ils agissent. Au mieux ils se limitent à gérer les affaires courantes et faire le ménage autour d’eux, au propre comme au figuré, car administrativement ils ne peuvent plus signer aucun document ni prendre un acte qui engage ces différentes délégations. Ces conditions favorisent la cour du roi Pétaud, et dans un secteur aussi sensible que celui de l’éducation, on en arrive à un tel blocage doublé de cacophonie à une rentrée scolaire, à cause de ce qui est appelé dans le milieu la guerre des réseaux. Comment en effet Nalova Lyonga a-t-elle pu signer l’arrêté du 12 septembre 2022 comme si celui du 31 août 2021 n’existait pas, comment un délégué remplacé depuis un an, réapparait sur l’échiquier comme s’il était toujours en fonction depuis tout ce temps ? Et depuis que l’erreur a été détectée, si elle en était une, est-ce si difficile de rapporter l’arrêté, dans un milieu éducatif où l’on enseigne que reconnaître ses erreurs est un signe de grandeur !

A l’Onu : l’Afrique ne se tait plus

Pour le premier ministre Malien, la France ne devrait pas oublier que l’Afrique ne lui doit rien, mais se rappeler qu’au contraire, elle doit tout à l’Afrique : « Afin de se donner une bonne conscience, la junte française accuse le Mali de n’avoir pas été reconnaissant, en se gargarisant de la mort regrettable de 59 soldats français au Mali, lors de diverses opérations de lutte contre le terrorisme. …Aussi, nous les invitons à ne pas s’arrêter en si bon chemin et de remonter le temps, en passant par leur intervention en Libye décriée par toute l’Afrique, sans oublier la participation forcée des milliers d’Africains à la 1ère et la seconde guerre mondiale, sans oublier la traite négrière qui explique l’essor économique de beaucoup de pays. Combien d’Africains sont-ils morts pour la France et le monde libre dans lequel nous sommes ? » C’était Um Nyobé en 1952, c’est Abdoulaye Maïga en 2022, à la tribune de l’Onu. Les indépendances réclamées en 1952 ont été noyées avec la complicité des frères africains qui ont accepté d’être les nègres de service. Y en aurait-il encore pour noyer l’indépendance réclamée en 2022. A la jeunesse de se questionner !

Figure : Amadou Ali, le justicier du gouvernement

Dans deux lettres de mission confidentielles signées de sa main en date du 16 septembre 2007, Ahmadou Ali avait confié à un « expert en intelligence économique » camerounais, Francis Dooh Collins, le soin de mener des enquêtes sur la fortune cachée de ses compatriotes – voire de ses collègues du gouvernement. A ces lettres de mission étaient jointes une liste d’une soixantaine de personnalités en deux versions, anglais et français, rendues publiques en janvier 2008 par les quotidiens Le Messager et La Nouvelle Expression. L’affaire fut d’ailleurs reprise par Jeune Afrique dans son édition du 25 février 2008 à travers un article intitulé « Ali et les soixante voleurs », sous la plume de François Soudan avec Georges Dougueli. Figuraient dans cette liste des banquiers, des directeurs généraux, douze anciens ministres, deux conseillers à la présidence, six ministres en exercice (dont ceux de la Défense, de l’Administration territoriale et le secrétaire général de la présidence, le patron de la Sûreté nationale et même le président de l’Assemblée nationale. Tous « suspectés de détournement, de corruption et de blanchiment » au détriment de l’État camerounais.

CNI : le décret non appliqué

Où donc se trouverait la solution à l’obtention de la carte nationale d’identité au Cameroun ? Pourquoi est-ce si difficile de produire un document ainsi décrit dans le décret : « la carte nationale d’identité est un document en polycarbonate plastifié et sécurisé, établi sur fond pré-imprimé selon la norme Iso/Cei 7810 sous le format ID-1. Elle est informatisée, biométrique, personnelle et contient une puce électronique » ? Et alors qu’il est si difficile de produire une petite carte qui peut se cacher dans la paume d’une main, les mêmes services de la délégation générale à la sûreté nationale sont en mesure de produire un passeport de 32 pages en 48 heures. Finalement, la production de la carte nationale d’identité, est-ce un problème de moyens ou de volonté ? Quelle que soit la réponse, un fait reste constant dans cette affaire, c’est qu’un décret du président de la république souffre de la non application stricte de ses termes par la délégation générale à la sûreté nationale, qui ironie du sort, est directement rattachée à la présidence de la république

Equilibre régional : au-delà des générations

Si la pratique était applicable avec une certaine équité aux parents, la jeune génération est-elle encore concernée, du simple fait que leurs parents sont originaires des zones sous scolarisées ? Et que devient le vivre ensemble, si deux camarades d’enfance se retrouvent séparés à l’entrée d’une école, et sont clairement informés que cette séparation est le fait qu’ils sont originaires des localités différentes du même pays ? En définitive, si les précurseurs de la pratique de l’équilibre régionale dans les concours administratifs l’inscrivaient dans un processus de construction nationale, il s’est avéré avec le temps être un élément de déconstruction de la nation, avec le brassage social devenu incontournable. À l’heure où le vivre ensemble est devenu un slogan, n’est-il pas souhaitable de dépouiller les textes des vestiges de divisions car à tout point de vue, l’équilibre régional a aujourd’hui transcendé les générations.

Cameroun : la difficile construction de la nation

Les régimes sont ainsi bâtis en Afrique en général, au Cameroun en particulier. L’Etat et ceux qui l’incarnent sont suprêmes, les peuples qui font la Nation subissent. Ainsi occupés à se défendre, chaque peuple de son côté, l’idéal commun qui fait une Nation n’a plus de place. Les replis identitaires prennent le pas, les associations communautaires foisonnent. Et l’Etat, au lieu de trouver un idéal commun qui fragilisera ces replis en faveur de la construction d’une nation, cherche plutôt le moyen de s’en servir. L’Afrique Noir est mal partie, disait Franz Fanon, on pourrait ainsi de la construction d’une Nation sur le territoire camerounais, qui n’est pas mal partie, mais qui n’est même pas encore en chantier. Les Camerounais, au mieux, s’identifient chacun par leurs cultures locales. Les discours politiques vantent la diversité de la culture camerounaise présentée comme une richesse, mais un véritable symbole de la nation reste invisible. La raison est qu’à ce jour, les dirigeants camerounais n’ont réussi qu’à maintenir des peuples diverses sur un territoire, dont le seul dénominateur commun est la détention d’une carte d’identité sur laquelle est marquée République du Cameroun.

Figure : Gustav Nachtigal et les bases du territoire Kamerunais

A peine un an au Kamerunstadt, Gustav Nachtigal avait réussi à sécuriser le territoire pour le compte de l’Allemagne, non sans violence et victimes bien sûr, mais les écrits restent floues ou muettes sur les méthodes initiées et qui furent perpétuées pour soumettre les populations locales à l’indigénat. Tombé malade, on décide de le ramener chez lui en Allemagne, mais il meurt le 20 avril 1885, à l’âge de 51 ans au large du cap Palmas au Liberia. Pour ne pas jeter son corps en mer comme ce fut le cas pour des milliers de Noirs esclaves, il est ramené à Douala où il est enterré. Le Cameroun garde encore des souvenirs de lui, comme le monument Nachtigal dressé dans la ville de Douala au quartier Bonanjo, ou le village Nachtigal, dans la région du Centre, éponyme du fleuve Nachtigal sur lequel se développe depuis 2016 un projet de barrage hydroélectrique. Un privilège de mémoire donné une fois de plus aux colonisateurs, là où les héros nationaux sont maintenus dans l’ombre

Crise anglophone : le gouvernement s’est accommodé

On ne sait plus qui est qui, c’est la confusion totale. Les civils sont confondus au sécessionnistes et liquidés comme tels, les fonctionnaires sont confondus à l’ennemi, les hommes de Dieu sont pris pour des espions et traités comme tel, avec enlèvements et demandes de rançon. Les uns se battent comme ils peuvent pour sortir de là, d’autres cherchent à tirer le meilleur profit de la situation. Pillages, détournements, incendies des villages et des infrastructures, torture et tout autre traitement inhumain, tout y passe, c’est la jungle, le no mans’ land. Le seau est également devenu plus lourd à porter et demande plus d’énergie en termes de finance et de ressources humaines. Tous ces actes, aussi condamnables les uns que les autres, puisent leurs sources quelque part et prospèrent dans un environnement qui leur est propice. Le tapioca qui a gonflé a aussi touché d’autres contenu du seau et les a rendu inopérant, comme l’éducation, la santé, l’économie. L’eau n’a touché le panier que depuis 6 ans, mais la crise existe depuis 61 ans, et l’attaque suivi de l’enlèvement des prêtres à Nchang n’est là que pour rappeler que le problème reste entier : tant que les racines d’un arbre ne seront pas saines, les feuilles resteront souillées.

Education : les dons de l’asservissement

Il y a des Cetic, des lycées techniques et d’enseignement général sans électricité dans les zones où ces élites se présentent en messie. Tout cela découlant de la mauvaise gouvernance entretenue au sommet et au sein des différentes instances institutionnelles par le système auquel toutes ces élites appartiennent. Le financement de la construction d’une ligne électrique pour un lycée technique, suivi par des machines pour les ateliers par exemple, seraient plus bénéfique pour les enfants. Une bonne qualité de l’éducation garantirait une formation qui permettrait à la jeunesse d’être autonome, indépendant et libre, et cette qualité de l’éducation se défend à l’Assemblée nationale, au sénat, dans les conseils régionaux et municipaux, et c’est dans ces instances que les élites devraient intervenir pour être utiles. La culture des dons contribuent plus à asservir la jeunesse, qu’à la servir.

Prisonniers politiques : indissociable aux régimes ?

S’agissant de la conscience des juges, le 17 septembre 2022 en Belgique, 55 magistrats volontaires ont été placés en détention pendant deux jours dans une prison de la région de Bruxelles. Ces magistrats, du parquet et du siège, à qui rien n’était reproché, devaient suivre les ordres et les instructions du personnel pénitentiaire exactement comme les autres détenus, le but étant d’expérimenter ce que signifie la privation de liberté. Selon le ministre de la justice belge Vincent Van Quickenborne, « les magistrats savent évidemment comment se passent les choses dans une prison, mais en faire l’expérience par eux-mêmes leur donne une occasion unique qui pourra les aider à prononcer des peines en toute connaissance de cause.» Ce n’est pas que les condamnations prononcées par les magistrats belges sont souvent sujettes à caution comme celles connues sous le ciel camerounais, mais l’idée était d’améliorer ce qui n’est pas déjà mauvais. Et si au Cameroun les magistrats étaient aussi placés pendant deux jours d’expérimentation dans les prisons infectes de New-Bell et de Kondengui, l’expérimentation pourra peut-être porter des fruits ! A moins que faire des prisonniers politiques… ne soit consubstantiel au régime.

Démocratie : les objectifs détournés

Et si Jacques Chirac avait raison de dire que l’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie, est-on tenté de se demander. Devant le congrès à Brazzaville en 1996, il rappelait : « la démocratie, c’est un état d’esprit, ce sont des comportements, des réflexes. C’est le fruit d’un long apprentissage, celui de l’intérêt général, de la tolérance, de l’acceptation des différences. C’est le seul moyen d’être libre et le remède le plus honnête que l’on puisse opposer aux maux de la société. La démocratie exige le rejet de la solution trop facile, de la loi du plus fort et du recours à la violence. Elle dépasse les divisions et les haines. Elle désarme la peur. La démocratie, c’est un Etat respectueux de chacun, juste, équitable, désintéressé, capable de susciter l’adhésion, de mobiliser les énergies. C’est l’acceptation de règles transparentes et rigoureuses d’administration et de gestion, en un mot la “bonne gouvernance” » Au Cameroun, le pouvoir peut-il jurer la main sur le cœur qu’il y a acceptation des différences, quand les manifestations publiques des partis de l’opposition sont systématiquement interdites et violemment réprimées en cas d’entêtement ? En lieu et place de l’alternance, on a fait de la démocratie au Cameroun la capacité à durer au pouvoir à tout prix, et quand il le faut, à tous les prix.

Nationalisme : les femmes de la lutte oubliées

La femme dans l’ensemble n’a pas moins souffert dans les luttes d’indépendance africaine en général et camerounaises en particulier. Son rôle, à bien y voir, a même été parfois déterminant et essentiel, elle a toujours été aux côtés de ceux qui sont célébrés chaque année, confirmant cet adage selon lequel « derrière chaque grand homme se cache une grande femme. » Autant on devrait avoir dans les villes camerounaises des avenues Um Nyobé, Ouandié Ernest, Afana Ossendé, Kingue Abel et autres, autant on devrait en avoir qui portent les noms de Poha et Ruth, ces deux femmes assassinées dans la forêt avec Um Nyobé, il devrait en avoir dénommée « avenue Marthe Moumie, Esther Ngo Manguele, Henriette Ekwé… et on peut en citer. Si les colons français et l’administration servile laissée derrière eux ont condamné toutes ces femmes à la mort pour certaines, et à des tortures de toutes sortes pour d’autres à cause de leurs convictions, la société contemporaine, elle, ne saurait les condamner… à l’oubli.

Gouvernance : l’honneur en berne

Le 21 juin 2022, la filiale britannique du géant du négoce Glencore a officiellement plaidé coupable de sept chefs d’accusation de corruption dans le cadre d’opérations pétrolières au Cameroun, en Guinée équatoriale, en Côte d’Ivoire, au Nigeria et au Soudan du Sud. Au Cameroun particulièrement, la multinationale spécialisée dans les mines et le négoce de produits pétroliers, coté à Londres, a avoué lors de l’enquête menée depuis 2019 par le bureau d’enquête criminelles britannique le Serious Fraud Office (SFO), avoir versé aux hauts cadres de de la Société nationale des hydrocarbures (Snh), de la Société nationale de raffinage (Sonara) et à d’autres hautes personnalités du gouvernement camerounais, près de 13 millions de dollars, (environ 7 milliards de francs CFA) de dessous-de-table pour favoriser les opérations du groupe au Cameroun entre 2007 et 2010. Des noms ont même été cités dans cette affaire de corruption, mais contrairement à la réaction des autorités au Libéria où le président Georges Weah a immédiatement suspendu les mis en cause, au Cameroun, les dirigeants de la Snh et de la Sonara, les deux principales sociétés impliquées, sont toujours en place

Liberté d’opinion : le musèlement universitaire

Les trois ne sont que des exemples, mais des cas doivent exister à profusion. Trois universitaires, trois idéologies, trois méthodes de combat qui se rejoignent au bout, et le même sort, victimes du rouleau compresseur du pouvoir qui agit soit par l’administration universitaire, soit par la justice. Le but ultime étant le même, museler la réflexion universitaire, et soumettre les érudits de la science aux ordres du pouvoir, pour tuer la science et empêcher l’esprit critique. Et la méthode réussit bien. Beaucoup d’universitaires, à un moment enthousiastes d’apporter leur contribution au développement de la société avec des analyses critiques, se sont résolus à se taire, dissimulés derrière la célèbre formule « je veux voir mes enfants grandir ». Nicolas Boileau disait « du choc des idées jaillit la lumière. » Mais même les universitaires, traqués par tous moyens, préfèrent désormais eux aussi, voir leurs enfants grandir, même dans l’obscurité, face à un système qui faute d’arguments, utilise les moyens d’Etat pour sévir.

Dette publique : le gouffre continu

« Une fois les travaux de construction de la première phase terminés, le gouvernement du renouveau se rend compte que l’autoroute s’arrête à Bibodi, en plein milieu de la forêt. Elle ne peut servir à rien à l’état actuel des choses (alors qu’elle était initialement prévue initialement pour relier Douala et Edéa, deux grandes villes). Afin de rendre cette première phase de l’autoroute utile, il faut la raccorder à l’axe qui relie actuellement Yaoundé et Douala. Il faut donc encore débourser 204 milliards de francs cfa pour les travaux de raccordement de l’autoroute Yaoundé – Bibodi à l’axe lourd Yaoundé – Douala. Au final, la première phase de l’autoroute Yaoundé – Douala, longue de 60 km, aura coûté 424 + 204 = 628 milliards de francs CFA au contribuable camerounais. » On a là une idée de la gestion qui est faite de l‘argent emprunté chaque année. Non seulement il est l‘objet de la mauvaise gestion, mais en plus de ne pas voir raisons concrètes de l’endettement, le contribuable doit également souffrir de savoir qu’en 2023 par exemple il doit payer des intérêts pour 287,6 milliards de fcfa

Cameroun-France : l’impossible bilan de la guerre d’indépendance

Des données qui pourront permettre d’interpréter ces propos de Jean Lamberton lorsque, parlant de la région « Bamiléké », il affirme dès 1959 qu’elle a d’ores et déjà « été dépeuplée à 50 % » Le général Briand quant à lui reconnaissait « un peu plus » de 20 000 morts pour l’année 1960 seulement, tout en précisant que « ce chiffre [était] à rapprocher de l’expansion démographique estimée annuellement entre 22 000 et 25 000 personnes. » Quoi qu’il en soit, la restitution de l‘histoire du Cameroun ne devrait pas se limiter à la consultation des archives dont parlent les présidents français comme un lot de consolation, du reste écrits par le bourreau et donc susceptibles d’être tronqués. Le gouvernement devrait, à côté de ces archives, faire un appel à témoins pour recueillir toutes les informations encore cachées ou retenues par des témoins vivants, qui ne se sont pas encore remis du traumatisme des têtes coupées et exposées sur la place publique. La réconciliation du peuple passera aussi par là

Education : le rare paquet minimum

Quoi qu’il en soit, les difficultés d’approvisionnement du paquet minimum en cette rentrée, alors que le gouvernement a rassuré lors d’une conférence de presse conjointe le 30 août 2022 que toutes les mesures étaient prises pour un retour sans heurts des enfants en classe, indique le niveau de priorité qu’occupe le secteur éducatif. Pourtant, à chaque occasion, le gouvernement ne cesse de rappeler que l’Etat consent beaucoup de moyens pour l’éducation. L’affaire est d’ailleurs présentée comme si ces moyens sortaient des poches des membres du gouvernement et devraient être perçues comme un cadeau, alors qu’il s‘agit bien de l’argent du contribuable ou des ressources naturelles du pays, que ces membres du gouvernement sont simplement chargés de gérer. Cet argent destiné au financement de l’éducation est également inscrit au budget de l’Etat et voté, tout comme la ligne budgétaire destinée au fonctionnement. Alors, pourquoi les cartons de fonctionnement des ministères ne sont jamais en retard, alors que ceux du paquet minimum pour l’éducation des enfants le sont ?

Apee : la légitime illégalité

Le préambule de la Constitution dit également « L’Etat assure à l’enfant le droit à l’instruction. L’enseignement primaire est obligatoire. L’organisation et le contrôle de l’enseignement à tous les degrés sont des devoirs impérieux de l’Etat.» Il serait peut être judicieux, que l’Etat admette son incapacité à assumer ce devoir et prenne une loi pour rendre l’école plus payante quitte à en assumer les conséquences, que de légitimer les pratiques illégales derrière les frais d’Apee, devenus une des principales sources de financement de l’Education au Cameroun, tout en engraissant au passage quelques véreux.

Education : Quel citoyen pour demain

Le peu de morale, de loyauté, de respect, de bienveillance et de sagesse enseigné le jour à l’élève, est saqué le soir à la maison par une télévision avec des programmes qui échappent au contrôle gouvernemental, ce peu de valeur est complètement dilué et avalé par une société dans laquelle la corruption est devenue le mode de gouvernance, dans laquelle un ministre à qui la confiance a été placée pour assurer le bien-être des citoyens dans un domaine précis, peut détourner les milliards qui lui sont confiés, prendre la fuite et être rattrapé hors des frontières, être ramené au pays, faire une courte prison, être libéré après avoir remboursé, et être reçu à la présidence de la république le lendemain, quand des honnêtes citoyens cherche en vain à y être reçu. Toutes les activités de la société sont devenues des niches de triche : la musique, le cinéma, la politique, l’économie, le commerce, la religion, les travaux publics, la culture, les concours officiels. Au bout du compte, il devient normal qu’un élève en classe de terminale ne sache pas ce qu’il fera après le baccalauréat, incapable de se faire une idée claire du chemin à prendre, dans ce nid de contre valeurs, en l’absence d’une politique éducative sans nuages.

Partis politiques : Ancrés dans la racine Rdpc

Les partis politiques au Cameroun ne sont que des rejetons du parti originel, (comme le péché originel), des « versions trafiquées du Rdpc… on ne comprend pas pourquoi le pays est bloqué, certaine opposition étant conçue pour pérenniser le système mieux encore que le parti au pouvoir. A l’observation finale, jusqu’à date, le multipartisme n’aura été en réalité que la croissance de nouvelles branches sur un même arbre profondément enraciné, avec des objectifs bien plus éloignés du peuple qu’il ne le croit.

Figure : Isaac Moume Etia, pionnier du syndicalisme au Cameroun

Son fils Léopold Moumé Etia fera ce témoignage à ses obsèques « Mon père fut un de ces membres de l’élite pas seulement du Cameroun, mais de la race noire qui, par un travail énergique et assidu, a voulu démontrer au monde civilisé que nous aussi, surtout nous Noirs du Cameroun, étions capable d’une évolution. Pendant les longues années qu’il servit l’administration française, il assuma sa besogne avec amour et conscience. Il a voulu que l’administration comprenne la mentalité de ses semblables. C’est pourquoi il s’est fait fabuliste des Camerounais. C’est pourquoi aussi il a écrit maints ouvrages afin que la langue et les mœurs de son pays soient révélées à nos prospecteurs français. »

Rentrée scolaire 2022 : le flou persiste

Le bras de fer est donc relancé : d’un côté un gouvernement pour qui tous les problèmes ont été solutionnés, de l’autre des enseignants pour qui les instructions du Chef de l’Etat n’ont pas été exécutées. Qui croire ? Toujours est-il que le gouvernement devrait se rendre à l’évidence que l’éducation a été pendant longtemps le laisser pour compte, à tous les niveaux.

Afrique : les vestiges de Berlin

L’une des solutions est proposée par Benoit B. Bouato, auteur de l’ouvrage L’Afrique confisquée ou De l’urgence d’une contre-conférence de Berlin, qui a fait l’objet d’une conférence le 20 juillet 2022 à Yaoundé, organisée par le Centre international de recherche et de documentation sur les traditions et les langues africaines (Cerdotola). L’auteur soutient que l’Afrique, malgré la décolonisation et les indépendances, est toujours sous le joug des colons, et plaide pour l’organisation d’une autre conférence sur le continent africain, avec les Africains réunis pour discuter de l’avenir du continent et explorer les pistes de solutions visant à recoller les morceaux de cette Afrique qui a été dépecée en 1884 et 1885 lors de la conférence de Berlin. L’Afrique, qui a été sédimentée et transformée en micros Etats, devrait se réunir pour faire tomber les frontières héritées de la colonisation et entretenues par le néocolonialisme. Un énième appel à l’auto-conscientisation de l’Afrique, comme le soutenait Jean Emmanuel Pondi pour qui : « le développement de l’Afrique doit être fait par des Africains… et contre personne».

Figure : Pierre Yem Mback, l’ombre de Um Nyobé

Immédiatement, le guide, Luc Makon, « aperçoit […] Um Nyobè, qu’il désigne au sous-officier africain. Mais, à la vue des forces de l’ordre, Um Nyobè et les siens prennent la fuite ». Après une course poursuite de 200 mètres, poursuit Rigal, « le sous-officier ouvre alors le feu au pistolet-mitrailleur et blesse mortellement Um Nyobè, dont les compagnons, parmi lesquels Yem Mback Pierre, chef du SA/BL (secrétaire administratif du bureau des liaisons), sont également atteints par le tir des autres soldats africains » Les deux versions concordent sur un point : Pierre Yem Mback est mort en martyr, en servant de bouclier à Um Nyobé dont il était presque l’ombre. Nationaliste convaincu, il avait consigné dans l’un de ses écrits « tant que l’indépendance n’est pas acquise, aucune mort ne peut permettre aux colonialistes de croiser leurs pieds.»

Education : établissements clandestins comme un serpent de mer

Autorisation gouvernementale ou pas, les classes se tiennent, les enfants suivent les cours de niveaux en niveaux. Une fois arrivés en classe d’examen, l’astuce est toute trouvée, la sous-traitance des candidats. La ruse consiste pour les établissements clandestins, de faire présenter leurs élèves à l’examen officiel par un établissement reconnu. Les élèves brillants passeront leurs examens parfois avec brio, le jury ne va pas vérifier si cet enfant a suivi un parcours scolaire dans un établissement clandestin ou pas. La nature a horreur du vide, la mauvaise herbe pousse dans un champ abandonné. Si le gouvernement respectait lui-même la carte scolaire qu’il s’est prescrite, en l’actualisant chaque année en en fonction de la poussée démographique, les établissements clandestins trouveront sans doute moins d’espace pour s’installer, étant directement concurrencés par une école primaire publique… ou un lycée.

Education : OTS et le double langage du gouvernement

Le temps leur a donné raison. Le temps de la trêve, alors que le gouvernement devait le mettre à profit pour trouver des solutions définitives à des problèmes qui n’auraient jamais dû exister, rien ne semble avoir été fait, si les enseignants ont renouvelé le préavis de grève pour le 5 septembre 2022, date prévue pour la rentrée scolaire. Par contre, dans l’intervalle, le ministre des Enseignements secondaires avait instruit aux délégués régionaux de son ministère, de transmettre à leur hiérarchie avant le 5 mai la liste des grévistes, qui selon elle, avaient en observant le mot d’ordre, manqué à l’obligation de servir, de se consacrer au service, et à l’obligation de réserve et d’obéissance. Oubliant que la grève était la conséquence du manquement en amont par le gouvernement lui-même… de ses propres devoirs.

Infrastructures : moins de 8% de route bitumée au Cameroun

Ce qui est constant c’est qu’il y a manifestement une manipulation des chiffres pour ce qui de l’entretien des routes au Cameroun. Présenter un bon bilan politique, ou pour justifier les chiffres en milliards ? Toujours est-il qu’au fin fond du pays, les populations souffrent de l’absence des routes et du mauvais état de ce qui existe, et les 5% de route bitumé au Cameroun, non seulement est un chiffre de la honte, mais un arbre qui cache la forêt de la misère routière

Insécurité routière : le mal se porte bien

Face au grand mal qu’est l’insécurité routière, le ministre des transports n’est qu’un infirmier, aux côtés des autres infirmiers que sont le ministre des finances à travers ses services de douanes, le Délégué général à sûreté nationale, le Secrétaire d’Etat à la gendarmerie, le ministre du travail et de la sécurité sociale et le ministre des Travaux publics. Les actions isolées comme les opérations coup de point de la prévention routière ne serviront jamais qu’à délester les automobilistes malchanceux de quelques billets de comptoir français d’Afrique ou cfa. Sans une synergie d’action de tous les infirmiers, le mal se portera toujours… bien !

Routes : le calvaire vers l’Ouest

Pour ce qui est des routes nationales, la question ne se pose pas, l’entretien revient exclusivement à l’ingénieur de l’Etat, qui est le ministère des Travaux publics. Et que dit ce ministère concernant ces routes qui se dégradent sous les yeux de tout le monde ? En octobre 2021, il informait l’opinion nationale que pour l’année 2020, l’entretien routier au Cameroun avait englouti la somme de 105 milliards, dont 37,5 milliards correspondant aux travaux effectués par ses soins, 58 milliards au profit des collectivités territoriales décentralisées et 2 milliards pour le ministère des transports. L’année 2021 est passée, c’est dire que des milliards doivent aussi être comptabilisés pour la même rubrique de l’entretien. Le bon sens se demande dans ce cas, pourquoi la dégradation des routes s’accentue d’années en années, alors que dans le même temps l’argent est décaissé pour l’entretien, quelle alchimie y a t-il derrière que le commun de mortel ne peut comprendre, pour ne pas dire palper du doigt en circulant sur des routes entretenues en permanence ? Y aura-t-il un jour où l’entretien des routes ne se fera plus à la veille des élections, et présenté comme un don du chef de l’Etat ?

Handicapés : déni des droits en permanence

en Afrique le handicap a surtout une perception sociale et culturelle, qui met le porteur en situation de faiblesse, et appelle donc à compassion. La fibre humaine seule pourrait alors empêcher que des malvoyants se retrouvent dans une cellule de commissariat ou déportés dans un village, sans que ne leur soit reproché un crime ou un délit pouvant donner lieu à une peine privative de liberté.

Afrique : des raisons d’espérer

Il y a des raisons d’espérer que toutes les autres puissances coloniales suivent cet exemple, pour ramener les restes de Félix Roland Moumié, Kemayou, Kingué et tous les autres nationalistes assassinés en exil, il est possible que même en interne on réhabilite les Castor Osende Afana dont le corps sans tête a été enterré par son second à l’aide de son couteau quelque part dans la forêt tropicale, Ruben Um Nyobé, Ernest Ouandié….Il est possible que les lieux mythiques comme les chutes de la Metche à l’Ouest du Cameroun où les différentes grottes dans la forêt en Sanaga Maritime, qui ont avalé des milliers de corps anonymes, soient restaurés, tout cela pour permettre au Camerounais de se réconcilier avec lui-même, et faire un véritable trait d’union entre son passé et son présent, pour mieux envisager l’avenir. Cela est valable pour toute l’Afrique martyrisée, il suffit à la jeunesse d’y croire. Comme le chante l’artiste congolais justement Pascal Lokua Kanza, né trois ans avant l’assassinat de Lumumba, dans le titre i believe in you, « le soleil viendra, qu’importe le temps qu’il fera »

Figure : Thomas Mongo, le négociateur…de la dernière chance

Avec du recul, des questions se posent : Monseigneur Thomas Mongo pouvait-il mener sa mission en toute impartialité, sans être influencé par un sentiment de redevabilité envers le colon qui ne devait pas être étranger à sa promotion au sein de l’église ? Le choix porté sur lui pour mener cette médiation n’était-il pas bien calculé, Pierre Messmer caressant le secret espoir que le médiateur, au cours de cette mission, ne devait pas oublier qui était son véritable bienfaiteur et se débrouiller pour que les choses tournent à son avantage ? Le prélat n’aurait-il pas aussi été utilisé comme un gage de « bonne foi » que le colon voulait montrer à la communauté internationale, pour légitimer par la suite la décision d’éliminer le nationaliste ? Monseigneur Thomas Mongo est mort le 17 mars 1988 à Log-Bikoy, emportant avec lui secret de ces questionnements, mais il reste dans la guerre de l’indépendance du Cameroun, celui qui peut à juste titre, pour ce qui est de la survie de Ruben Um Nyobé, être qualifié de négociateur… de la dernière chance.

Assemblée nationale : la recréation en continu…

Les députés à l’Assemblée nationale peuvent d’ailleurs se permettre du libertinage lors des sessions, du moment où ils n’ont aucune obligation de compte rendu. Combien parmi les 180 députés disposent de cabinets parlementaires, combien parmi eux tiennent des réunions avec les populations une fois rentrés des sessions, pour leur expliquer ce qui a été fait pour elles à l’Assemblée. Autant de préoccupations qui amènent à se poser deux questions essentielles : Qui devient député au Cameroun, et comment le devient-il ? Trouver de bonnes réponses à ces questions est désormais crucial pour les prochaines échéances, si tant est que les Camerounais peuvent un jour compter sur les députés pour l’élaboration des bonnes lois, et un véritable contrôle de l’action gouvernementale.

Electricité : les barrages… noyés

S’agissant du volet spécifique de la maturation des projets, le ministère de l’Economie, du plan et de l’aménagement du territoire a élaboré au moins depuis 2010 un « manuel de référence des normes de maturation des projets d’investissement public au Cameroun » dont la dernière version date de 2017. Mais les délais de livraison des chantiers ne sont pour autant pas devenus moins élastiques. Le 22 février 2022, le président sénégalais Macky Sall a inauguré le Stade Abdoulaye Wade d’une capacité de 50 000 places, dont la première pierre avait été posée deux ans plus tôt, le 20 février 2020. En 18 mois réglés comme une horloge, les clés du stade ont été remises et on est passé à autre chose. Au Cameroun, cela relève d’un rêve, et on en est à se demander si la mise en route des projets n’est finalement pas une astuce pour endetter davantage le pays, et permettre aux gestionnaires de s’engraisser au passage…

Sdf : de la rupture à la fracture ?

De la rupture avec l’establishment, Le Sdf est passé par l’usure du temps et de la politique. Aujourd’hui il arrive à la fracture. Le parti aurait-il bouclé son cycle de vie ? Et si oui quelle est la suite ? Va-t-il céder la place à une autre organisation qui va arriver, se jouer du peuple, ramasser les prébendes et faire son deuil à son tour, ou va-t-il renaître de ses cendres, pour l’honneur de ce peuple qui, il y a longtemps avait placé ses espoirs en lui ? Autrement il ne restera plus à ce peuple qu’à dire avec l’artiste ivoirien Tiken Nja Fakoly : « Allez dire aux hommes politiques qu’ils enlèvent nos noms dans leur business, On a tout compris. »

Afrique : l’identité perdue

A qui d’autre, plus qu’aux Africains, l’injonction « connais-toi toi-même » s’adresse-t-elle, avec autant de véracité aujourd’hui ? Pourquoi le m’as-tu vu africain consiste plutôt à vouloir ressembler aux autres, que de faire voir ses propres cultures et valeurs, pourquoi le vin sorti des vignes de Bordeaux est plus célébré par le Camerounais que celui tiré des raphias de Babadjou ? En plus, dans cette tendance à embrasser les choses des autres en dénigrant lui-même les siennes, l’Africain croit être civilisé, être un savant. Mais Socrate dans sa pensée, était arrivé à conclure : « Ceux qu’on vante le plus me satisfont le moins, et ceux dont personne ne fait cas – c’est-à-dire les simples, les artisans – je les trouve beaucoup plus près de la sagesse »

Figure. : Dika Akwa Nya Bonambela et le nyambeisme

président du Directoire de l’opposition qui mène un combat pour la conférence nationale souveraine, mais il subit des coups tant de l’intérieur du parti que de l’ensemble de l’opposition, et n’est pas épargné par le pouvoir. Dans le parti, le secrétaire général réclamait la suprématie, au sein de l’opposition il est suspendu de la Coordination après une réunion de l’instance à Bamenda dont le lieu lui avait été caché, et au cours de laquelle il avait été accusé d’avoir pris une enveloppe du pouvoir. Lequel pouvoir a fait encercler son palais pendant un mois, le soupçonnant de cacher des armes, a bloqué son salaire et l’a expulsé de sa maison de fonction à Yaoundé après une marche de l’opposition. Il meurt le 21 juillet 1995. Si ses objectifs politiques n’ont pas été atteints, il lui subsiste au moins la science. D’après le journaliste Edouard Kingue, avec le nyambéisme, Dika Akwa ou colonel Diabobe demeure l’un des rares Sawa et camerounais qui a honoré la mémoire de ses ancêtres et rendu sa fierté aux Akwa-Bonaku de la grande Famille Bonambela, en bâtissant le célèbre Mukanda, plus connu sous le nom de ‘château Dika Akwa’, une œuvre aux mille symboles qui font remonter l’histoire du duala jusqu’à l’Egypte

Barreau : les avocats à la croisée des chemins

Le corps de la justice au Cameroun est constamment cité par les institutions nationales et internationales de lutte contre la corruption, comme faisant partie du peloton de tête des plus affectés par le fléau. Si l’on oriente le plus souvent le regard sur les magistrats, on tend à oublier qu’il n’y a pas de corrompu sans corrupteur, et les personnes intermédiaires entre les justiciables et les magistrats, ce sont les avocats. Par voie de conséquence, si les magistrats sont pointés comme les plus corrompus, cela induit que les avocats sont les plus grands corrupteurs, les porteurs de mallettes, comme le dénoncent certains. Et comme on ne peut nourrir l’enfant sans se sucer le doigt selon l’ordre naturel des choses, il va de soi que le porteur de mallette se fait des commissions au passage, en plus des honoraires.

Gestion publique : le mal être de l’équilibre régional

Cette sortie du Secrétaire général de la présidence de la république, est un aveu de perte de confiance : la présidence de la république ne fait plus confiance aux dirigeants des entreprises et établissements publics dans la mise en pratique de la politique de l’équilibre régionale. Mais une question subsiste : le mal ne vient-il pas du sommet ? Quelle logique avait guidé il y a 14 ans l’admission des candidats à l’Ens de Maroua ? Et pour le cas des entreprises publiques la nomination des dirigeants eux-mêmes respecte-t-elle ces quotas, Et sinon, une fois en poste, n’est-il pas normal que la même logique qui a guidé leurs nominations soit appliquée dans le choix du personnel ? Pourquoi s’attendre à ce que la poule produise les œufs du canard ?

Education : le rejet du système

Les résultats obtenus au concours d’entrée en 6eme en zone rural, n’est pas signe que les enfants des villages ne sont bon à rien, c’est simplement un message que la jeunesse envoie aux dirigeants enfermés dans le système colonialiste, un message de rejet de ce système d’éducation dans lequel ils ne se reconnaissent pas. Il est fort à parier que si ces enfants étaient évalués en technique de chasse ou d’agriculture, ils auraient les meilleures notes. Et ils ne demandent que cela. Il suffira de remplacer les lycées d’enseignement général par les lycées de chasse, de pêches, ou d’agriculture, et ils feront le plein d’œufs. Vouloir à tout prix forcer les enfants à adopter un système éducatif qu’ils ne veulent pas, c’est tuer davantage cette jeunesse. 1,3/20 n’est pas une mauvaise note, ça dépend de ce sur quoi l’enfant est évalué, et c’est même un exploit à bien y voir, car on ne peut pas évaluer un poisson sur sa capacité à grimper un arbre.

Cameroun : de la subversion à l’ordre public

Cette ordonnance a été abrogée par la loi n°90/046 du 19 décembre 1990, mais la subversion a été subtilement remplacée dans les lois par le mot « ordre public », prétexte légal, tout comme le mot subversion, pour museler toute opposition au régime. Il n’y a qu’à voir le nombre de prisonniers politiques et d’opinion dans les geôles camerounaises, il n’y a qu’à voir l’énergie mise pour réprimer toute manifestation de rue, pour comprendre que le régime s’est simplement perpétué, et qu’entre « subversion » et « ordre public », ce n’est qu’une question de sémantique, et d’époque.

Figure : Tankeu Noe, les cailloux contre les armes

Tankeu Noé et Makanda Pouth sont traduits devant un tribunal militaire qui les condamne à mort, sentence qui donnera lieu à l’exécution simultanée du 3 janvier 1964 à Douala pour Tankeu, Edéa pour Makanda Pouth et Bafoussam pour Kamdem Ninyim. Tankeu Noé abattu en public et attaché à un poteau électrique au quartier Congo réputé être son repère, afin que ses voisins qui se sont réinstallés après le rasage d’avril 1960, se souviennent bien du sort qui leur est réservé au cas où, au cas où. Aujourd’hui, difficile de dire si les enfants nés dans ce quartier peuvent retrouver l’endroit où le corps de Tankeu a été attaché à un poteau, mais à Bonanjo non loin de là, on a consacré un monument à l’un des bourreaux, le Général Leclerc

Crise anglophone : le dialogue demeure la solution vitale

Il y avait à peine un an que la crise anglophone avait pris une tournure meurtrière quand cet avertissement était donné. Les cris des sirènes les plus sincères, objectives et préventives indiquaient qu’une nation ne pouvait efficacement prendre les armes contre son propre peuple. Ces cris sont tombés dans des oreilles qui, 6 ans après, s’efforcent toujours d’être sourdes, malgré le sang qui coule et les familles qui voient leurs espoirs brisés par la perte d’un membre, tombé au front ou victime collatérale. L’artiste sénégalais Youssou Ndour a sorti en 2000, une chanson intitulée « My Hope is in you », dans laquelle il demande aux enfants soldats engagés dans les guerres civiles un peu partout en Afrique de rendre les armes et aller à l’école. « Drop your gun and go to school ». On pourrait paraphraser cette phrase en s’adressant au gouvernement camerounais en ces termes « drop you gun, and talk with your people », baisse les armes, et parle avec ton peuple

Crise anglophone : toujours en suspens !

Tous ces éléments historiques, fondait le pouvoir de Yaoundé à ne pas permettre qu’une étincelle éclate dans ces zones, pour éviter l’embrasement. Mais une simple manifestation de rue a été réprimée dans la violence. Comment un père de famille peut-il risquer de rabrouer un enfant qui demande à lui parler, alors que ce dernier a déjà manifesté la volonté de quitter la maison ? C’est simplement pour lui donner l’occasion de partir une fois pour toute, convaincu que le sentiment de rejet qu’il soupçonne depuis longtemps est réel. Le problème anglophone a existé, et existe toujours. La solution n’est pas encore trouvée. Autant le dire, encore et toujours, tant que le sang coule…

Education : la pépinière infectée

Et les enfants élèves, en bas de l’échelle, ne prennent que ce qui arrive à leur niveau, en l’absence de surveillance et de censure des chansons et des rythmes obscènes, du reste promues par les médias audio visuels, avec une grande majorité proposée par des bouquets de diffusions aux contenus occidentaux complètement inadaptés aux mœurs et cultures locales. Ailleurs on anticipe sur le modèle de société qu’on va avoir dans 20 ou 30 ans et on adapte le contenu de l’éducation en fonction. La société de demain se construit aujourd’hui.

Guerre en Ukraine : sauver l’Afrique de la famine

« Le bien-fondé de ce sommet tient à l’urgence alimentaire, elle-même nourrie par un environnement inflationniste propice à l’apparition de tensions sociales et politiques. La rencontre, qui pourrait se tenir en terre africaine – pour en ajouter à la symbolique –, aurait pour objectif de définir les mesures d’accompagnement des pays africains en vue d’une sortie de crise à court terme et, d’un autre côté, d’engager la réflexion sur une organisation efficace des politiques agricoles, incluant la modernisation du secteur et la promotion de l’agro-industrie et des produits locaux. » Il était temps qu’on y pense, pourrait-on dire, même s’il faut une fois de plus regretter que plus de 60 ans après les indépendances, le Continent soit encore et toujours obligé de se tourner vers l’ancien maître pour des solutions à ses problèmes. Comme un enfant qui refuse de grandir. Le Continent est à l’image d’un malade sur le lit d’hôpital, conscient de l’origine de sa maladie, et qui supplie tous les médecins pour qu’ils le sortent de là tout en promettant de tout faire pour ne plus attraper la maladie. C’est tout le mal qu’on lui souhaite !

Figure : Isaac Tchoumba Ngouankeu et le livre subversif

Au-delà du Cameroun, Isaac Tchoumba Ngouankeu croyait également à l’Afrique. Alors qu’il était président de la section Camerounaise de la Conférence Panafricaine des peuples Africains, il a participé en tant à la réunion d’Accra au Ghana le 29 avril 1961, à l’issue de laquelle le document de la création de l’Organisation des Etats de l’Afrique a été signé par Modibo Keita, Kwame Nkrumah et Sékou Touré. Il meurt le 17 février 2009 à l’âge de 91 ans, avec son rêve de voir un Cameroun libre, indépendant et prospère, et au-delà, une Afrique debout.

Justice : instrument politique

Les cas cités ci-dessus confirment le caractère aveugle de la justice, ou de son revers qui est l’injustice. Ces Camerounais détenus sont victimes de ce que leurs avocats appellent l’arbitraire, ou de l’acharnement politique, sans distinction de parti politique. Pour les militants du Mrc, il ne fait aucun doute qu’ils payent le pris de leur appartenance à une opposition qui conteste le pouvoir en place, et pour les militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais parti au pouvoir, il leur serait reproché à tort ou à raison, sans le dire à haute voix, des ambitions politiques. La justice serait alors devenue le bras séculier du régime pour mettre à mal toute velléité de contestation, ou volonté de prise de pouvoir.

Placements financiers : l’illusion fatale

les expériences des placements foireux des fonds que les Camerounais ont connu jusqu’ici : Africa’lif, la Mida et autres, tardent à faire des leçons, à moins que ces fonds placés ne soient d’origine douteuse, parce qu’il est difficile dans un contexte de récession, qu’un individu mette dans du virtuel l’argent gagné à la sueur de son front.

Cameroun : la dignité de l’Etat en péril

Le président de la république s’imagine-t-il son représentant dans un département, en train d’utiliser son titre pour de telles demandes ? Peut-être le préfet du Wouri ne fait plus la différence entre la personnalité publique qui est l’autorité administrative, représentant du chef de l’Etat, et l’individu qui a perdu sa génitrice ? L’expression « l’Etat c’est moi » est plus que réelle au Cameroun dans ce cas de figure.

Les pages de l’histoire : Cameroun, de Ahidjo à… Biya

Ahidjo avec ces regrets essayait également une tentative de déni de ses responsabilités quant à la présence de son successeur au pouvoir, mais sans rien changer au fond. Que ce soit le premier ou le deuxième président du Cameroun, le peuple ne les ont jamais choisis, normal que la base et le sommet évoluent dans deux mondes différents, avec l’illusion d’être dans un même pays.

Figure : Pierre Kamdem Ninyim, le chef insoumis

D’après le témoignage de Paul Audat, un conseiller français du gouvernement camerounais à l’époque, « Kamdem Ninyim était un assassin, un voyou choisi à l’origine par Aujoulat et qui jouait un double jeu. En 1963, Ninyim était venu me voir à mon bureau, quand la police le recherchait. Je lui ai donné rendez-vous au même endroit le lendemain et c’est là que la police l’a arrêté. Il a été jugé, placé en résidence surveillée et exécuté.» Son vrai crime était donc qu’il était un chef insoumis, qui n’a pas livré ses populations quand l’administration réclamait leurs têtes. Pierre Kamdem Ninyim, 13 eme chef des Baham a ainsi été exécuté par le pouvoir néocolonial le 3 janvier 1964 à Bafoussam, sur la place publique, devant une foule estimée à 40 000 personnes sommées par les autorités d’assister au supplice. De quoi terroriser les populations dans leurs subconscients et les maintenir dans la peur.

Urbanisation : le casse-tête des casses

La situation est davantage complexifiée par le fait qu’en ville, dans les capitales économique et politique surtout que sont Douala et Yaoundé, il y a des habitants, et dieu sait combien ils sont nombreux, qui évoluent complètement en marge de toute norme : ils occupent illégalement un terrain non constructible, sans voie d’accès, plus souvent marécageux, où ils ont bâti une maison sans respect d’aucune règle d’urbanisme, sans toilettes ni système d’évacuation des eaux usées. Comme activité, ils vendent des marchandises de contrebande sur la chaussée au marché. C’est dire qu’ils sont un problème pour la ville à tous les niveaux. Si l’on veut dégager les chaussées encombrées pour aérer la circulation, ils sont parmi les victimes. Si l’on veut déguerpir les populations des zones inhabitables ils n’échappent pas, si l’on traque les constructions non réglementaire ils sont dans le lot.

Affaire Glencore : la justice face à ses responsabilités

Le Camerounais n’a nul part où aller en premier ressort, personne vers qui se tourner pour demander justice, face à ce qui est désormais avéré, à savoir que les populations sont maintenues dans la pauvreté, la misère et la précarité par ceux-là même qui sont supposés être les gardiens de leurs richesses, et s’assurer en cas de vente, que c’est vendu au meilleurs prix sur le marché. Il n’est surtout pas question pour les garants de la justice de vouloir se réfugier derrière l’illusion de leurs carrières pour ne rien faire, car une bonne carrière ce n’est pas accumuler les médailles et grimper les échelles au point d’en être hors, c’est au soir de cette carrière être fier d’avoir été au service du peuple.

Sous-sol : les richesses en otage

Elf garantit un prêt bancaire aux Etats souverains à court de trésorerie en se remboursant sur le pétrole produit pendant un certain nombre d’années, c’est bien pour tout le monde, et au passage les présidents africains prennent une commission sur ces emprunts. » S’il en est ainsi pour les compagnies pétrolières, pourquoi en serait-il autrement pour les compagnies minières, hôtelières et autres ? Dans cet extrait il suffit de remplacer la compagnie Elf par une autre compagnie, (Sinosteel, Glencore…) et le reste tient. En Libye, Kadhafi a utilisé l’argent de la richesse de son sous-sol pour mettre l’eau dans le désert, en Afrique subsaharienne, on utilise l’argent des richesses du sous-sol pour créer le désert en pleine forêt, et la soif au milieu des fleuves.

Afrique : recolonisée par ses richesses

Elf fut et reste une pièce essentielle du dispositif néo-colonial mis en place par Paris, quelques années après les indépendances, afin de maintenir sa tutelle économique et politique sur les pays de son ancien pré carré formellement émancipés. Les “soleils des indépendances”, pour reprendre le titre de l’écrivain africain Ahmadou Kourouma, étaient par avance brouillés.” En définitive, l’affaire Elf a démontré aux yeux du monde et des Africains, comment les richesses africaines sont retournées, ou retournent…contre elle.

Figure : Solomon Tandeng Muna, le joker de la réunification

Usant des manœuvres d’investiture du parti unique, Ahidjo avait déjà pu placer Muna comme Premier ministre du Cameroun occidental, il fera également supprimer la clause d’incompatibilité de ce poste avec celui de vice-président de la République fédérale, pour le prendre comme vice-président pour la candidature à l’élection de 1970. A ces positions, Solomon Tandeng Muna aurait assisté, impuissant selon ses adeptes, complice selon ses détracteurs, à la manipulation des textes et des hommes pour obtenir une réunification au forceps. Pour le consoler après avoir supprimé le poste de vice-président de la Constitution en 1972, Ahidjo le nomma ministre d’Etat, et en récompense pour son « adhésion » à son projet d’unification, il accepta sa démission du gouvernement en 1973 et favorisa son entrée à l’Assemblée nationale. Tandeng Muna restera Président de la Chambre jusqu’à la démission d’Ahidjo en 1982 et 6 ans encore après la prise du pouvoir par Paul Biya

Ens et Enset : formation pour le chômage ?

Il faut relever également que si la décision était entérinée, les Ecoles de formation des enseignants du secondaires rejoindraient ainsi les Ecoles normales d’instituteurs de l’enseignement général et technique (Enieg et Eniet) qui forment les enseignants du primaire, les Ecoles nationales polytechniques qui forment les ingénieurs, les Facultés de médecine qui forment les médecins, l’Institut des relations internationales du Cameroun qui forme les diplomates, l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la Communication (Esstic) qui forme les journalistes et autres. Dans le même temps, il reste à l’abri les écoles de formation des militaires, des policiers, des sous-préfets, des inspecteurs d’impôts et de la Douane. Tous des corps de métier qui transpirent la répression. Ceux-là continueront d’être intégrés à la fonction publique et pris en solde, tandis que les corps de formation et d’éducation sont laissés à la traîne. Demain se prépare aujourd’hui, dit l’adage.

Dikolo : les lois foncières galvaudées

En application de cette loi, le bénéficiaire de ce site devait débourser au bas mot 1 milliard 972 millions 500 mille francs cfa pour espérer contenter les populations déguerpies, surtout que le coût annoncé du projet de construction de cet hôtel est de 60 milliards de francs cfa. En attendant de savoir qui se cache derrière ces déguerpissements, le Marriot ayant annoncé que le groupe n’a aucun projet au Cameroun jusqu’en 2023.

Marche vers l’unité : les graines de la haine

Ces graines de la division implantées depuis le début, ont pris le temps d’arriver à maturité, et de se manifester de diverses façons. Mais le pouvoir de Yaoundé, hier comme aujourd’hui, continue de vivre dans l’illusion selon laquelle ce qu’il dit et décide est vrai. Il croit encore que scander à longueur de discours et ce pendant des années, que le Cameroun est uni, le rend uni. Face à un problème anglophone né d’une unité mal ficelée, il continue de faire la sourde oreille ou la politique de l’Autriche, multipliant les moyens pour casser le thermomètre croyant par la faire baisser la fièvre. Des solutions simplistes sont pourtant proposées, pour que l’on parle d’un même langage de l’unité

Marche vers l’unité : le ver était dans le fruit

La loi en main, les institutions législatives, judiciaires et administratives sous contrôle, plus rien ne lui faisait obstacle. Il fallait consolider l’unité nationale, plus pour atteindre un dessein politique que pour garantir le bien-être des populations, et surtout sans attention particulières aux spécificités des compatriotes anglophones désormais désarmés et contraints, subtilement bien sûr, à applaudir ou au pire, subir une unification imposée de toute pièce. Cela avait tout l’air d’un mariage forcé, dans lequel le mari avait adopté seul le code du mariage en se donnant tous les privilèges et les pouvoirs, choisi le célébrant, la date, les invités, le couvert et les convives. La mariée n’avait plus qu’à prononcer le mot fatidique « j’accepte. » 50 ans après le mariage, l’époux continue de célébrer l’union, pendant que l’épouse rumine les souffrances, et ne manque plus de le faire savoir à l’occasion.

Marche vers l’unité : la loi taillée sur mesure

Ainsi donc, après s’être donné un appareil politique unique avec l’Union nationale camerounaise, Ahidjo s’emploie à utiliser ce monopole pour tailler les textes sur mesure et constituer des institutions obéissantes. En trois ans, la Constitution a été modifiée 3 fois, toujours pour trouver l’unité

Marche vers l’unité : le parti unique

La création du parti unique, qui prendra le nom de l’Union nationale camerounaise (Unc) se ferait sous les auspices d’un comité directeur provisoire (Cdp), dont la composition exprimait le rapport de force et les partages d’influence révélés par la réunion du 11 juin : 22 représentants de l’Union camerounaise, 4 du Kndp, deux du Cnpc et deux du Cuc. Au total, les 3 partis du Cameroun anglophone étaient représentés par 8 membres alors que l’Union camerounaise seul en comptait presque 3 fois plus.

Cameroun : le pays des « chefs »

Le conflit de Banka se retrouve ainsi partout dans les communautés camerounaise, avec des acteurs différents, des méthodes diverses qui s’adaptent en fonction du milieu. Et les autorités traditionnelles se retrouvent souvent sans le savoir, être des marionnettes entre les mains des avides du pouvoir qui ont accumulé soit des richesses matérielles, soit des titres politiques, soit les deux à la fois, et qui sont à la recherche des honneurs. C’est tout le sens de cette phrase en apparence anodine dans le message d’excuse du sous-chef Tchio au Chef Banka : « j’ai maintenant compris que nous ne devons pas donner l’occasion à ceux-là qui nous opposent inutilement. »

Afrique : la quête permanente de l’identité

René Dumont parlait de l’Afrique noire mal partie, mais 60 ans après, l’attitude des certains Africains laisse plutôt croire qu’ils n’ont pas l’intention de prendre le départ, pour parler de mal partir. Mais les faits sont constants, on ne le dira jamais assez, l’Afrique est l’avenir, riche et prospère, elle n’a pas à avoir faim, qu’il y ait la guerre sur Mars ou Neptune. Les autres l’ont compris, l’espoir est que l’Africain lui-même le comprenne, au plus tôt.

Figure : Laurence Eteki Maladi et le combat pour l’aspect genre

L’accès au droit de vote est en effet soumis à des conditions professionnelles et statutaires précises et un double collège est instauré. Le premier, composé de citoyens français, vote dans les mêmes conditions qu’en métropole, tandis qu’au sein du second, le droit de suffrage des citoyennes et citoyens dit « de statut personnel » est soumis au respect de conditions particulières. Les femmes sont exclues sur toute la ligne. Cette conception de la citoyenneté électorale suscite des mécontentements, parmi les Camerounaises lettrées  notamment. Encouragées par des dispositions offrant une relative libéralisation de la vie sociale et politique, à l’instar de l’extension de la loi sur la liberté d’association, cette minorité de femmes instruites essaye de s’organiser au sein d’organisations féminines visant à mobiliser toutes les femmes pour la défense de leurs intérêts, améliorer leur condition socio-économique et faciliter leur accès aux institutions politiques et administratives.

Mœurs : la satisfaction dans le crime

Les détournements massifs des biens publics, le train de vie ostentatoire des dirigeants aux côtés des populations sans eaux et sans table banc à l’école, l’accaparement grossier des terres par des hauts placés, la longévité au pouvoir exécutif et législatif, aux postes ministériels ou de direction des entreprises publiques, la tribalisation des nominations, le clientélisme à l’entrée des grandes écoles, tout cela créé des frustrations qui jouent un rôle déterminant dans l’attitude de ceux qui ont tendance à ôter la vie des autres, soit par vengeance, soit pour éliminer une menace. Dans cette logique, on peut se demander si la violence observée au quotidien dans la société d’en bas, n’est-elle pas le juste reflet d’une autre violence pratiquée dans la société d’en haut ?

Enseignants : entre droit de grève et devoir d’obéissance

» Le ministère des Enseignements secondaires serait-il en train d’envisager sérieusement de traduire au conseil de discipline des enseignants qui ont travaillé pendant des années sans salaire, sans arrêté d’intégration, et qui un matin ont décidé de dire « On a trop supporté », serait-on en train de vouloir exhumer le corps de Hamidou du lycée de Beka pour le traduire au conseil de discipline, pour avoir manqué à son devoir d’enseigner, pour avoir désobéi à sa hiérarchie en refusant de reprendre les cours, ou pour avoir manqué au devoir de réserve en publiant une vidéo dans les réseaux sociaux pour dénoncer sa situation de travailleur pendant 10 ans sans intégration et sans salaire ? Où met-on désormais la frontière entre le droit de grève et le devoir d’obéissance ? Qui a manqué à son devoir dans l’affaire des enseignants de l’OTS ou OTA, les services administratifs des divers ministères où les dossiers sont enterrés, ou les enseignants obligés de conduire des motos pour survivre, multiplier des cours de vacation au point d’y laisser leurs vies, assassinés par des élèves ?

Péages routiers : l’automatisation au poids mort

Et si l’on reste dans la logique du ministre qui dénonce le détournement de 50% de recettes, la même somme se serait envolée dans les poches privées au cours de la même période, et c’est comme cela toutes les années, et se sera ainsi tant que les péages seront manuels. Les qui se partagent cet argent ? En résumé, après 3 ans de négociation, le premier ministre signe le 24 avril 2019 le communiqué d’attribution du marché de construction des péages automatiques. Un an après, le 18 mai 2020, le contrat est signé avec le groupement d’entreprises chargé de l’exécution des travaux, deux après, ce groupement cherche encore de l’argent. Au bas mot 6 ans que le péage automatique est en projet au Cameroun, 6 ans que le gouvernement sait avec certitude que 50% des recettes du péage sont détournés, et ne fait rien, ou pas assez.

Les pages de l’histoire : la guerre moderne au Cameroun

Ces doctrines placent les populations civiles au cœur des dispositifs répressifs.
Elles confèrent une place centrale à l’« arme psychologique » et au renseignement ; et elles légitiment – aux yeux de leurs promoteurs – le
quadrillage et la surveillance implacables des populations, l’utilisation massive de la propagande et l’usage systématique de la torture.

Figure : Victor Kanga, victime du succès

Deux jours avant l’arrestation du ministre de l’Information, le conseiller militaire français de l’ambassade de France, le colonel Robert Renan, avait reçu du directeur du SEDOC des informations mettant à jour un supposé complot américain contre le régime Ahidjo, dont Kanga aurait été l’instrument. Des informations selon lesquelles les Américains « allaient fomenter des mutineries » dans l’armée camerounaise et se préparaient à faire remplacer Ahidjo. « D’après Jean Fochivé, explique une note du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) dans un message codé, le remplaçant du président Ahidjo que les USA auraient choisi, ou qui leur paraît le plus souhaitable, serait Victor Kanga. Mécontents de la politique du général de Gaulle, les USA auraient décidé de fomenter des troubles en Afrique, poursuit l’auteur de la note. Le Cameroun aurait été choisi comme premier champ d’expérience »

Travail : auto emploi et indécence décence

Travailler pour soi ne veut pas dire se mettre en marge de toutes les normes exigées pour la sécurité du travailleur. Si les entreprises ont obligation de mettre les employés en sécurité dans leur environnement de travail, les individus eux-mêmes ont doublement obligation de se mettre en sécurité dans la recherche de leur gagne-pain.

Fête du travail : la logique du musèlement

Au Cameroun où l’organisation d’une manifestation se heurte toujours à la menace de trouble à l’ordre publique brandie par les sous-préfets, les défilés officiels restent la seule tribune pour s’exprimer. Même là, le gouvernement trouve les moyens de museler. La méthode semble marcher encore, mais pour combien de temps ? Comme un père qui supprime toute occasion pour son enfant de s’exprimer, et se rend compte plus tard qu’il a développé des habitudes qu’il ne peut plus contrôler, le gouvernement croit encore jouer le bon rôle en pressant sur le couvercle de la marmite pour empêcher que la vapeur ne sorte. Sauf que la marmite boue toujours.

Figure : Jacob Fossi, l’homme qui mit fin aux tueries de la Metche

Les témoignages ne s’accordent pas sur la date de ces évènements historiques. Pour Mekah Fossi la fille de Jacob Fossi, cela se passait dans la nuit du 9 au 10 mai 1957, pour d’autres écrits, on était dans la nuit du 11 au 12 septembre 1959. Quelle que soit la date, l’acte héroïque de Jacob Fossi permit déjà d’annuler l’opération de cette nuit-là, les prisonniers furent ramenés à la prison de Dschang, et les colons mirent également fin à partir de ce jour à cette pratique d’élimination nocturne dans les eaux. Fossi Jacob avait choisi de donner sa vie pour sauver celle des autres, de son engagement pour la libération totale jusqu’à cet acte ultime. Cette année 2022, la famille du héros commémore comme depuis quelques années les 65 ans de cette disparition, en attendant que la nation fasse, elle aussi, son devoir de mémoire

Blé : la non nécessaire dépendance

Le pain a réussi à reléguer au second plan les mets locaux. Maman a laissé les mets qu’elle composait elle-même pour l’enfant le matin, y mettant des ingrédients naturels qu’elle maîtrisait et connaissait les vertus, pour dépendre désormais du pain. Que met-on dans ces baguettes après lesquels tout le monde court, dans quelles conditions sont-elles fabriquées, la levure qui sert à gonfler la farine, quels sont ses effets indésirables, sur le plan nutritionnel, une baguette de pain vaut-elle une boule de mets d’arachide, un morceau d’igname jaune glissé dans le sac de l’enfant pour son goûter ? Il n’y a pas de comparaison en réalité. Dans les zones reculés du pays où les populations ont conservé ces habitudes alimentaires, où on mange encore un plat de pomme pilé ou de couscous légume le matin, les habitants sont bien portant, moins fragile, avec des organismes qui ont développé une immunité naturelle, presque intouchables par ces maladies étranges que développent les populations en ville, où les types de cancer ne se comptent plus. Et pour mieux maintenir la dépendance des populations urbaines au pain, on en trouve de toutes les variétés dans les rayons : pain complet, pain au lait, sans sel, pain grillé et autre.

Education : les marques introuvables

Dans le système éducatif, le Cameroun est comme un simple pilote formé et mis aux commandes d’un avion qu’il n’a pas conçu, il doit juste appuyer sur des boutons suivant les indications qui lui sont dictées par le concepteur. On en arrive à ce qu’un enseignant à la retraite appelle la triple aliénation : aliénation des parents qui donnent seulement l’argent, aliénation des élèves qui ne savent pas pourquoi ils vont à l’école, aliénation des enseignants qui ne savent pas pourquoi ils enseignent. Pourtant, le Cameroun devrait travailler à produire des enfants en mesure de se battre demain avec les autres à armes égales, d’où la nécessité d’une éducation de qualité, et qui corresponde à des objectifs précis. La chine, la Russie ont ainsi conçu leurs systèmes éducatifs, et avec les résultats ils fixent aujourd’hui l’agenda de toute l’humanité.

Rdpc : la « justice » à double vitesse

L’affaire Messanga Nyamding ressemble au final, à tout point de vue à celle décrite par Jean de La Fontaine dans sa fable intitulée « les animaux malades de la peste. » Il y est question que chaque animal confesse ses péchés pour que le plus coupable soit puni et que l’on obtienne une guérison commune d’une peste qui n’épargne personne. Le lion qui confessa avoir dévoré les moutons inoffensifs, et même parfois le berger, fut déclaré saint et applaudi, de même que bien d’autres animaux. L’Ane vint à son tour et dit qu’il avait mangé une herbe parce qu’il avait faim. Et l’auteur de conclure : « A ces mots on cria haro sur le baudet. Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue, qu’il fallait dévouer ce maudit animal, ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal. Sa peccadille fut jugée un cas pendable. Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable ! Rien que la mort n’était capable d’expier son forfait : on le lui fit bien voir. Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

Les pages de l’histoire : les politiques agricoles des années 60

Des programmes de « développement agricole » sont mis en place et de grands projets, tels que les zones d’actions prioritaires intégrées (ZAPI), lancées en 1967, sont mis sur pied pour accroître la production, stimuler la production agricole afin de créer la richesse en zone rurale mais aussi stabiliser les ruraux afin qu’ils puissent résister aux mirages de l’exode rural Cf Kamerun, version longue P 783. Cette politique a permis au Cameroun d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, qui était de 96% en 1980, mais qui n’a cessé de régresser depuis lors, faisant du Cameroun en 2022 un PFRDV, entendu comme Pays à Faible Revenu et à Déficit Vivrier. Le prix d’un régime de plantain sur le marché est là pour le confirmer.

Figure : Paul Bernard Kemayou, l’ombre qui plane sur Bangou

Les difficultés que cette administration rencontre aujourd’hui à Bangou, témoignent une fois de plus de la grandeur du chef Paul Bernard Kemayou Sinkam, dont la mémoire n’a pas toujours été restaurée, tout comme sa lignée ne devrait pas être effacée aussi facilement de l’histoire. Paul Bernard Kemayou a peut-être été destitué et contraint à l’exil où il est mort, mais il n’a sans doute jamais quitté le trône, et son esprit semble encore planer au village où il rappelle un vieux proverbe ancré dans les cultures à tous ceux qui s’agitent autour de son trône, tout en refusant de faire ses obsèques. Cette vérité qui dit : « on ne remplace jamais quelqu’un… sans l’avoir enterré »

Gouvernement : le suivi en berne

Si les ministres savaient qu’ils ont des rapports et des comptes à rendre toutes les semaines au Palais de l’Unité, chacun sans doute s’arrangeraient-ils à ce que tout aille bien dans leurs départements ministériels. Il y aurait sans doutes moins de chantiers abandonnés, les fonctionnaires n’auraient sans doute pas à attendre 10 ans pour être intégrés et pris en solde, les préavis de grèves seraient sans doute moins nombreux, des mesures véritables auraient sans doute été prises pour anticiper sur la cherté de la vie à laquelle fait face la population. L’absence des Conseils ministériels réguliers n’est pas étrangère à l’état de déliquescence dans lequel se trouve le Cameroun en 2022. La gestion d’un pays ne peut se passer de ces réunions dont l’efficacité a été prouvée dans l’histoire du management, et qui ne peuvent être remplacées, et surtout pas en permanence, par des « hautes instructions »

Gouvernement : la nécessaire réforme préalable

En définitive, un nouveau gouvernement ne devra plus être l’occasion pour certains de dire « c’est mon tour » et traiter de fous ceux qui suggèrent la démission en cas d’échec, mais il devra être conçu pour ceux qui auront compris quels sont les intérêts nationaux qui s’imbriquent dans les enjeux internationaux. Le peuple a faim, les Camerounais ont assez souffert pour qu’un remaniement soit un simple changement d’acteurs, qui viendront jouer les mêmes scènes.

Education : assainir la pépinière

Ainsi, pendant que l’élève apprend à lire l’alphabet et à écrire les formules mathématiques, la mallette pédagogique lui donne une éducation financière en le disciplinant dans ses rapport avec l’argent-ce qui peut en faire des gestionnaires moins prévaricateurs demain-, cultive en lui l’esprit de bienfaisance et lui rappelle qu’il lui incombe aussi d’extirper la mauvaise graine de la société à partir des dénonciations, tout cela pour faire de lui un citoyen complet et responsable pour la société.

Les pages de l’histoire : les massacres de Tombel

La méthode de dresser les ethnies les unes contre les autres a bien marché, et aujourd’hui encore, le subconscient de beaucoup a gardé l’idée que l’ethnie voisine représente l’ennemi, ce qui dans le fond est tout le contraire, car la nation camerounaise ne se fera que dans une harmonieuse fusion des différentes ethnies qui la composent. « Nous ne vivons pas seulement à notre époque. Nous portons toute notre histoire avec nous »

Figure : Yves-Joseph-Marie-Plumey, l’évangéliste du désert

Dans son ouvrage Mission Tchad Cameroun, il écrivait qu’au cours de la retraite qu’il avait faite avec ses 13 compagnons avant de s’envoler pour le Cameroun, il avait compris que «le secret de la réussite, c’était en eux-mêmes qu’ils le portaient. Ils ont senti que plus ils seraient faibles et dépouillés, plus ils seraient forts et riches; que plus ils s’oublieraient, plus ils auraient de puissance; plus ils se feraient petits, ils grandiraient et réaliseraient l’œuvre de l’Eglise.» Une œuvre qu’il a accompli et achevé à sa manière. Il avait fait du Cameroun sa patrie, il avait don de soi au pays, mais comme pour Jésus dont il prêchait l’évangile, les pharisiens n’étaient pas loin.

Crise anglophone : le pouvoir entre culpabilité et responsabilité

Gouverneurs et préfets, fortement sécurisés, protégés par des militaires à domicile et au bureau, sont mis à contribution pour exercer la pression sur des fonctionnaires à mains nues, les contraindre à aller tronquer leur vie contre l’illusion de stabilité, contre l’orgueil du gouvernement. Gouverner pourtant, c’est être en capacité de faire la différence entre responsabilité et culpabilité. Si le pouvoir de Yaoundé n’est pas coupable de ces assassinats des fonctionnaires, il en porte l’entière responsabilité.

Foncier : le litige éternel

Ne serait-il pas plus juste et équitable de revoir les terrains qui ont continué à être vendus ou achetés sur la base du certificat du droit coutumier en violation du décret de 76, et quelle en sera la faisabilité dans ce cas ? Pour dire simplement, avec les appétits que la terre aguiche au Cameroun, la circulaire du ministre Ayissi risque d’être une boîte de Pandore, dont le contenu, essentiellement faits des problèmes, n’épargnera personne, et ce qui devait être une solution pour le foncier au Cameroun, peut alors devenir la vraie source de litiges.

Transport routier : le sursis permanent

Et les experts du secteur en cause ici, sont unanimes pour dire que Le transport routier et les infrastructures routières sont les clés de l’évolution et de la prospérité de la société moderne. Connecter les personnes et les lieux, les biens et les services de manière sûre, efficace et durable est essentiel pour créer et maintenir une croissance durable et inclusive dans l’ensemble de la société.

Les pages de l’histoire : la traque du maquis…

En décembre 1957, l’administration coloniale annonce la création de ce que l’on nomme pudiquement la « zone de pacification du Cameroun ». L’opération militaire elle-même doit se dérouler en deux temps. Il s’agit d’abord d’obliger les populations à se regrouper dans des villages situés le long des grandes voies de communication afin de mieux les surveiller et les éloigner des maquis. Ensuite, après avoir procédé au quadrillage de la région, les maquis de l’UPC seront réduits par la force. Avec une priorité, même si ce n’est écrit nulle part, l’élimination physique de Ruben Um Nyobé…

Figure : Luc Ayang, le prix de la discrétion

Connu ou pas, Ayang Luc semble avoir compris et intégré le vieux proverbe africain, qui dit que celui qui veut vivre longtemps vit caché. La preuve, grâce à sa discrétion, il est parmi les personnalités protocolaires de l’Etat, celui qui est resté le plus longtemps possible à son poste, sans faire les efforts réguliers de se faire réélire, comme c’est le cas pour la présidence de la république ou les chambres du Parlement. De quoi se dire que l’efficacité tient aussi de la discrétion. A 75 ans, Ayang Luc tend encore à la prouver.

Gouvernance : 6 avril 84, le jour où la moralisation a pris un coup

Ahidjo lui-même, absent du pays sera condamné par contumace. Il était passé de l’illustre prédécesseur à sinistre prédécesseur, banni et vomi. Depuis cette année-là, la protection et la conservation du pouvoir seraient devenues l’une des priorités du régime du Renouveau. Le pouvoir que Paul Biya avait failli perdre 79 jours seulement après sa première élection, il a pu le conserver pendant 40 ans déjà, tout en rappelant à qui veut l’entendre, que « ne dure pas au pouvoir qui veut, mais qui peut »

Assemblée nationale : les « honorables » absentéistes

Quand le président de l’Assemblée nationale faisait valider ce règlement intérieur, il n’avait peut-être pas conscience qu’il ouvrait ainsi une brèche dans laquelle les députés ne tarderont pas à s’engouffrer pour vider la salle des travaux, en plénière comme en commission, tout en gardant leurs avantages intacts. Les faits lui ont donné tort avec le temps, surtout que dans l’intervalle, le sentiment d’inutilité est allé grandissant chez ces élus du peuple, dont certains sont arrivés enthousiastes, avec l’envie de bousculer les lignes. Ils se sont très vite rendu compte qu’ils avaient affaire à un mammouth qu’il était impossible de bouger, et donc il ne leur restait plus qu’à exploiter les failles des textes pour être le plus absent possible. Après tout, les indemnités ne souffrent de rien, et il n’est pas possible qu’on leur fasse ce qu’on ne fait qu’aux enseignants.

Gouvernement : la machine est-elle grippée?

Tous ces scandales aurait été suffisant pour provoquer la démission d’un Premier ministre et de tout son gouvernement, ce qui aurait logiquement entrainé le remaniement, qui se fait attendre. Une attente qui laisse penser à une machine gouvernementale grippée, et qui donne lieu à autant de rumeurs sur le changement des pièces.

Afrique : les raisons du réveil

Le Mali est de retour, plus fort que jamais. La Cour de justice de l’Uemoa a ordonné la suspension des sanctions économiques imposées au Mali, Assimi Goïta vient d’être invité à participer à un sommet extraordinaire de la Cedeao au Ghana. Ça a changé. Pourquoi? Parce que celui qui commandite la destruction du Mali ne sait pas quelle sera la prochaine action d’Assimi. Et si le Mali annonçait sa monnaie? Quittait la Cedeao? La France pourrait-elle survivre à ça? Elle qui a besoin de nous pour financer son train de vie et payer ses dettes? Bientôt, l’usine de production de la monnaie située à Chamalières en France sera mise au rebut. Cette monnaie dont la France inonde nos économies pour nous asservir, il nous faut l’attaquer par tous les moyens dont nous disposons. C’est ce que font les Russes et les Chinois qui viennent d’ouvrir un nouveau front. A nous de nous y engouffrer… » Et Alain Foka de dire à la jeunesse « Le monde vous appartient et le ciel seul est la limite. Faites de ce siècle celui du réveil de l’Afrique, afin que dans les prochains, on puisse parler de l’ère africaine, vous en êtes capables ! »

Figure : Emile Bassek Ba Kobhio, le cinéma au cœur de l’Afrique

A 68 ans, Bassek Ba Kobhio continue de penser que le cinéma pourra permettre à l’Afrique de se repenser, même s’il reste un brin de scepticisme quant à l’avenir. Il y a 4 ans, en juillet 2017 à l’ouverture de la 21eme édition des Ecrans noirs, il disait aux journalistes de TV5 Monde : « On a une certaine fierté d’avoir tenu tout ce temps, on se pose des questions sur l’avenir, vous vous demandez si ça tiendra toujours, si ça tiendra sans vous. »

Corruption : fabriquée à l’école

« Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre; et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas. » lit-on dans Proverbes chapitre 22 verset 6, et il est connu que les enfants copient plus qu’ils n’obéissent, y ajouté le fait qu’ils sont plus tentés de copier les contre-valeurs que les modèles. Quand dès l’école – et les jeux ne sont qu’une illustration parmi tant d’autres- on apprend à l’enfant qu’il faut tricher pour réussir, que le succès ne se trouve qu’au bout des magouilles et des trafics, quelle société prépare-t-on pour l’avenir ? Bien sûr une société de contre valeurs, d’après le principe naturel selon lequel on ne peut pas planter un kolatier et s’attendre à récolter des mangues

Budget 2022 : les dettes sociales oubliées

Dans le fond, le Cameroun est aujourd’hui comme un père de famille, qui occupé à se battre pour payer des lourdes dettes, sans forcément être de mauvaise foi, oublie au passage que les enfants à la maison n’ont pas mangé. Mais comment on en arrive là ?

Crises sociales : faut-il abolir tout le système?

Le président de la république va-t-il signer par exemple le décret d’application de l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens et avoirs des dirigeants, afin d’endiguer cette course à l’enrichissement promotrice des niches de corruption à tous les niveaux des administrations, va-t-il dissoudre l’Assemblée nationale et le Sénat pour permettre qu’il y ait un souffle nouveau, va-t-il faire une purge du gouvernement actuel, ou va-t-il remettre toute la loi fondamentale sur la table pour qu’elle subisse des modifications sans intérêts personnels, comme ce fut le cas pour Lincoln avec le 13ème amendement de la Constitution des Etats Unis ?

Media : pour ou contre la société ?

L’une des vielles missions des médias, c’est de faire la veille de la cité, voir le danger qui arrive de loin et prévenir. Et si un matin la cité se réveille complètement rongée par une gangrène, on peut logiquement se poser la question de savoir pourquoi les médias ne l’ont pas vue venir. Et même quand elle est déjà là, les média aident-il à la justifier ou à la soigner ?

Figure : Jean Paul Pougala, militant de l’indépendance alimentaire

En utilisant moins de la moitié des terres africaines, la Chine parvient à nourrir convenablement 1,3 milliards d’habitants et de fournir l’Europe en divers produits alimentaires comme le soja, la tomate etc. Pour lui, l’Afrique a besoin de détruire tous les champs de cacao et de café qui ont la fâcheuse caractéristique de ne rien laisser pousser en dessous, pour mener sa propre révolution agricole en cultivant ce qu’elle peut contrôler et ce qui peut lui donner une récolte tous les trois mois, et non 12 comme pour le Café et le cacao. »

Gestion publique : 29 ans d’attente du Sigipes

Près de 8 milliards s’étaient ainsi envolés, et on ne sait non plus de qu’est devenu le consortium Cameroun Audit Conseil-CBL Consulting. Le marché a été re attribué aux tunisiens pour 4 milliards 200 millions supplémentaires, avec un autre délai de 24 mois, soit jusqu’en mai 2023. On sera ainsi à 29 ans que le Cameroun court derrière un logiciel de gestion du personnel de l’Etat, et 11 milliards 800 millions de francs cfa dépensés ! Si jamais ce délai est respecté, il y aura alors, mais alors seulement à ce moment-là espoir que le traitement des dossiers des fonctionnaires se fasse avec célérité, si tant est que le gouvernement compte sur ce logiciel. En attendant, les promesses du ministre de la Fonction publique aux élèves professeurs risquent d’être des promesses. Sans compter qu’elles s’adressent à des personnes qui n’ont encore rien demandé, alors que les mécontents… attendent toujours.

Assemblée nationale : l’Union pour le statut quo

A moins que les membres de cette coalition ne rendent publics les accords paraphés de tous et répartissant entre eux les postes qui reviennent de droit à un groupe parlementaire. Autrement, l’Union pour le changement du 11 mars 2022 ressemble à tout point de vue à un braquage qui a mal tourné au moment du partage du butin. Les députés dit de l’opposition, dont certains se réclament même être de proposition, voulaient une fois de plus se payer des avantages sur la tête du peuple, en prenant soin, comme tous les hommes politiques, de préciser dans leur déclaration qu’ils avaient à cœur de défendre les intérêts du peuple. Les députés du parti au pouvoir au moins fonctionnent à visage découvert, ils ont la majorité parlementaire pour mieux protéger un gouvernement qui a réussi l’exploit de transformer le pays en poudrière en attente, avec les préavis de grève désormais au mètre carré. Ceux dit de l’opposition veulent hélas laisser croire qu’ils font autrement, mais cette hypocrisie politique ne sert pas le peuple

Grogne des enseignants : Nalova entre devoir et loyauté

Elle en est consciente, mais oserait-elle faire son devoir jusqu’au bout, en rendant son tablier pour témoigner de sa totale sympathie pour la cause des enseignants qui la regardent, avec une chance de décrisper l’atmosphère, ou va-t-elle malgré tout rester fidèle à celui à qui elle doit son ascension sociale, au risque de rentrer dans le même registre de l’hypocrisie politique ? Entre devoir et loyauté du ministre Nalova, se joue également le sort du mouvement « On a trop supporté » et l’opération « craie morte »,

Grogne des enseignants : la logique du pourrissement ?

A chaque fois ils ont du se calmer après des réunions comme celles qui sont convoquées dans divers ministères depuis le début de l’opération « craie morte », réunions au cours desquelles les promesses ont toujours été faites, après avoir flatté leurs égos avec les expressions comme « vos revendications sont légitimes », « le gouvernement va prendre des mesures ». Une fois rentrés dans les classes, les dossiers étaient tout de suite remis dans les tiroirs-cimetières des bureaux ministériels, et priorité donné à autre chose

Figure : Thaddée Nya Nana, victime du leadership politique

Thaddée Nya Nana, réputé être une forte tête, qui en plus s’opposait ouvertement à Samuel Kame, était vite rangé dans le même registre que les Victor Kanga ou Jean Mbouendé, qui malgré leur appartenance au pouvoir, était soupçonnés d’être de mèche avec les nationalistes, c’est pourquoi dès que l’occasion se présentait le système en profitaient pour s’en débarrasser, et parfois les méthodes était aussi radicales que la pendaison. Ce fut le cas de Thaddée Nya Nana le 19 novembre 1965, alors qu’il avait 44 ans, pendu avec un présumé complice du nom de Yitna. Une autre victime de ses convictions.

Consommateurs : ces droits inconnus

Dans nos villes, il y a des bailleurs qui ont construit des maisons qui ne respectent déjà aucune règle en matière d’habitat, avec des pièces exiguës, sans toilettes, dans des endroit où ils ne peuvent pas eux-mêmes arriver à cause des marécages ou des pistes impraticables sur les flancs des collines, qui logent dans le même bâtiment des privés qui ont besoin de tranquillité, des soudeurs métalliques dont les machines font du bruit à longueur de journée et des tenancier des bars qui produisent un vacarme indescriptible tous les soirs. Pour bien montrer que l’argent seul les intéresse, ils demandent aux locataires de se débrouiller pour avoir de l’eau ou de l’électricité, refusant de dépenser de l’argent pour faire des adductions principales ou des branchements mère. Tout ceci est fait en totale violation des droits des consommateurs que sont les locataires.

Accès à l’eau : quand la notion du service public n’y est plus

Il n’est pas exclu que les robinets constamment à sec au Cameroun soit la conséquence de pareilles pratiques, de l’entretien des goulots d’étranglements dans divers services de la structure en charge de la distribution de l’eau. La semaine de l’eau qui commence devrait donner l’occasion à tous de faire une introspection, se rappeler que l’eau est un service public et que le patriotisme devrait guider toute attitude. Les travailleurs de l’eau devraient, dans chaque acte, se poser la question essentielle : est-ce que cela permet à la petite fille de Guidiguis, de voir de l’eau couler au robinet ? Tous ont droit à la vie, et l’eau, c’est la vie.

Grogne des enseignants : ces gouvernants qui ne sont pas concernés

Dans le fond, le problème que posent les enseignants n’est que la face cachée de l’image de l’enseignement publique au Cameroun, que personne ne veut voir depuis longtemps, à travers la décrépitude et l’état de délabrement avancé dans lequel se trouvent les infrastructures. Les bâtiments vétustes et non entretenus, les toilettes qui n’ont rien à envier à celles des prisons du Cameroun, les laboratoires, les ateliers, les salles de classe surpeuplées, le lycée est devenu un endroit où il ne faut pas être. Conséquence, les parents, quand ils ont le choix, n’hésitent pas à aller au privé, le public étant devenu pour le laisser pour compte.

Gestion de l’Etat : le gouvernement en vacance ?

Que le chef de l’Etat soit chaque fois appelé physiquement ou via les « hautes instructions », et plus par « hautes instructions » que physiquement à jouer le sapeur-pompier pour éteindre un feu que les ministres et fonctionnaires payés sur les fonds publics allument méthodiquement dans tous les secteurs, est une preuve de l’existence de ce que le Professeur Charlemagne Messanga Nyamding appelle le coup d’état scientifique

Figure : Ebénézer Njoh-Mouelle, De la médiocrité à l’Excellence

Il faut que la richesse remplace la pauvreté pour voir surgir d’autres comportements. Les gens s’offriront des banquets eux-mêmes; ils en auront les moyens, cesseront de guetter les occasions que fournissent les élections, les obsèques et autres funérailles, par exemple. Lorsqu’au Cameroun nous aurons accédé à cette étape du développement, il ne sera pas rare de voir des gens s’offusquer des cadeaux de toutes sortes, que des élus ou des candidats aux élections se hasarderaient à leur offrir… »

Enseignement : les victimes de l’Etat se multiplient

Il est évident à la lecture, que les enseignants subissent une torture fondée sur la discrimination de leur corps de métier, qui ne bénéficie pas du même traitement que les autres corps. L’alinéa 1 de cet article précise qu’ « est puni de l’emprisonnement à vie celui qui, par la torture, cause involontairement la mort d’autrui. » L’Etat ne doit plus seulement satisfaire les revendications des enseignants, les auteurs de cette torture devront être retrouvés et punis, de même que des dommages devraient être réparés. Avocats et magistrats ont le devoir de redonner confiance aux acteurs de l’enseignement au Cameroun, la justice devrait désormais s’intéresser à ce qui arrive à ce corps et tenter de sauver… ce qui peut encore l’être

Jif 2022 : l’enseignante, condensée des droits violés de la femme

Et pour cela, vaut mieux rester une femme. Et jouer de ses qualités de femmes sans tenter de singer l’homme qui lui-même à maille à partir avec les défis sociaux de notre temps auxquels il est confronté. Ne dit-on pas que la femme est l’avenir de l’homme? » Et pour parvenir à relever ces défis, la femme, disons la femme enseignante puisqu’elle symbolise dans ce contexte la lutte, doit déjà bénéficier de l’Etat qui l’emploi, du minimum de considération, d’un traitement non dégradant et inhumain, comme l’indique la Constitution

Communautés : quand les appétits politiques sont sources de conflits

En dehors de l’intégration des bureaux de vote de ce groupement dans l’arrondissement de Dschang, aucune réalisation dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des populations n’a été faite pendant ce temps. En attendant que le litige soit finalement réglé avec clairvoyance, il reste à constater qu’au Cameroun, on est prêt à dresser des communautés contres elles-mêmes, juste pour assouvir des ambitions politiques

Opération craie morte : l’Etat contre lui-même

Au Cameroun, comme revendiquer un droit est synonyme d’être contre le gouvernement, ou pire, contre le Chef de l’Etat, il est alors rappelé à ces responsables que leurs nominations tient de la magnanimité du chef de l’Etat ou de son ministre, qu’il faudrait donc soutenir dans des moments difficiles comme ceux-ci. Pour se plier à cette allégeance, les responsables nommés s’adonnent alors à des actes d’intimidation des enseignants, proférant des menaces, relevant les noms des enseignants grévistes

Figure : Hubert Mono Ndjana et la théorie de l’écartement de la norme

« Pour moi, il est normal que les gens continuent à faire ce qu’ils considèrent comme normal. D’après ma théorie de l’écart et de la norme, notre société se caractérise par le fait d’avoir écarté la norme et d’avoir normalisé l’écart. Il s’agit bien d’un fait, et non d’une idée imaginaire. C’est pour avoir normalisé l’écart que les comportements d’écart n’étonnent plus personne. C’est de s’arrêter de détourner les fonds qui serait, au contraire, étonnant…Si le Tribunal Criminel Spécial élargit tranquillement tous ceux qui remboursent quelque chose après avoir volé, comment nous, enseignants, allons-nous encore enseigner le principe et le sens même de la faute en tant que telle ? Comment pourrons-nous continuer à enseigner l’impératif catégorique ? A la maison même : comment punir encore un enfant qui a remboursé le bonbon volé ?

Mal être social : la caution de l’Etat ?

L’administration ou le gouvernement que représente le préfet, devrait se rendre à l’évidence que la fourniture en énergie électrique au Cameroun est loin d’être satisfaisante, et anticiper sur les vraies solutions. C’est l’absence de l’électricité qui peut être cause de la révolte des populations, et non le fait de le dénoncer. S’il y avait de l’électricité il n’y aurait rien à dénoncer, et le préfet n’aurait pas à soupçonner l’excitation à la révolte. Tout laisse d’ailleurs penser que ce sont ceux qui ne font rien pour une solution définitive à un problème connu, qui sont ceux-là qui excitent à la révolte.

Grogne des enseignants : le déni à peine voilé du gouvernement

Et c’est parce des soupçons de collusion avec le pouvoir pèsent sur eux que le mouvement a décidé de faire sans eux. Le gouvernement qui en est conscient les a pourtant appelé à table, évitant les vraies interlocuteurs qui pour lui n’existent pas, parce ce qu’il ne lui a pas délivré un document officiel. On a connu la même situation au début de la crise anglophone, quand un Consortium s’était formé pour porter les revendications. Une première réunion avaient été tenue avec le gouvernement, avant que ce dernier se rétracte et méconnaisse l’existence du Consortium qui pour lui aussi n’existait pas légalement. 6 ans après, il n’a toujours pas trouvé d’interlocuteur

Grogne des enseignements : l’illusoire du gouvernement

Caressant de l’espoir, il va désormais abandonner son élevage et son agriculture qui lui permettaient de survivre pour se lancer dans ce calvaire décrit par une autre enseignante du lycée classique de Foumban dans un voice « tu achètes ton argent.” Cet arrêté risque d’être pour Hamidou ce qu’est le mandat entre les mains d’Ibrahim Dieng, personnage du livre Le Mandat de Sembène Ousmane, c’est-à-dire une lueur d’espoir… qui s’avère être le début d’un calvaire.

Guerre en Ukraine : jeux des espions

On est en plein dans un jeu de dupes, ou jeux d’espions. Qui regarderait un ennemi venir louer chez le voisin et dormir tranquille, se justifie Poutine, qui aurait vu le jeu auquel se livre les Occidentaux, a pris ses responsabilités et ne compte pas surtout s’arrêter là. Dans le film jeux d’espions, Sacha Spanenko laisse une lettre à Lisa dans laquelle elle lui demande de se rappeler que « quand on vit parmi les loups, il faut se comporter comme un loup

Figure : Tiam Jean marie, l’artiste qui ravissait la vedette au chef de l’Etat

Foty est décédé en 2011 à Douala, Tim lui est entre l’Occident et Bafoussam, où il essaie non sans difficultés, de former la jeunesse à la vraie musique, avec des équipements de pointe sur lesquels il a investi. Les politiques culturelles tant au niveau central que local n’y sont malheureusement pas favorables, regrette l’artiste. Une autre note amère qui le désole, c’est qu’il a reçu une lettre de reconnaissance depuis 2017 des mains du ministre de la culture, laquelle devait être accompagnée d’une enveloppe, qu’il attend toujours, 5 ans après…

Souveraineté alimentaire: le Cameroun est-il condamné à dépendre de l’extérieur pour se nourrir?

Le militant du monde rural avait pu démontrer que plus de 60 % d’une aide de plus d’un milliard, promise en 2008 à des paysans pour cultiver le maïs, avait fini dans les poches de caciques du ministère de l’Agriculture. Il avait découvert que 49 des 60 tracteurs offerts par la coopération indienne en 2007 trônaient dans des arrière-cours d’élus de haut rang, 32 tracteurs avaient été «offerts» à des ministres, 17 à des députés ou des responsables de l’administration et de l’armée. Ce sont les répercussions de toutes ces malversations qui retombent sur la filière avicole en 2022. Et Louis Marie Kakdeu de se demander si le plan des lobbies serait-il de tuer la production nationale pour justifier la ré-autorisation des importations massives des découpes de poulets congelés ? Si la réponse n’est pas encore affirmative, elle est loin d’être définitive.

Enseignement : victime du système

Les élèves professeurs passent entre 3 ans et 5 ans dans les écoles. Qu’est ce qui empêche que pendant ce temps des dispositions budgétaires soient prises pour qu’ils soient immédiatement pris en charge à la sortie et se mettent à l’abri du besoin ?

Enseignement : le mal aimé

Devrait-on encore disserter sur la nécessité d’une bonne qualité d’éducation pour les Camerounais, devrait-on encore débattre sur le fait qu’une éducation de qualité est le corollaire d’un personnel de qualité, travaillant dans des conditions décentes, à l’abri du besoin et n’ayant pas à se disperser dans des activités parallèles pour arrondir les fins de mois ? Le gouvernement ne maintiendrait-il pas à dessein l’éducation de la jeunesse camerounaise dans la médiocrité, avec un traitement approximatif de l’enseignant, alors que pendant ce temps sa progéniture est envoyée ailleurs fréquenter ? quelle sera la société camerounaise de demain, quand l’éducateur est clochardisé ?

Afrique-France : le point de rupture et le temps des décomptes

De 1914-1918, lors de la Première guerre mondiale, ce sont environ 200 000 « Sénégalais » de l’AOF qui se battent sous le drapeau français, dont plus de 135 000 en Europe. Environ 15 % d’entre eux, soit 30 000 soldats, y ont trouvé la mort et beaucoup sont revenus blessés ou invalides. » Plus grave, à côté de wikipédia, d’autres archives et articles de presse, font état de ce que le 1er décembre 1944, des tirailleurs africains, tout juste rentrés au Sénégal après avoir combattu et libéré la France annexée par l’Allemagne nazi , réclament leur solde au camp militaire de Thiaroye, près de Dakar, où ils avaient été casés, en attendant que chacun rentre dans son pays. Leurs frères d’armes français répriment la manifestation dans le sang, et la France reconnaît la mort de 35 soldats… il y aurait en fait des centaines de victimes. Pendant ce temps, leurs camarades blancs étaient bien traités en France. Jean Yves Le Drian a donné le ton en évoquant les 53 soldats français morts pour la libération du Mali. Il faudra qu’on ouvre tous les tiroirs pour faire les décomptes.

Figure : Christian Tobie –Kuoh et les témoignages de l’histoire

« Quand on a un budget qui dépend en grande partie de l’aide étrangère, on ne joue pas à l’important, on ne fait pas le difficile, on n’a pas de ces exigences, assène le directeur. Le Cameroun ne survit que par la générosité de la France, le travail des Français qui sont ici ; si nous partons, si la France cessait son aide, votre pays retomberait dans le chaos, le cannibalisme s’installerait
partout »

Université : le noyautage politique

Les universités de Harvard, Massachusetts et autres grandes écoles de renom dans le monde n’ont pas connu des manifestations de rue et des meetings de remerciements à leur création, leur mise sur pied et leur structuration ont été faites sur la base des compétences scientifiques et académiques prouvées. Le Cameroun de demain devrait se construire avec une jeunesse forgée au culte de l’excellence, mais pas moulée dans le folklore des marches de soutien

Chefferie ses traditionnelles : Les états dans l’Etat

Au-delà de la sanction inhérente au dernier cas d’homicide, il est grand temps que l’administration, tout en ménageant comme elle peut ses relations avec les chefs traditionnelles, puissent leur rappeler fermement que les chefferies ne sont pas les centre de rééducation, et qu’aucune autorité traditionnelle n’a le droit de vie et de mort sur un être humain.

Jeunesse : Paul Biya et l’emploi jeune

La jeunesse a besoin du travail, et pas de l’emploi. Beaucoup de jeunes camerounais, peut-être même un peu plus que le chiffre avancé dans les discours, sont employés, mais très peu travaillent. Travailler dans le sens défini par l’Organisation international du travail, pour laquelle cette notion résume les aspirations de tout travailleur à exercer un travail productif et convenablement rémunéré, assorti de conditions de sécurité sur le lieu de travail et d’une protection sociale pour sa famille.

Figure : Jean Mbouendé, le maire martyr nationaliste de Bafang

Le 15 Mai 1959, l’Administration coloniale réquisitionne huit camions remplis de militaires pour abattre près de 11 000 plants de café de sa plantation, convaincu qu’il se trouvait parmi ces plants. Ses épouses sont arrêtées et expédiées dans un camp de concentration à Maroua Salack pendant sept mois après. Pour la petite histoire, la ville de Kékem est créée parce qu’on cherche Jean Mbouendé

Whisky en sachet : le mal toléré

Cette dernière caractéristique serait d’ailleurs ce qui fait son charme et sa popularité au sein de la classe jeune. Quand on la consomme on devient justement nerveux, au sens camerounais du terme, avec ses synonymes comme avoir du sang à l’œil, ne pas donner le lait et autres, des expressions bien connues dans les milieux redoutés

Agriculture : la subvention des cultures coloniales

Avant Mongo Beti, cet esclavage avait été dénoncé deux siècles plus tôt par Voltaire dans Candide ou le Nègre de Surinam publié en 1759, quand dans un champs de canne à sucre quelque part dans les Antilles, un vieux repus et assommé par la souffrance, répondait au visiteur qui se demandait comment il était parvenu à cet état et continuait à travailler : « c’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe » Les Camerounais ne peuvent continuer à se tuer dans les champs pour enrichir les chocolatiers en occident, alors qu’il manque toujours du blé pour faire la farine de pain, ou du mais pour faire l’élevage

Can 2021 : exit la fête, retour à la réalité

la Can est finie mais la vie continue, toujours plus exigeante que jamais, et il n’est pas question pour les gouvernants de se dire qu’ils peuvent maintenant se reposer, au contraire, ils devraient maintenir le rythme tout en s’améliorant. Car en fin de compte, s’il est bien de faire le ménage pour accueillir l’étranger, il est encore mieux de s’assurer que la maison reste propre après son départ.

Alternance : l’Afrique et l’ « ordre constitutionnel »

Des modifications de la constitution, avec pour seul objectif la pérennisation au pouvoir ont été enregistrés au Cameroun en 2008, au Togo en 2019, ou encore au Tchad en 2020 pour ne citer que ces cas. Et dans tous ces cas et bien d’autres, aucun retour à l’ »ordre constitutionnel » n’a été exigé. Réflexion par l’absurde : entre un militaire qui met aux arrêts le président de la république, sans effusion de sang et prend le pouvoir qu’il propose de céder dans 5 ans, et un président déjà au pouvoir depuis 10, 20 voire 30 ans, qui modifie la Constitution et réprime dans le sang les manifestations, fraude ensuite les élections pour se maintenir au pouvoir, qui roule pour le peuple, si la finalité d’un gouvernement c’est la préservation du bien-être des populations ? Qui est le putschiste ?

Figure : Martin Singap, l’aile radicale du nationalisme

Ainsi disparaît tragiquement, alors qu’il n’a pas 30 ans, l’un des principaux acteurs de la « résistance kamerunaise » depuis 1957. Et ses ennemis ne peuvent que s’en féliciter. Eux qui, tenus en échec malgré leurs galons et leurs décorations, louaient depuis des années, dans leurs rapports secrets, sa « bravoure », sa « valeur militaire » et son impressionnant « sens de la stratégie ». Les autorités franco-camerounaises, n’ayant appris qu’à posteriori la mort de Singap, n’ont pas eu l’opportunité d’exploiter politiquement cette victoire. « Nous avons perdu le bénéfice de l’effet psychologique que cette mort aurait pu avoir sur la population si le cadavre avait été exposé comme celui de Momo Paul au grand public », déplore en octobre 1961 l’inspecteur général de l’administration pour l’Ouest Enoch Kwayeb.* Un autre héros de l’histoire dont le pouvoir souhaitait utiliser la mort comme arme psychologique contre le peuple.

Décentralisation : les Régions, un gouffre supplémentaire

La question de fond serait celle de savoir si la mise sur pied des Conseil régionaux avait besoin de 3 milliards de francs cfa, au Cameroun où rares sont les régions reliées à leurs département par des routes bitumées, si elles ne profitent pas du passage des routes nationales. Une question qui remet au goût du jour le vieux débat des priorités du budget au Cameroun, toujours consacré à la consommation au détriment de l’investissement. On se serait attendu que les Conseils régionaux, dont la principale mission est de sortir les localités du sous-développement, s’éloignent de cette pratique avec le peu qui serait mis à leur disposition pour un début, mais s’ils ne le font pas ils sont moins à plaindre. On ne peut accuser celui qui s’est noyé d’avoir bu de l’eau, et comme il est souvent dit, la chèvre broute…là où elle est attachée. Même si c’est au même endroit que le serpent vient la mordre.

Jeunesse : exposée aux mauvais exemples

Montrez leur qu’au lieu de s’appliquer aux études pour devenir entrepreneur demain, elle peut s’adonner à des vulgarités dans les réseaux sociaux et bénéficier de l’attention de l’Etat qui paye des billets d’avion et le séjour dans les hôtels huppés, c’est cela qu’elle retiendra. Montrez-leur qu’un serviteur de l’Etat peut faire son travail dignement, ne pas confondre les caisses de l’Etat avec ses revenus, c’est cela aussi qu’elle retiendra. Ne leur dites plus « faites ce que je dis, pas ce que je fais », car elle fera exactement le contraire, c’est-à-dire ce que vous faites, et non pas ce que vous dites. « Prêcher par l’exemple » est un dicton aussi vieux que le monde

Grandes infrastructures : la Can comme elle va

La prompte réaction du gouvernement quant à la suspension du stade Olembé, sous la pression de la Caf, laisse croire que s’il y avait derrière le Cameroun une institution internationale qui suspendait l’usage de certaines infrastructures pour exiger enquêtes, réparations et mesures drastiques, bien des choses devraient être améliorées dans ce pays.

Transition en Afrique : Coups d’Etat ou reprise en main

Mais le message est clair. Les Africains exigent désormais un changement de système à la tête des Etats, pas une alternance ou un simple changement d’hommes. Plus d’un demi-siècle de pseudo indépendance a suffisamment cristallisé les frustrations, en même temps que les nouvelles générations se réveillaient et comprenaient que les Etats n’avaient rien de souverains, que la longue et durable amitié proclamée avec les puissances coloniales, cachaient mal une main mise sur les politiques et les économies locales.
Il ne sera pas facile d’être président en Afrique dans les années à venir…

Figure : Raphael Fotsing, le combat dans l’ombre

. Certes, les techniques d’implantation de la peur dans le subconscient avaient été si bien faites qu’elles résistent encore aujourd’hui, à travers des expressions comme « celui qui vend les œufs ne cherche pas la palabre”. “ Mais les générations actuelles et à venir ont plus que jamais l’obligation de réveiller la mémoire des Raphaël Fotsing et Gabriel Tabeu, tous deux assassinés le même 15 janvier 1971, à la droite et à la gauche d’Ernest Ouandié.

Can 2021 : Stade Olembe, l’humiliation de trop

Deux ou trois matches intenses à ‘avance, avec du public nombreux, auraient permis de déceler les défaillances, du reste humaines, auxquelles des correctifs auraient été apportés, qu’on aurait évité le pire survenu en pleine compétition, avec à la clé une énième humiliation : à peine ouvert le Stade Olembé est suspendu.

Can 2021 : de la fête et du sang

Sur la terre, au milieu des humains, ils enverront des émissaires sur les lieux, ils ouvriront des enquêtes, ils feront des déclarations, même des promesses. Mais rien de tout cela ne ramènera à la vie. Mandela, Louis Bruno, Marie Louise, et les autres, vous êtes partis.

Cameroun : l’Etat défaillant

la défaillance se fait lorsque « en tant que centre d’impulsion et de décision, l’État est paralysé et inopérant ; en tant que symbole d’identité, il ne représente plus grand-chose aux yeux de sa population ; en tant que territoire, il n’est plus sécurisé ; en tant qu’organisation politique, il a perdu sa légitimité ; et en tant qu’organisation socio-économique, ses biens sont détruits et il n’a plus le soutien de sa population, qui par ailleurs n’attend plus rien de lui.

Mali : l’Afrique contre elle-même

Se voyant perdre la main sur ce pays que des jeunes militaires expriment le désir de l’émanciper, l’ancien maître aurait-il décidé de s’appuyer sur ses anciennes colonies voisines du Mali pour le punir ? Si c’était le cas, ces derniers n’ont-ils pas compris qu’en facilitant l’incendie de la maison du voisin, son propre domicile était menacé ?

Figure : Foe, le Lion mort au combat

Pendant ce temps qu’est devenue sa mémoire dans son propre pays. Il avait 28 ans quand il mourut, et avait entamé le projet d’un complexe sportif à Nkomo. Des années plus tard, les reportages des médias le décrivaient comme étant en ruine. Un complexe qui aurait dut être réhabilité et servir de site d’entraînement des lions ou d’autres équipes africaines au cours de cette 33ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations organisée sur ses terres, le Cameroun aurait également pu lui dédier cette compétition qu’il accueille après le passage de tant de générations de lions indomptables, que cela ne serait que juste retour… d’ascenseur

Can 2021 : les lois mises à mal

En règle générale, les lois et règlements sont mis entre parenthèses en temps de guerre ou de catastrophe naturelle. A moins que la Can 2021 ne soit assimilée à une guerre qu’il faut à tout prix gagner, ou à une catastrophe de laquelle il faut se sauver, on ne peut comprendre que les lois et règlements soient aussi allègrement piétinés, les engagements non respectés. La république doit continuer après la compétition, et il faut éviter que certaines pratiques rendues normales au cours de son déroulement, ne fassent cas d’école par la suite.

Can 2021 : du pain et du jeu pour les élèves

Les élèves du privé vont-ils continuer les classes pendant que leurs camarades du public prennent une « part active » au jeu, ou bien par soumission à l’autorité étatique, les promoteurs du privé vont-ils fermer les portes à 13h pour s’aligner? Mais toutes ces questions ne participent que du jeu du chien et du caravanier, les aboiements du premier ne changent rien au mouvement du dernier. Pour la Can 2021, le choix est déjà fait pour les enfants : ce sera du pain et du jeu

Devoir de mémoire : Remember Ouandie

A ce jour, bien de Camerounais, parents proches ou lointains de tous ces hommes tombés sur le champ de la bataille pour la liberté véritable, ont le sentiment d’être exclus, et affirment encore que c’est lourd de porter leur nom. Dans la logique de cette reconstruction de la nation, Basile Louka, universitaire, ancien Secrétaire général de l’UPC, ancien détenu politique, soutient dans le même journal : « Toute nation est mémoire et projet, l’éducation au patriotisme a besoin de modèles, Ouandié Ernest en est un, un symbole fort de la réconciliation du Cameroun avec lui-même.» Dans un contexte de désagrégation totale et de la monté du discours tribal, aucun matériau n’est à négliger dans la pose d’une solide fondation, pour une nation forte, au-delà des individus

Can 2021: l’autre visage de la colonisation

Bien entendu, le projet de Khadafi, était à terme que le ciel africain soit couvert par la télévision africaine. Le combat était déjà bien avancée, mais depuis son assassinat le 20 octobre 2011 à Syrte, l’offensive des groupes médiatiques occidentaux ont repris de plus belle en Afrique, et avec la bénédiction des dirigeants, ils ont inondé les ménages des plus bas-fonds du continent. 11 ans après la mort de Kadhafi, l’Afrique doit encore dépendre des médias occidentaux, pour regarder les matches de la coupe d’Afrique !

Figure : Samuel Mbappe Leppe, au-delà de l’image

Dans tous les cas de figure, les noms des légendes devraient être protégés, matériellement et financièrement, pour donner envie aux autres, d’être des légendes. Et au-delà, les autorités qui célèbrent les héros devrait aussi se regarder à travers le monument par exemple, et se poser la question : est-ce que moi aussi, je suis un Mbappé Leppé dans mon domaine ?, car perpétuer les qualités d’un héros, c’est aussi la meilleure manière, de lui rendre hommage

Can 2021: l’introuvable spectateur

Face à cette situation le citoyen lamda fait un calcul simple. S’il est passionné par le match ou est fan d’un joueur qui évolue au moment m, les 3000 francs lui permettront de s’asseoir dans un snack tranquille avec de la compagnie en plus, se faire servir deux boissons et des grillades, regarder le même match à la télévision dans un confort qu’il n’aurait pas eu au stade, et sans la contrainte de test Pcr ou de vaccin anti covid.

Can 2021 : les exigences de développement

Dans un communiqué du 30 décembre 2021, le maire de la ville de Douala regrettait que sur les 34 carrefours à feu installés dans la ville, 15 sont en arrêt du fait des actes de vandalisme et de vol sur les armoires des commandes qui sont très souvent remplacés mais subissent aussitôt la récidive. Il en est ainsi des gardes fous érigés un peu partout dans la ville aux abords des carrefours et des marchés pour délimiter les zones piétonnes, qui sont vandalisés au quotidien ou transformés en comptoir d’exposition des marchandises.

Can 2021 : le retard qui valait la peine

ue les Lions indomptables remportent cette compétition ou pas, le Cameroun en sortira grandi, l’Afrique en sortira grandie. Et ce ne sera pas grâce à la détermination du gouvernement comme ils le diront, ce sera grâce à la hargne des critiques, journalistes, hommes politique, société civile, simples citoyens, qui n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme, qui ont refusé l’appel soit disant patriotique des membres du gouvernement et de certains militants du parti au pouvoir, appel selon lequel il fallait se taire face aux insuffisances de préparation pour ne pas salir l’image du pays.

Développement : les Africains contre l’Afrique

J’avais l’habitude de critiquer les entreprises africaines indigènes comme le groupe Dangoté, qui embauchent tant d’Indiens alors qu’il y a beaucoup d’Africains au chômage, mais maintenant, je comprends leur douloureuse décision. Mon plus grand défi dans le commerce est le même : obtenir un personnel honnête.

Figure : Marcien Towa et la pensée libre

Pour lui, l’urgence est pour l’Afrique, de « mettre sur pied une unité politique aux dimensions de notre temps » laquelle réalisera « notre projet : une Afrique libre dans un monde libéré. » Marcien Towa a essayé toute sa vie d’expliquer à l’homme en général et à l’homme noir en particulier, que personne n’est supérieur lui, et que la colonisation n’est pas une fatalité ou le seul moyen par lequel il pouvait sortir de l’obscurité, comme l’ont fait croire les impérialistes. Il n’était plus seulement philosophe, il s’était appuyé sur la philosophie pour mener à sa manière le combat pour la libération de l’Africain.

Crise anglophone : Dion Nguté, le sapeur pompé

Alors qu’en 7 jours l’armée camerounaise avait perdu 21 éléments des forces de défense et de sécurité, dont 15 le 16 septembre dans une attaque perpétrée par un lance-roquette à Bamessing, Dion Nguté se rend à Buea le 21 sans le ministre délégué chargé de la Défense, qui se rendra le lendemain 22 à Bamenda. Pendant qu’à Buéa le Premier ministre rencontrait les populations et leur parlait de dialogue, à Bamenda Beti Assomo rencontrait le commandement militaire pour discuter du réajustement des stratégies. Encore une autre démarche en rangs dispersés. Une mission conjointe aurait mieux parlé, mais la cohésion semblait là aussi ne pas être au rendez-vous.

Transfert d’argent : sucer le peuple jusqu’à la lie

Chaque année des chantiers abandonnés ou non exécutés s’accumulent, pourtant inscrits dans le budget alimenté par ces taxes et impôts. Mais les rétributions des fonctionnaires ne souffrent de rien, le train de vie de l’Etat est constamment revalorisé, tandis que celui des populations se dégrade, et ce sont elles qui doivent payer.

Discours à la nation : discours de la nation

Les cris des populations en cette fin d’année 2021, devant la hausse des prix des denrées de première nécessité est une preuve qu’elles ne savent plus à quel saint se vouer. Face à cela, le discours à la nation, qui se veut compatissant et, humble et à la limite proche d’une confession, aurait été bienvenu. Il est inquiétant qu’à la veille d’une coupe d’Afrique des nations, le président parle de l’autosuffisance énergétique, quand une ville comme Bafoussam, accueillant une poule, ne peut être fournie en l’électricité en quantité et en qualité, compromettant au passage la fourniture de l’eau, l’autre denrée essentielle.

Françafrique : les conventions de l’exploitation

63 ans après, ces accords secrets influencent toujours la politique camerounaise, oriente l’économie, contrôle l’éducation…Pour savoir où on va il faut savoir d’où on vient, dit l’adage. Le balbutiement de la jeunesse camerounaise tient aussi du fait qu’elle n’est pas au fait de l’histoire du pays, ce qui justifie qu’elle ait souvent l’air perdue, dans une société où elle semble ne maitriser ni les tenants, les aboutissants. D’où le rappel mémoire !

Répression politique : 60 ans de recul

C’était l’Upc hier, aujourd’hui c’est le Mrc. C’était Ouandié, Djassep et autre hier, aujourd’hui c’est Bibou Nissack, Alain Fogue, Awasum Mispa et autres. Hier c’était des civils devant un tribunal militaire, aujourd’hui ce sont des civils devant le tribunal militaire. Avec comme dénominateur commun, l’opposition au régime. Et à l’instar de l’ambassadeur de France hier, il en trouve aujourd’hui, des Camerounais cette fois, qui se félicitent de la manière dont les procès ont été conduits. 51 ans après, l’histoire se répète. Chacun peut librement apprécier le niveau d’avancement de la démocratie, que Paul Biya voudrait qu’on retienne, comme ce qu’il a apporté de précieux au Camerounais.

Flambée des prix : le gouvernement coupé du peuple

Le coût du transport a augmenté pour le peuple, ils ne le savent pas, ils n’empruntent jamais un bus de voyage d’une ville à l’autre, un « opep » ou une moto pour quitter du goudron jusqu’au village. Ils ne stressent pas dans les embouteillages comme le commun de mortel, les motards ouvrent la voie pour eux. Eux, ils connaissent les chiffres et les pourcentages, le peuple vit la réalité. Que de continuer de se plaindre, il ne lui reste qu’à prendre conscience de sa situation, parce que désormais, même dire que les prix sont élevés sur le marché, c’est vouloir déstabiliser le pays. Il faut surtout comprendre que pays ici ne désigne pas le triangle national berceau de nos ancêtres, il désigne le pouvoir… et ceux qui l’incarnent

Afrique : se mettre du bon côté de l’histoire

Si les standards continuent d’être établis par l’Occident, il est évident qu’ils le seront toujours à leur avantage, ce sont eux qui seront toujours les plus beaux, les plus forts et les plus intelligents, ce sont eux qui seront les seuls à trouver le médicament et le vaccin contre le corona virus ou autre, ce qui viendra de l’Afrique sera toujours dénigré, tant que c’est eux qui écrivent l’histoire. Mais il est plus que temps que l’Afrique se réveille et apprenne elle aussi à écrire l’histoire. Avec l’avantage qu’elle n’aura pas à déformer la réalité, elle relatera simplement les faits qui sont incontestables, à savoir que l’avenir, c’est l’Afrique !

Figure : Abel Kingue, contraint à l’exil définitif

Le 9 novembre de l‘année suivante en 1956, alors que l’Upc est désormais dissoute depuis le 13 juillet 1955 à la suite des événements du 25 mai de la même année à Douala, il préside une réunion de la jeunesse démocratique du Cameroun à Buéa, quand un commando envoyé du Cameroun oriental par Delaunay l’assaille, le frappe et le laisse pour mort une fois de plus. Désormais les leaders de l’Upc sont réfugiés au Cameroun anglophone, notamment à Buéa, Kumba et Bamenda. Mais en juillet 1957, sous la pression de l’administration coloniale, les autorités britanniques du Cameroun anglophone les déportent à Khartoum au Soudan, d’où ils se disséminent au Caire en Égypte, à Conakry en Guinée ou à Accra au Ghana.

Développement : l’exemple qui vient du Rwanda

Au moment où les projets structurants sont abandonnées faute de moyens, le gouvernement est obèse, composés de 55 ministres et 9 secrétaires d’Etat, qui tous se déplacent en cortège, flanqué chacun d’au moins deux éléments des forces de défense et de sécurité, avec un train de vie princier. Et si l’on étend ce mode de vie dispendieux sur le dos de l’Etat à la présidence de la république, à l’Assemblée nationale, au conseil économique et social, et à tous les organes étatiques, on comprend aisément que le spectre du développement véritable est bien loin, et ce n’est pas demain que le Cameroun sortira du cycle de la dette.

Police nationale : à l’image du système

Un coup de sifflet suffit, les conducteurs des véhicules se garent sur les abords de la route et parfois sur la chaussée, et les retrouvent sous l’arbre, dans le bosquet ou dans la voiture transformée à l’occasion en guichet. Le prix du péage varie en fonction du type de véhicule, de 500 à 2000 francs cfa, et un peu plus dans des circonstances particulières ou s’il y a des « arriérés. »

Can 2021 : le variant de l’exploitation de l’Afrique

Il est donc loisible d’évoquer la pandémie du covid19 pour masquer l’envie totale de reléguer l’Afrique dans les arrières cours du football moderne. » Pas de doute, l’Afrique reste la vache à lait qu’il faut traire et laisser mourir au besoin. A elle de continuer à se laisser faire, ou pas. En attendant, cela saute aux yeux de tous que l’exploitation de l’Afrique est en ce moment… au variant CAN !

Droits de l’homme : privilèges à l’Etat

Les droits sont inaliénables. Quand il est écrit que « toute personne » a droit à telle chose, il ne s’agit pas de toute personne détenteur d’un pouvoir électif ou nominatif, il s’agit de toute personne tout court, y compris l’enfant Mousgoum ou arabe Choa. Le peuple a délégué certaines tâches à l’Etat, pour qu’il assure mieux ses droits, pas pour qu’il lui enlève certains droits.

Droits de l’homme : la responsabilité individuelle

Dans le fond, les violations des droits de l’homme par les gouvernements sont plus visibles, mais les violations des droits de l’homme par les individus sont plus nombreuses. Et c’est là tout le sens de l’interpellation d’Eléonor Roosevelt « Après tout, où commencent les droits de l’homme universels ? Ils commencent près de chez soi, en des lieux si proches et si petits qu’on ne peut les voir sur aucune carte du monde. (…) » Bien entendu, la responsabilité individuelle n’exempte pas l’État de son devoir, qui doit garantir et protéger ces droits de l’homme.

Extrême-Nord : pour une goutte d’eau…

À terme, 150 000 ha de terres devaient devenir cultivables. Dans un pays désertique, le leader a réussi à donner l’eau aux populations. Pourquoi le Cameroun ne pouvait pas apprendre de la Libye ? Et réaliser ce projet à des dimensions réduites ? Au contraire, les recettes pétrolières sont restées longtemps « la chasse gardée de la présidence de la république », pour reprendre les mots de Jean Assoumou Mvé en 1989, alors directeur général de la Société nationale des hydrocarbures. Et dans ce pays béni et arrosé de toute part, en 2021, on meurt pour une goutte d’eau, après 39 ans de grandes ambitions, de grandes réalisations, et de la force de l’expérience.
Pour une goutte d’eau !

Françafrique : la confession perdue !

Je veux vous dire, jeunes d’Afrique, que le drame de l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art, sa pensée, de sa culture. Car, pour ce qui est de l’art, de la pensée et de la culture, c’est l’Occident qui s’est mis à l’école de l’Afrique.

Figure : Estelle Yomba, le rêve des Tic en Afrique

Le corps aux Etats Unis, l’esprit au Cameroun, l’envie d’apporter ma très modeste pierre à la transformation de la jeunesse lorsque j’ai encore toute ma vigueur, ma force, me commandent. Convaincue de l’immense talent exceptionnel et sous exploité que regorge cette jeunesse, j’entreprends de m’investir dans le domaine de la formation des jeunes dans les IT pour leur donner le moyen d’être en phase avec l’évolution du numérique à l’échelle mondiale

Complexe sportif d’Olembé : les premières fautes

Leur départ du gouvernement le 4 janvier 2019 ferait donc d’eux les premières victimes du Stade Olembé. Il est vrai que les deux ministres ne sont pas les seuls fautifs, mais étant les têtes de proues, ils ont été les premiers à écoper et les autres devront suivre, le temps que passe la Can.

Assemblée nationale : musèlement et indifférence

L’Assemblée nationale est par essence le lieu où ça se discute, où on libère la parole et porte haut la voix du peuple d’en bas. Cet endroit s’accommode par conséquent mal avec les habitudes d’aristocrates pour accepter davantage les attitudes de démocrates. Le monde bouge, le Cameroun aspire à l’émergence, qui passe aussi par une émulation complète de l’Assemblée nationale consciente de son rôle, constitué des députés redoutés par les membres du gouvernement,

Crise anglophone : gestion orientée vers la conservation du pouvoir

Au mois de janvier 1960, l’indépendance fut proclamée au forceps, et l’on sait où on en est aujourd’hui, à une parodie d’indépendance. Le régime avait couvert le pied, mais la blessure restait en dessous, l’objectif étant de conserver son pouvoir. Le déroulé de la crise anglophone et les réponses du gouvernement ressemblent étrangement au scénario de ces années de braise. Tant que le régime en place se maintient au pouvoir, tout va bien, et les morts ne comptent que pour ceux qui veulent bien les compter et s’en émouvoir. Pour le reste, je cite Paul Biya « tant que Yaoundé respire, le Cameroun vit…

Développement : l’Afrique toujours sur le mauvais chemin

Sauf qu’ils n’avaient pas compris que même s’ils produisaient des milliers de tonnes de café ou de cacao, il fallait attendre que le blanc vienne l’acheter. Et s’il ne l’achetait pas, le cultivateur ne pouvait pas le consommer comme il aurait dû consommer son macabo. En plus, le colon fixait le prix qu’il voulait, il continue d’ailleurs de le faire, pour la production que les paysans ont mis toute leur énergie à faire.

Figure : Ernest Simo, l’inventeur du Vsat

Pour lui il n’y a aucun doute que les scientifiques camerounais peuvent faire briller davantage les couleurs du Camerounais dans les laboratoires les plus prestigieux du monde, et pour y arriver ils doivent être « courageux, ambitieux et se laisser entraîner par les forces gravitationnelles de la curiosité et de l’innovation. Visez très haut, ciblez la lune, parce que quand bien même vous la ratez, vous vous retrouverez parmi les étoiles. »

Sida : mission accomplie ?

, un média français met en garde contre les fausses idées qui continuent d’être reçues. La première est qu’on ne meurt plus de sida, ce qui est faux, et les chiffres de l’Onusida le confirment. La deuxième est que la pilule protège contre le sida. Non, la pilule est un moyen contraceptif qui permet d’éviter une grossesse, mais ne peut limiter les risques de transmission du Vih dans l’organisme lors d’un rapport sexuel non protégé. L’autre fausse idée propagée autour de la maladie est qu’elle ne touche que les homosexuels, mais il est établi que même si la communauté homosexuelle a été la première à être touchée par cette épidémie, elle a également été la première à se protéger et même efficacement. Enfin, l’idée selon laquelle on ne peut pas avoir d’enfant quand on a le sida n’est pas fondée, il suffit d’anticiper la grossesse afin de bénéficier d’une prise en charge médicale adaptée et d’éviter le risque de contamination de l’enfant…de quoi garder espoir. En restant prudent.

Can 2022 : le saupoudrage des villes

A l’Assemblée nationale, les députés ont voté quelques lois à ce sujet, juste pour donner un sens à leur existence. Il est évident qu’après le saupoudrage exigé par les maires des villes, le problème des villes camerounaises ressurgira de plus belle au lendemain de la Can. Et il en sera ainsi jusqu’à ce que les gestionnaires du pouvoir et des villes camerounaises, comprennent que la beauté d’une ville ne se résume pas au rafraîchissement de la peinture sur un mur la veille de noël ou aux casses de quelques kiosques occupants des trottoirs, elle est assise sur la planification contenue dans les textes, et dont la mise en application ne se fait pas en pensant à son ventre et aux prochaines élections, mais en pensant à la prochaine génération.

Déchéance du sport: qui blâmer ?

Méprisés, ils sont pourtant des soutiens actifs ou passifs au régime. Dans la plupart des cas, ils choisissent de se battre entre eux, se mettant bien souvent au service de vulgaires imposteurs pour broyer leurs camarades, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent eux-mêmes dans la position de victimes. Les populations camerounaises les soutiennent avec passion (et compassion, le cas échéant) mais les malheurs desdites populations ne semblent pas toucher ces stars qui, à chaque fois, se taisent ou ajoutent leur voix à celles de leurs bourreaux

Africains : réveillez-vous 2eme partie

. Pendant que les ingénieurs sont dans les champs en Asie et en Inde, en Afrique ils sont dans les bureaux, et en fin d’année, les ministres du Commerce font leur bilan pour dire combien de milliards ont été dépensés pour acheter le riz produit par ceux-là. Comme dit Field Ruwe : « Nous pensons que le développement peut être généré en nous asseyant de 8h à 16h derrière un bureau portant une cravate avec nos diplômes accrochés au mur.»
A méditer

Figure : Ndeh Ntumazah, l’incompris

J’écris donc cette préface pour l’encourager à dire au monde si c’est notre conception de la politique ou la sienne qui était fausse. Pour l’encourager à nous éduquer sur la façon dont nous devons concevoir la politique, la manière avec laquelle nous devons concevoir la vie en général, comment nous devons concevoir le progrès, la richesse et le développement. Et tout ceci parce qu’il me paraît toujours difficile de comprendre comment un individu peut choisir de voir les choses différemment que le reste de l’humanité, et pour aussi longtemps.

Compétitions : la Can 2021 de toutes les humiliations

Avec la dernière correspondance du secrétaire général de la Caf avec un contenu aussi humiliant, un Etat souverain fier devrait à ce stade, se retirer simplement de l’organisation de cette compétition, quitte à supporter toutes les conséquences de droit et payer fièrement toutes les amendes que cette décision entraînerait. La fierté d’un pays ne se négocie pas, et ne peut pas se jouer sur des stades de jeu, en plus sans enjeux. La Can de la fierté du renouveau aura été plutôt la Can de toutes les humiliations.

Covidgate : audit public, et après

La décision de poursuivre les auteurs de ces détournements, sera-t-elle judiciaire ou politique, qui donnera un sens au rapport d’audit de la Chambre des comptes, en déclenchant une action judiciaire ? Pour le moment le public semble simplement moqué, par l’absence de réaction d’aucune institution, même pas l’Assemblée nationale depuis la publication du rapport, et par l’attitude des auteurs de ces dérives, dont aucun n’a osé jusqu’ici avoir le sursaut d’honneur de démissionner pour se mettre à la disposition de la justice.

Africains : réveillez-vous

Les ingénieurs zambiens sont-ils si invisibles qu’ils ne peuvent pas inventer un simple concasseur de pierres, ou un simple filtre à eau pour purifier l’eau de puits pour ces pauvres villageois ? Êtes-vous en train de me dire qu’après 37 ans d’indépendance, votre école d’ingénieurs n’a pas produit un scientifique ou un ingénieur capable de fabriquer de simples petites machines à usage de masse ? A quoi sert votre université alors…

Figure : Lottin à Samè le pasteur de l’inculturation

Mais ces difficultés firent plutôt ressortir en lui l’essence même du Noir, la fertilité de l’esprit en temps de souffrance. C’est dans cette douleur qu’il eut l’inspiration de composer plusieurs centaines de cantiques à la « negro spiritual », qu’il intitula Esew’a Bosangi, une compilation de plus de 400 chansons aujourd’hui reprises par des centaines de chorales à travers le pays et même dans le monde. Son œuvre musicale est présentée comme un véritable cri de révolte de l’homme noir en quête de libération. Avec ces chansons, il gagna progressivement le cœur des populations, ses chanteurs vinrent de tous les quartiers de Douala et de toutes les religions, sans distinction. Les familles éprouvées par des deuils prirent l’habitude de l’inviter en vue d’organiser des veillées funèbres, où il faisait des prêches de plein air, agrémentés par ses chants d’une profonde consolation.

Sport : le mépris déguisé des acteurs par les gouvernants

Comble de tout, alors que les Lionnes indomptables de handball tirent le diable par la queue, le ministre des Sports, annonçait après le match Cameroun Cote d’ivoire, une prime spéciale de 5 millions de francs du chef de l’Etat pour chaque joueur de l’équipe nationale de football. Soit 115 millions de francs cfa au minimum pour les 23 joueurs, alors que les Lionnes indomptables de handball ont besoin de bien moins que cela pour une représenter dignement le Cameroun en Espagne. Pour récupérer les victoires des jeunes en aval, il faudrait au moins songer à leurs souffrances en amont

Economie : la face visible de l’endettement de l’Etat

Et dire que pour essayer de rembourser le peu de dettes qu’il arrive à faire, l’État continue de s’endetter. On déshabille Pierre pour habiller Paul, le temps de se rendre compte que Pierre est désormais nu. La gouvernance publique est une fois de plus interpellée, si l’on veut un jour sortir de la spirale de la dette, les ordures qui s’entassent dans la rue faute de ramassage, en est aussi une conséquence.

Crise anglophone : le fruit de l’entêtement

Pharaon, en l’apprenant, appela une dernière fois Moïse et Aaron, et leur ordonna de partir immédiatement, avec leur peuple. Depuis que le président Paul Biya a repris le pouvoir après la modification de la constitution, ce qui arrive au pays ressemble étrangement… aux 9 premières plaies de l’Egypte

Modification de la Constitution : à qui profitait le crime

Aujourd’hui les évidences parlent. Les deux mandats que le président Paul Biya a pris après la modification de la constitution auront été ceux qui ont noyé tout ce qu’il pouvait mettre de positif à son actif depuis sa prise du pouvoir en 1982. 3 ans seulement après qu’il ait rempilé en 2011, grâce à cette modification de la loi fondamentale, la partie septentrionale du pays s’est embrasée avec l’apparition du Boko Haram. 5 ans après, en 2016, c’est la crise anglophone qui prend le relais. Partie d’une simple revendication corporatiste, on en est aujourd’hui à la guérilla urbaine, avec des bombes artisanales ou pas qui explosent dans les taxis. Les morts se comptent par milliers, les souffrances induites sont intenables. La Constitution aurait été respectée que Paul Biya serait parti en 2011, que le Cameroun n’aurait peut-être pas connu tout ceci, ou si cela arrivait ce serait derrière lui, qu’une autre personne aurait porté le chapeau. Mais jamais plus à présent, il ne pourra pas s’en dédouaner, l’histoire retiendra que c’est sous son règne que l’unité, qui fait partie des valeurs nationales, aurait été la plus fragilisée. Et comme on se demande souvent dans les enquêtes policières, à qui le crime aurait-il finalement profité ?

Figure : Njoya Ibrahim et l’écriture Bamoun

les administrateurs français vont affaiblir Njoya qui sera privé de ses pouvoirs traditionnels autour de 1924. Il est finalement arrêté et exilé à Yaoundé en 1931, en compagnie de quelques proches et fidèles. Il y meurt le 30 mai 1933. Bien évidemment, l’administration française, dont le but était d’effacer la culture africaine, interdit les langues camerounaises et l’usage de l’écriture du Roi Njoya en particulier, qui disparut progressivement des usages, au profit de la langue française. Depuis 2002, des initiatives sont entreprises à l’occasion des festivals pour la réhabiliter, mais du chemin reste encore à faire, avec le poids colonial qui pèse encore.

Pouvoir : comment Paul Biya a pu durer

Avec cette décision de la Cour Constitutionnelle, la voie était désormais ouverte pour la nouvelle candidature de Paul Biya à la présidence de la république en 2011. L’objectif de l’appel de la Lékié le 6 novembre 2007 avait été atteint. 14 ans après, la même Lékié a initié le 1er novembre 2021 un autre appel, cette fois pour une nouvelle candidature de Paul Biya à la magistrature suprême en 2025, quand il aura 92 ans. L’histoire va-t-elle se répéter ?

Changement : la responsabilité collective

Chacun veut voir ses enfants grandir, mais personne ne pose la question « pour aller où et pour vivre dans quelle société ». Certains se préparent à envoyer les leurs à l’étranger et même y prendre la nationalité, mais ce que vivent les Camerounais en Guinée équatoriale est aussi un message. Il est plus que temps de penser au Cameroun à laisser aux enfants, si tant est qu’on les aime comme on le proclame tous les jours. On ne peut accoucher les enfants camerounais, et préparer leur avenir à l’étranger

Mœurs : déshonneur sous le drapeau

Doit-on dès lors leur en vouloir et les condamner, en invoquant les principes religieux et les articles de loi, ou prendre pitié pour elles et les aider à ménager cette période de leur vie qui s’apparente à la puberté chez l’adolescent ? A la société de prendre ses responsabilités pour préserver la jeunesse qui les prend souvent comme des modèles, et aussi pour éviter le déshonneur sous le drapeau. Aucun citoyen ne tolère que le drapeau de son pays soit porté à travers le monde par des personnes qui se révèlent par la suite être de moralité douteuse, car arborer le drapeau national, c’est plus qu’un honneur, c’est davantage une responsabilité.

Cameroun : de mal en pis depuis 39 ans

La chine est désormais à la conquête du monde. Pendant ce temps, le Cameroun est passé de pays en voie de développement à Pays pauvre très endetté, et mendie aujourd’hui aux genoux de la Chine. La Chine a su se développer, le Cameroun s’est enfoncé dans l’abime, et par coïncidence, cette période correspond à celle du Renouveau, dirigé par le même homme, depuis 39 ans

Figure : Ahmadou Hayatou, homme de l’ombre des pouvoirs

Ahmadou Hayatou quant à lui, avait également su tourner et se mettre dans le sens du vent. Il poursuivi sa carrière au secrétariat de l’Assemblée nationale, s’étant construit une personnalité qui avait fait de lui l’une des personne que le président Biya se déplaçait pour rencontrer à domicile pour des conseils. Le tsunami qui balaya l’élite du Nord à la suite du coup d’état d’avril 1984 l’évita. Il avait su jouer la partition pour concilier les deux présidents au plus forts de leur conflit de leadership, y mettant du sien pour sauver ce qui pouvait l’être, surtout qu’il était dans la salle au moment où le premier faisait confiance au second. Jusqu’au bout il a su jouer son rôle de l’homme… de l’ombre.

Pouvoir : c’était un 03 novembre

Le 3 novembre 1982 était également un mercredi, comme le 3 novembre 2021. Beaucoup de Camerounais n’étaient pas encore nés, bon nombre de vivants n’avaient pas encore conscience de ce qui se passait dans les couloirs du Palais, encore moins que ce qui se passait influencerait leur avenir dans un sens comme dans l’autre. Tout au moins, ils avaient espoir, avec déjà 22 ans de règne du précédent, que le nouveau président qui arriverait un jour serait porteur des gages d’un avenir meilleur. Ils ne savaient pas encore que ce nouveau président était déjà désigné, et que leur espoir avait déjà une réponse. C’était le 3 novembre 1982….ce n’était qu’un espoir,

Football : la Fecafoot face à son destin

Depuis 2013, la Fecafoot est en réalité dirigée par la Fifa et le tribunal arbitral du sport. Depuis 8 ans que le cœur de la Fecafoot bat au rythme imposé par Zurich et par Lausanne, deux villes de la Suisse, où siègent respectivement la Fifa et le Tribunal arbitral du sport. Comme si le siège de la Fecafoot à Tsinga n’était plus occupé que par des marionnettes qui attendent des ordres ou l’onction d’ailleurs pour se bomber le torse. Le Cameroun mérite mieux, le football est un jeu, et ce n’est pas pour un jeu que la Cameroun perdra sa souveraineté.

Droits humains : en deçà de l’animalité

dans l’absolu, le système judiciaire camerounais ne peut prétendre qu’à enchaîner un prisonnier est le seul moyen à sa disposition pour éviter une évasion sur un lit d’hôpital. L’usage des chaînes dans le traitement humain a été honni et banni depuis 227 ans, Le Cameroun qui aspire à l’émergence ne peut continuellement s’inspirer d’un passé triste et copier dans des habitudes qui n’ont pas cours…même dans la forêt

Cop 2021 : et si l’Afrique disait non

Pour revenir à l’image des deux voisins, le deuxième ne peut accepter de vivre dans des mauvaises conditions pour laisser le premier jouir de son luxe, il doit dire non à cela, ou plutôt, il doit avoir le courage de dire et la politesse de dire on weekend « non merci

Figure : André Nziko, le pionnier du super marché camerounais

A 13 ans le jeune André Nziko était déjà face à son destin, loin de son village natal, il n’avait plus l’affection des parents et le soutien que les jeunes continuent de nos jours d’avoir à 25 ans, mais il a su se forger ce destin, et à 73 ans il a tiré sa révérence, laissant derrière lui une œuvre… que chacun peut apprécier

Frais d’Apee : la peau dure de l’habitude

Si l’Apee était une maladie, elle mériterait qu’on la décrète problème de santé publique. Et en attendant que les diverses plaintes audibles et sourdes, et les soulèvements enregistrés sur le territoire national amènent les intrus dans les fonds des Apee à battre en retraite, le gouvernement devrait prendre ses responsabilités et se prononcer une fois pour toute, sans éluder les questions de fond, et tout en cessant de se réfugier derrière la formule « l’Etat ne peut pas tout faire seul », car ici comme ailleurs, force doit revenir à la loi. Et la loi en la matière n’a pas changé, il est toujours inscrit dans la Constitution que : « nul ne peut être contraint d’adhérer… à une association »

Exécution du Bip : le mal être camerounais

Toutes les côtes du squelette sont désormais attaquées, au point que le pays se retrouve en train d’attendre un bout de papier appelé « accord cadre » comme un messie, simplement parce que réaliser un marché au Cameroun enlève le sommeil à tout le monde. L’entrepreneur ne dort pas parce qu’il réfléchit à comment jongler et tricher pour s’en sortir, le maître d’ouvrage perd le sommeil à l’idée que le marché pourra ne pas être livré et l’on remonte pour découvrir qu’il avait pris des rétro commissions. A la base comme au sommet, au niveau local ou central, le mal est le même, les marchés publics sont devenus des marchés centraux, où tout se négocie en journée, et le soir tout le monde s’en va en laissant l’endroit rempli d’ordures.

Accidents de la circulation : la sécurité routière dans l’insécurité

En attendant que le ministre des Transports pointe du doigt un coupable dans un communiqué, puisqu’il ne peut pas condamner l’incivisme de l’arbre, il est indéniable qu’en dehors de l’état des routes, la configuration elle-même, est un facteur aggravant des accidents de la circulation. Si le pouvoir avait veillé à avoir à défaut d’une autoroute, au moins une route qui pardonne, l’arbre n’aurait pas à se retrouver sur la chaussée, ajoutant au compteur des pertes inutiles des vies humaines

Obéissance civile : le point de rupture

Le pouvoir camerounais aurait-il compris que dans les manifestations spontanées, celui qui viole la loi n’est pas le manifestant, mais bien le gouvernant qui par son mode de gouvernance pousse fatalement le citoyen dans la rue ? Cette prise de conscience pourrait-elle pousser au changement souhaité qui commence par l’anticipation sur les problèmes, pour éviter que les populations en arrivent à descendre dans la rue avec des conséquences imprévisible? En tout cas, ces populations semblent avoir intégré l’adage qui dit : « quand l’injustice devient loi, la résistance est un devoir »

Figure : Sylver Talom, l’étoile abandonnée au bord de la route

L’histoire de Sylver Talom, le seul défenseur que Georges Wéah, l’actuel président du Libéria redoutait quand il évoluait dans le championnat camerounais à l’époque, est aussi celle d’une jeunesse fougueuse et enthousiaste, ne rêvant que de porter haut le Cameroun, mais dont les ambitions ont de tout temps buté sur le mur d’une gestion à la petite semaine des structures et des infrastructures. Sylver Talom a été sacrifié à l’autel de cette incurie, les Lions indomptables pouvaient s’entrainer sans un secouriste dans le groupe, sans ambulance pour une évacuation rapide. L’équipe nationale avait-elle une assurance à l’époque, comment un jouer blessé sur le stade d’entrainement de l’équipe nationale devait squatter les cars de transport en commun avec un pied accroché en l’air pour rentrer chez lui ?

Covid 19 : le vaccin de la discorde

Le dilemme est donc plus que pressant, et le gouvernement plus que jamais face à ses responsabilités. Pour le moment, les méthodes détournées qu’il utilise laissent croire qu’il a obligation de rendre compte, qu’il obéit à une instruction à laquelle lui-même ne veut pas se plier, mais est obligé de multiplier des actions même impopulaires pour montrer à son commanditaire des gages de bonne volonté. De quoi jeter davantage de suspicion sur le vaccin qui a déjà du mal à passer. A propos de ce vaccin d’ailleurs, Me Reiner Fuellmich, avocat aux barreaux d’Allemagne et des Etats unis dit : « le vaccin n’a jamais été apporté pour le covid, le covid a été apporté pour le vaccin. Une fois que vous avez réalisé cela, tout fait sens. »

Cameroun : le territoire divisé en « paradis » et enfers

Dans un débat télévisé, l’écrivaine sénégalaise Fatou Diome, auteur du livre « Le ventre de l’Atlantique », disait aux occidentaux que s’ils ne cessaient pas d’exploiter les richesses des pays africains tout en freinant leur développement par divers moyens, ils auront toujours les immigrés africains, « ou vous résolvez ce problème, ou nous mourrons ensemble » conclut-elle. C’est le message qui est aujourd’hui adressé à l’élite gouvernante : ou vous résolvez le problème de la jeunesse, ou vous les aurez désormais sur votre dos. Mais il ne s’agit pas d’affecter tel à tel endroit par favoritisme, il s’agit de créer les conditions de vie acceptable dans toutes les localités du pays.

Huissiers de justice : le gouvernement se défend de leur mort programmée

Au meilleur des cas donc, la décision de justice demandera au président de la république d’appliquer d’abord les dispositions du décret du 5 novembre 1979 signé par lui-même, en nommant les huissiers aux charges vacantes. Ces derniers ne demandent que ça depuis 26 ans. A-t-on besoin de passer par la Justice pour appliquer les lois qu’on s’est soi-même prescrites, à moins que l’idée ne soit de supprimer définitivement le corps des huissiers de justice !

Violences : l’effet expiatoire

Tout le monde est victime à la fin. La recherche des solutions ne devrait pas se limiter à des cas isolés qui se manifestent çà et là. Si une maison suinte de partout, ce n’est plus une affaire de l’étanchéiste, il faut faire appel au charpentier.

Figure : Nchare Yen, fondateur du royaume Bamoun

Nchare fut un conquérant rusé, on estime à plus de dix-huit le nombre de souverains qu’il soumît. Il sût organiser le royaume et en modeler les institutions sur celles du royaume Tikar et installa la capitale à Njimom. D’après certains historiens, il n’arriva pas à Foumban et mourut avant la conquête de cette ville, et ce serait la raison pour laquelle sa tombe se trouve aux environs du marché de Njimom. Ainsi, comme Moïse dans la bible, Nchare, le fils de Yen, aurait vu la terre promise de loin, sans y arriver, mais il avait déjà montré le chemin à son peuple qui a connu le 10 octobre 2021, le 20eme roi de sa dynastie.

Cameroun: quand la politique devient facteur de désunion

Et au-delà du peuple Bamoun, la politique a fait du mal à presque toutes les communautés du Cameroun d’abord, et pour cela les opérations de renouvellement des organes de base du Rdpc sont là pour le démontrer, ensuite elle a fait du mal à tout le Cameroun, et la montée du discours haineux et du tribalisme après l’élection présidentielle de 2018 le confirme. Les divisions observées au sein du peuple Bamoun à l’occasion des obsèques du Sultan, constituent en définitive un signal qui interpelle tous les Camerounais. Si la politique doit nous conduire à la division, vaut-elle vraiment la peine. Et si on ne peut pas se passer de la politique, il faudrait alors suivre ce conseil de feu Françoise Foning, qui disait simplement « Débattez-vous, ne vous combattez pas »

Droits humains : l’impunité des hauts cadres de l’armée

Qu’elle image en réalité projette un Etat à la jeunesse, quand un enseignant d’université peut, pour avoir parlé de la science c’est-à-dire sa raison d’être, faire l’objet des intimidations et des tortures dans les locaux d’un Colonel, avec en prime une vidéo pour montrer au monde entier l’humiliation ? Alors que dans le même temps les autres enseignants qui chantent les louanges du pouvoir bénéficient de tous les avantages ? Que veut-on que les étudiants retiennent, que pour faire carrière dans l’enseignement supérieur il faut être le griot du régime ?

France-Afrique : le réveil de la jeunesse bloqué

Quel que soit le cas, la jeunesse se réveille, et montre des signes de volonté ferme pour la reprise en main de son destin, elle se distance progressivement de la politique du ventre et de la protection du pouvoir, et ose dire à la France « je ne mangerai pas de ce repas, nous ne mangerons pas, l’Afrique ne mangera plus.» Cette volonté est certes encore prisonnière d’une chape de plomb constituée par ces hommes d’Etat du 4eme âge qui s’agrippent désespérément au pouvoir et n’entendent pas changer de paradigme, mais l’essentiel c’est que la marmite quoique sale, boue déjà à une température élevée, en mesure de faire sauter le couvercle. Ce n’est plus qu’une question de temps.

Figure : Ambroise Kom et « la malédiction francophone »

Que représente pour nous le projet francophone qui, nous le savons désormais, permet à l’ancien pouvoir impérial de poursuivre ses rivalités avec le monde anglophone? Servirons-nous à autre chose que de la simple chair à canon ou de « harki du prestige de la France »? Y a-t-il malédiction en francophonie ? Les pays africains ne devraient-ils pas être libres de se connecter à tous les réseaux, à tous les points du monde, pourvu que leurs intérêts qu’ils seront seuls à définir, soient préservés ? A la limite, pourquoi hésiterions-nous à adopter une nouvelle langue de communication, une nouvelle forme de l’État, un nouveau système scolaire si nos intérêts l’exigent ? La fin du millénaire signifie bilans mais surtout pro/per/spective et enjeux divers. Comment sortir du ghetto francophone? Le débat est ouvert», dit-il.

Frais d’examens : le détournement de l’Etat

En d’autres termes, lorsque l’argent des frais d’examen entre dans les caisses de l’Etat suivant le principe de l’unicité des caisses, il l’utilise pour ses priorités, qui se résument parfois à un rythme de vie princier. Ainsi, les parents d’élèves versent chaque année des frais d’examen pour que les enseignants correcteurs soient payés, cet argent est utilisé à autre chose et ce sont les enseignants qui doivent être clochardisés. En langage simple, on appelle cela un détournement des fonds.

Education : l’indispensable réorientation par le haut

À côté des spécialistes de l’imposture, on trouve des universitaires engagés dans les combats intellectuels et nobles. Ils travaillent à un Cameroun nouveau et différent, expurgé de la corruption, du mensonge, de l’inertie, de la médiocrité, du népotisme, etc. il appartient à cette catégorie de sensibiliser les Camerounais à la vigilance, à la prudence, pour les préserver des pièges enclenchés par les intellectuels et universitaires faussaires qui manœuvrent pour tirer avantage de maintenir le pays dans les abysses de l’immobilisme et le chaos, conclut le professeur. Relancer l’éducation comme le professe le thème, est plus que d’actualité au Cameroun, car une société est le fruit de son éducation

Trouble à l’ordre public : la violence légale du Rdpc

L’attitude du gouvernement, qui légitime la violence quand elle émane du Rdpc, tout en maintenant prisonniers d’autres Camerounais seulement soupçonnés, rappelle que les fables de Jean de La Fontaine qui datent de 1668, soit 353 ans, sont plus que jamais d’actualité, quand il disait dans « Les animaux malades de la peste » que : « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

1er octobre 1961 : et si on refaisait les comptes

En résumé : une conférence de Foumban querellée, une constitution querellée, une proclamation de l’Etat fédéral au forceps, les anglophones avaient l’air d’être des moutons de la farce. Ils ont plié le doigt et ont adhéré à contre cœur à la fédération, mais en gardant en mémoire qu’ils ont en face un ennemi dont l’objectif est de les faire disparaître.

Figure : Ibrahim Mbombo Njoya, la sagesse de fin de vie

Il ne faut donc pas confondre la longévité d’une personne au pouvoir à la conservation du pouvoir par un parti politique. C’est pourquoi, même dans le cas de la limitation des mandats, le président sortant se bat toujours pour que son parti, après lui, conserve toujours le pouvoir. L’actualité de l’heure, dans l’une des plus vieilles démocraties, en est une parfaite illustration. Par ailleurs, un parti démocratique, dans sa vie quotidienne, ainsi que dans ses propres projections, doit toujours tenir compte de l’environnement local, régional et mondial. » Son discours à la tribune du grand dialogue le 30 septembre 2019 appelant à une alternance au sommet de l’Etat, n’était qu’une suite logique des idées de l’homme que 29 ans de règne à la tête de l’une des plus puissantes chefferies traditionnelles du Cameroun, avait contribué à assagir davantage. L’homme qui s’est éteint le 27 septembre 2021, avait constamment la main sur le visage en posture de réflexion, incarnant définitivement l’adage qui dit « si jeunesse savait, si vieillesse pouvait. »

Parti : le Rdpc se dépièce-t-il ?

tous les camerounais pensaient, à son époque, que l’UNC ne survivrait pas au président Ahidjo. Mais ce parti est devenu le RDPC, il est vrai en perdant en chemin les hauts dignitaires tels que Bello Bouba et autres. Mais l’essentiel était sauf, d’ailleurs ces personnes ont aidé le régime RDPC à survivre dans les années 90 voire à garder le pouvoir. Elles sont ses plus grands alliés. Je pense que le moment venu et face à la peur de tout perdre, les tenants du pouvoir actuel vont se résoudre à préserver l’essentiel.

Santé : la maladie cherche toujours couverture

Et pendant que le processus traine, les maladies n’attendent pas, les populations n’ont pas de choix que d’aller dans la rue chercher de quoi se soigner ou de quoi s’empoisonner, les pharmaciens se plaignent, et ce même gouvernement menace. Il est évident que le médicament de la rue prospère parce qu’il y a preneur, et le preneur est celui qui n’a pas les moyens d’aller suivre une consultation normale, se soumettre aux examens médicaux et payer les frais d’hospitalisation et les soins. La couverture santé universelle serait sans doute une des solutions, si jamais elle cessait de faire l’objet des discours, pour véritablement exister.

Rdpc : la fraude dans l’Adn

En attendant que les pourfendeurs de ce parti prouvent que ce sont des anti patriotes de l’opposition qui ont infiltré leurs rangs pour causer autant de désordre et ternir leur image, force est de constater d’ici là, que le parti des flammes… porte bien son nom

Crise anglophone : l’entêtement du pouvoir pour la solution militaire

Et juste après les évènements qui ont précipité la descente des membres du gouvernement, l’ancien sous-secrétaire d’Etat américain pour l’Afrique, Tibor Naguy avait posté sur son compte twitter ; “Tellement désolé de voir la violence accrue dans le conflit anglophone du Cameroun. J’ai prévenu pendant des années que s’il n’était pas résolu, le conflit deviendrait plus meurtrier et se propagerait. Il n’y a pas de solution militaire. Ce qui est dans l’esprit humain ne peut pas être éteint par la force »

Figure : Martin Mbarga Nguelé : l’enquête de la Cni toujours en cours

S’il ne dépendait que de Martin Mbarga Nguelé, la police camerounaise devrait à ce jour être l’une des plus civilisées et humanistes du continent, mais tout ne dépend pas toujours de lui. Il reste cependant dans la chaussure de ce plus haut gradé et le plus âgé à la fonction la plus élevée, le caillou de la carte nationale d’identité dont la production dans un délai raisonnable reste une enquête non bouclée

Police camerounaise : le réflexe de la violence

Mais une fois de plus, le comportement de la police en surface n’est que la partie visible de l’iceberg, le mal est plus profond qu’on ne peut le penser. D’abord parce que le réflexe à la particularité de ne pas être réfléchi, il est automatique et répond à une programmation. Les policiers qui frappent et infligent des tortures aux suspects ne se rendent parfois pas compte qu’ils sont en train de le faire, c’est comme l’œil qui se ferme automatiquement à l’approche d’un danger ou comme le doigt qui rejaillit au contact d’une eau chaude. C’est dire qu’au plan primaire , l’instruction et la formation des forces de l’ordre devrait travailler à déconstruire ce réflexe de violence et de torture chez l’homme en tenue.

NoSo: la raison simplifiée de la crise anglophone

En 2008 les manifestations de rue ont même été violemment réprimées pour une énième modification, qui faisait sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels. Si la Constitution peut être modifiée pour supprimer la limitation des mandats présidentiels, au risque de faire des morts et des prisonniers, pourquoi ne le serait-elle pas pour revoir la forme de l’Etat en sauvant des vies au passage ? Pourquoi les gens meurent dans la crise anglophone, cela vaut-il vraiment la peine ? Tous les tenants du pouvoir de Yaoundé devraient se poser cette question, dans le secret et le silence de leurs chambres.

Crise anglophone : la phase de la guérilla

Les négociations pour revenir à la paix en Colombie ont commencé à Oslo en Norvège, un peu comme on avait annoncé en 2019 des négociations en Suisse pour le cas du Cameroun. Mais les différentes parties sont rapidement rentrées dans leurs égos, le pouvoir dans sa fierté et les séparatistes dans leurs suffisances. On n’en a plus jamais entendu parler. Deux ans après les soldats continuent de mourir, même les véhicules blindés n’arrivent plus à les protéger. Ne pourrait-on pas économiser tous ces morts, en discutant ? Ou faut-il à tout prix atteindre un certain nombre, si oui, à qui profite tous ces morts ? Des fois le Pouvoir peut regarder dans la nature et tirer des leçons : le roseau plie, mais ne rompt pas

Inondation : Douala et le mythe de Sisyphe

on dirait que cette corvée imposée à chaque fois par les inondations est finalement ce qui rythme l’existence de ces populations et lui en donne un sens. Elles ont presqu’intégré les va-et-vient des eaux et les souffrances qu’elles endurent, autant en conclure aussi qu’elles en sont heureuses. Parce que dans l’absolu rien ne les oblige à rester là, et en attendant une hypothétique intervention des pouvoirs publics, elles devraient elles-mêmes faire quelque chose. Un adage dit, « aide-toi, le ciel t’aidera.

Figure : Amobé Mévégué, le don de soi pour l’Afrique

Pour moi, c’est quelque chose d’important un nom. Il a une charge émotive et une charge historique. C’est la mémoire et le miroir de l’âme. Je trouve insensé que les gens puissent s’offusquer du fait que je revendique un héritage qui existe. Je suis fier d’être Africain ». Et il expliquait alors au journaliste de afrik.com le choix de Amobé comme prénom à la place d’Alain en ces termes : « J’ai fait une démarche. Chez nous (au Cameroun, ndlr) la filiation est patriarcale. Je porte le nom de mon père qui a apposé en plus celui de mon oncle. Mevegue Ongodo. Pour créer le prénom Amobé, j’ai fait une anagramme de tous mes patronymes. A de Alain, pour respecter le choix de ma mère, M de Mévégué, O pour Ongondo et B pour Bineli, le nom de mon grand-père.

Foncier : les textes à problème

L’évaluation permet ainsi de déterminer si la politique a du succès ou si, au contraire, le problème subsiste; auquel cas, il faudrait formuler une nouvelle politique pour éviter de faire face à des réformes foncières inadaptées et improductives ainsi qu’à de mauvaises pratiques et réglementations en matière de gestion des sols. » De quoi conclure qu’il est peut-être temps de revoir tout l’arsenal juridique du foncier au Cameroun, au vu du nombre des litiges qui s’accumulent

Foncier : au-delà de la nécessité…

Ensuite, au niveau de l’équité, c’est-à-dire de la juste redistribution des ressources naturelles d’un pays, est-ce normal que certains individus cumulent à eux seul plus de 20 terrains dans une ville comme Douala ou Yaoundé, et vont au-delà de la cinquantaine sur le plan national, sans compter ce qu’ils ont à l’étranger, alors que des millions d’autres personnes cherchent juste quelques mètres carrés où se bâtir ?

Justice : à qui se plaindre?

Les conducteurs de moto taxi également, sont désormais réputés être de fauteurs de trouble à l’ordre public, installés eux aussi à tous les carrefours, narguant piétons et automobilistes qu’ils insultent allègrement. Ils mettent de surcroît en danger les vies humaines avec des surcharges. Pour tous ces cas on n’a jamais vu les pouvoirs publics enclencher la machine judiciaire, simplement parce qu’ils ne font pas la politique. Si au même endroit une seule personne se place avec une pancarte en main, la police sortira de nulle part pour l’interpeller, lui coller un motif et il sera incarcéré, même pour « attroupement seul. » Il est de notoriété publique et morale que si un citoyen se sent offensé, il doit s’en remettre à la justice. Mais quand la justice elle-même devient un bourreau, à qui se plaindre ?

Etat : l’autorité dans la rue

Un adage dit « si tu veux être respecté, respecte-toi toi-même. » La question ultime est donc celle de savoir : l’Etat qui se plaint de ne pas être respecté, se respecte-t-il lui-même ? L’autorité de l’Etat doit être restaurée certes, cela ne fait pas matière à débat. Et pour y arriver, un véritable examen de conscience ou un profond voyage intérieur s’impose… au plus haut niveau !

Figure : Thomas Nkono, le chat noir

En 35 ans en 1994, il avait déjà presque tout prouvé sur les stades. En juin 1999, il célèbre son jubilé, avant d’intégrer le staff technique de la sélection et s’occupe des jeunes gardiens. Depuis 2003 il est entraîneur des gardiens de l’équipe Espanyol de Barcelone, où comme il le disait dans l’interview de talents d’Afrique, il aide les talents européen à éclore. Mais comme il l’a rappelé aussi, son rêve c’est de mettre son expérience au service de son continent et de son pays, à condition que les conditions lui soient favorables

Guinée Conakry : Alpha Condé et la soif du pouvoir

Ainsi se tourne la page Condé, tristement. Il était pourtant apparu sur la scène politique comme un messie, endurant des mois de prison, se présentant comme le candidat des jeunes et des femmes. Il n’aura pas échappé à l’appétit du pouvoir, devenant ainsi ce que Alain Foka a appelé l’exemple parfait de l’échec de l’intellectualisme africain, allusion faite aux universitaires devenus chefs d’État, se muant à terme en dictateurs. Deux mandats comme le prévoyait la constitution ne lui avaient pas suffi, il lui en fallait un troisième, et l’espoir d’hier est désormais l’humiliation d’un pays, toujours à cause de la soif du pouvoir. Alpha Condé apprend ainsi à ses dépens que « l’arbre que l’orage va emporter, ne voit pas le ciel s’assombrir. »

Olembé : le stade de tous les jeux

En 2018 le ministre des Sports et l’Education physique d’alors, Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt, disait avec rage devant un journaliste que tout sera prêt parce que le Chef de l’Etat l’a dit, en 2019 il y a eu glissement de la Can parce rien n’était prêt, en 2021, le successeur de Bidoung Mkpatt, Narcisse Mouelle Kombi, donne des informations tronquées pour laisser croire que le stade est prêt, alors qu’il ne l’est pas. C’est à se demander finalement si avec le Stade Olembé le jeu, au propre comme au figuré, en vaut encore la chandelle ?

Etat civil : la doublure de la nationalité camerounaise

La conséquence logique aurait été la suppression de cette clause de la loi, ce que demande aujourd’hui une opinion qui estime qu’une loi dont le but caché était d’exclure certains camerounais de la gestion des affaires du pays, n’a plus sa place dans un Cameroun où le vivre ensemble est devenu un slogan. Surtout que sur les plans anthropologique, culturel et social, on ne peut pas perdre sa nationalité, c’est-à-dire ses origines, juste parce que cela est écrit sur un bout de papier. Les Camerounais détenteurs des passeports étrangers dégustent avec le même goût le ndolé, le sanga, le nkui, la sauce jaune et autres mets traditionnels, même s’ils prennent le visa pour entrer sur le sol Camerounais. Dans le fond, l’identité culturelle humaine ne se décrète pas, ne s’embarrasse pas des tournures juridiques aux desseins inavoués, elle transcende les calculs politiques, elle ne se raye pas par un coup de crayon

Figure : Achille Mbembe et la décolonisation de la pensée

Pour lui, il y a aujourd’hui double impératif d’une ouverture politique et économique, et surtout il rappelle que l’apathie des intellectuels africains, restés muets et sourds devant la nécessité de réfléchir à un modèle de démocratie sur le continent, peut être un facteur explicatif de la difficulté de ce régime politique à s’enraciner sur le continent. Un appel donc aux universitaires, sur le rôle qui est le leur dans la construction d’une société africaine fière d’elle-même, et surtout décolonisée dans la pensée.

Gouvernance : le piège qui guette les dirigeants illégaux d’entreprises publiques

Ces dirigeants qui s’agrippent donc à la fonction tout en ayant conscience qu’ils sont dans l’illégalité devront également être amenés, dans le cadre de l’application stricte de la loi, à rembourser tous les salaires et avantages dont ils auraient été bénéficiaires dans l’illégalité. Parce que comme on dit, on ne trompe jamais l’Etat. On pourrait même avoir un cas de figure où l’Etat saisisse tous les biens d’un ancien dirigeant de société pour rentrer dans ses droits.
Mais on n’en est pas encore là. Pour le moment, l’illusion du pouvoir prévaut, certains se considèrent toujours au-dessus de la loi et se disent qu’elle est faite pour les autres.

Education : le bal des vautours autours des frais d’Apee (2eme partie)

Ces Apee, devenues des vaches à lait qui engraissent les établissements et construisent les salles de classe, n’ont même pas un bureau pour eux-mêmes dans ces établissements, à part un réduit de 2 m 2 qui leur est concédé comme entonnoir pour cueillir de l’argent. Tout à côté, les chefs d’établissements sont pourtant assis dans des bureaux cossus. Aujourd’hui ces chefs d’établissement conditionnent l’inscription des élèves au paiement des frais d’Apee. Et si jamais l’Apee, qui n’est qu’une association, était dissoute, l’établissement fermerait-il? En attendant la réponse, il est facile de constater que les frais d’Apee sont de nos jours comme un gibier autour duquel les vautours rivalisent dans une danse, qui finit parfois au couteau

Education : le bal des vautours autours des frais d’Apee (1er partie)

Le constat aujourd’hui est que, malgré le caractère illégal de ces circulaires, du fait d’une part qu’elles sont en contradictions avec les dispositions légales, et d’autre part du fait qu’elle ne peuvent avoir primauté sur la Constitution, les lois et les décrets, les chefs d’établissements s’attèlent à les appliquer avec discipline et leurs méthodes, et des abus aussi. Même si on leur concédait la mise en application de ces circulaires, il reste encore constant que celle de février 2008 précise que la qualité de membre s’acquiert automatiquement après l’inscription d’un enfant, pas avant. On inscrit un élève dans un établissement avant de devenir membre de l’association des parents, on ne devient pas membre de l’association avant d’inscrire un enfant, comme l’imposent les chefs d’établissements

Drames urbains : les enquêtes à faire

Mais il y a un risque que les enquêteurs se laissent aller à la facilité et ne poussent pas plus loin. Après les causes de l’incendie, il faudra chercher les causes de la mort de ces six enfants. Il faudrait déterminer si les enfants étaient morts avant l’incendie, ou si c’est la fumée et les flammes qui les ont tués. Et cela devra être le résultat d’une analyse scientifique pour éliminer tout doute, ce qui suppose des précautions à prendre dès le départ. Des précautions qui commencent par la récupération des corps et leur conservation, et ensuite la sécurisation des lieux.

Figure : William Etéki Mboumoua, victime de son succès

« Un soir dit-il, alors que le président se trouvait à Mvomeka, il me téléphone non pas pour m’encourager, mais plutôt pour me signifier qu’il n’avait pas donné son autorisation à la tenue de cette conférence pour en faire une assemblée qui critique son gouvernement, le ton était ferme…la réussite de l’organisation de cet évènement n’était pas appréciée par certains caciques du gouvernement. Ils s’étaient donné tout le mal pour appauvrir les discussions, non satisfaits ils avaient usé des plus basses manœuvres pour me discréditer auprès du chef de l’Etat.

Justice : démission collective

celui qui s’abstient de dénoncer un délit ou un crime risque une peine de 1 mois à 3 ans et d’une amende de 20 000 à 1 000 000 francs. Mais encore faudra-t-il qu’il y ait quelqu’un pour dénoncer celui-là qui n’a pas dénoncé, puisque personne ne veut dénoncer. De toute façon, personne n’est à dédouaner pour cette déliquescence de la société, et même s’il y en a qui sont plus responsables que d’autres du fait du devoir régalien de l’Etat incarné par les procureurs de la république, les officiers de police judiciaire et les autorités administratives, cette affirmation de Mireille Bertrand Lhérisson s’applique en définitive à tous : « face à l’injustice, le silence est coupable. »

Discours tribal : l’obéissance à la logique coloniale

il n’y a que deux tribus, la tribu du ventre, celle de ceux qui sont aux affaires, qui ont tout pour eux et reproduisent leurs familles comme des ayant droit des biens de la nation pour les remplacer, et la tribu des exclus, celle du bas peuple, qui se soigne avec le médicament de la rue et qui s’entasse comme des sardines dans des cercueils roulants pour voyager. Ne pas le comprendre, c’est jouer le jeu du système, au détriment du peuple

Décentralisation : le pouvoir toujours…central

Pour les organes de mise en œuvre, le Cameroun a à ce jour : le Conseil national de la décentralisation et le Comité interministériel des services
locaux créés par la loi de n° 2004/017 et organisé par le décret n°2008/013 du 17 janvier 2008, le Comité national des finances locales créé par la loi n° 2009/011 du 10 Juillet 2009 portant régime financier des Ctd, qui dispose de relais régionaux (Comités régionaux des finances Locales) et départementaux (Comités départementaux des finances locales), la Commission interministérielle de coopération décentralisée créée par le décret n°2011/1116/PM du 26 avril 2011 fixant les modalités de la coopération décentralisée. Toute une artillerie lourde pour la maîtriser, mais jusque-là même un serpent de mer n’est pas aussi glissant que la décentralisation au Cameroun. Reste à savoir à qui profite cette inertie, mais il est certain que ce n’est pas aux populations à la base.

Figure : Christian Penda Ekoka, la pensée libre au sein du système

Dans un entretien accordé à jeune afrique en septembre 2018, il reprochait à Paul Biya et ses hommes leurs « stratégies des petits pas » qu’il jugeait dépassée et inopérante au regard de l’importance des enjeux. « Le monde va très vite, le Cameroun, trop lentement », disait-il, expliquant que c’est ce décalage qui crée des dysfonctionnements et engendre les crises dans lesquelles le pays s’enlise : « Le Cameroun souffre de ses défaillances de leadership et d’insuffisances institutionnelles. »

Endettement : le Cameroun en usure

le 2 août 2021, près de 700 médecins sortis des écoles et en chômage depuis un an manifestaient devant les services du Premier ministre à Yaoundé pour réclamer leur intégration. La réponse du gouvernement était que la soutenabilité budgétaire ne le permettait pas, c’est-à-dire en termes simples qu’il n’y pas de l’argent dans les caisses pour payer de nouveaux fonctionnaires, et que les perspectives ne sont pas bonnes.

Covid 19 : vers l’obligation du vaccin

Pour clore ce débat, le gouvernement n’a qu’à franchir le pas final, puisqu’il va y arriver un jour ou l’autre, celui de rendre obligatoire la vaccination pour tous les citoyens. Une loi ou une décision gouvernementale dans ce sens règlerait le problème, et couvrirait déjà les dirigeants des structures et leur donnerait les raisons de sanctionner leurs personnels sans courir le risque d’être poursuivis pour modification ou rupture unilatérale des contrats.

Gouvernance : L’incestueuse relation entre les fonctions dirigeantes et la justice

D’après Théophile Nga, anthropologue, le Cameroun est victime des modèles de justice importé « dans l’Afrique traditionnelle, lorsqu’une autorité est soupçonnée pour quelque chose, il y a un cadre restreint réservé pour le questionner, l’appeler à la prise de conscience ou à la réparation quand il reconnaît avoir commis un impair. Il le fait sans que la communauté soit avisé, il peut être délesté de ses responsabilités et punit si on le veut, mais de façon assez discrète pour que l’honorabilité de la communauté ne soit pas touchée. » L’honorabilité de la nation, c’est de ça qu’il s’agit, on ne peut pas faire croire comme c’est le cas au Cameroun, qu’il est normal de faire la navette entre les bureaux de fonction et les couloirs de la justice, qui ne sont pas fréquentés par les anges

Accidents de la route : les mesures « effets d’annonce »

de 2011 à 2017, le Cameroun avait enregistré 21 049 accidents de la route, occasionnant la mort de 7 203 personnes. Depuis lors, la situation n’est pas améliorée, puisqu’en 2020 comme indiqué, 3275 personnes ont perdu la vie sur la route, et les indicateurs ne présagent rien de bon pour 2021. C’est dire que la solution au problème ne se trouve plus dans la multiplication des mesures et autres directives, il est plus que temps de prendre le taureau par les cornes, ou comme on dit dans la culture bantou, commencer à nettoyer le champ par le fond. Autrement, les multiples mesures à l’application hypothétique, resteront des coups d’épée dans l’eau.

Figure : Nkotti François et la bataille pour l’authenticité musicale

par rapport à la musique du terroir, pas seulement le makossa, mais aussi le Ben skin, le bikutsi, le magambeu et autres, j’invite nos jeunes, quand ils vont ailleurs, à garder à l’esprit que notre patrimoine musical, ce sont ces musiques. Le Cameroun a plus de 200 ethnies et de nombreux rythmes. Je conseille aux jeunes artistes de puiser à l’intérieur de ces rythmes-là pour faire avancer la musique camerounaise

Mœurs : la morale dans la rue

« Il y a six choses que hait l’Éternel, Et même sept qu’il a en horreur; Les yeux hautains, la langue menteuse, Les mains qui répandent le sang innocent, Le cœur qui médite des projets iniques, Les pieds qui se hâtent de courir au mal, Le faux témoin qui dit des mensonges, Et celui qui excite des querelles entre frères. »

Héros nationaux : devoir de mémoire

Ces tunnels de Njock représentent ainsi un cliché de ce que subissaient les peuples camerounais, ce à quoi s’opposaient ces martyrs qui ont été liquidés en série ce 08 août 1914. 107 après, le Cameroun a un devoir de mémoire. Et si le Cameroun institutionnel semble les avoir trahis, la nouvelle génération ne devrait pas se permettre de laisser sa mémoire s’effacer complètement

Sécurité au travail : la côte d’alerte

Prévenir vaut mieux que guérir dit l’adage, et la sécurité au travail n’est plus une option, c’est une obligation que les multinationales connaissent bien, que les industries locales, les petites et moyennes entreprises, même les plus petits commerces et les plus petits métiers devraient intégrer, car on travaille pour vivre et on ne devrait pas aller trouver la mort à son lieu de travail.

Transport routier : la boucherie humaine et l’impunité

L’impunité en la matière, favorise également la recrudescence des accidents et les récidives. Sûr que si aujourd’hui le ministère des Transports publiait une liste des conducteurs incarcérés à son initiative à la suite des accidents, les autres chauffeurs réfléchiraient par deux fois, si tant est qu’il faille leur imputer à tout prix les causes des accidents, alors que les routent elles-mêmes ne respectent généralement aucune norme

Figure : Jacob Desvarieux, l’identité créole

Jacob Desvarieux rappelle surtout l’autre Afrique, celle qui s’est repensée, celle-là qui a refusé de se laisser absorber par la culture occidentale, et est allée chercher au plus profond d’elle-même l’essence de sa culture, et a finalement réussi à l’imposer au monde. Le créole adopté comme langue de chanson par ce groupe, est une preuve de la volonté de valorisation de son identité.

Immigration : le déni permanent de soi

De manière schématisé, on a au bout du cercle, un homme ou une femme qui a abandonné tout au pays, a pris le risque par mer et par désert pour se retrouver en Europe, où il vit caché parce que n’ayant pas de papiers, travaille au noir, obligé parfois d’épouser une vielle blanche pour l’homme ou accoucher un enfant avec un vieux blanc pour la femme, dans l’espoir de régulariser sa situation, et un jour revenir au pays avec la poubelle ramassée en bordure de route et dans les garages, bien rangé dans un conteneurs. Peut-on appeler cela réussite au fond ? Quand l’Africain a ainsi bradé sa dignité ?

Whisky en sachet : la désobéissance légale au Cameroun

En empêchant une manifestation publique de se tenir il protège le pouvoir, en empêchant la vente du whisky en sachet il protège la santé des populations et réduit le taux d’insécurité. Entre les deux, le choix est vite fait, au regard de toutes ces décisions d’interdictions dans le but de protéger la population qui restent lettres mortes… des années après

Cameroun : pays acéphale ?

Et pendant ce temps, que fait le chef du gouvernement qui est le premier ministre, garant de la cohésion gouvernementale, ce poste a-t-il encore un contenu dans le contexte camerounais ? Si les ministres sont nommés sur ses propositions, pourquoi ne met-il pas de l’ordre dans la maison où chacun est en train de démonter les câbles électriques de sa chambre, casser les pots, dégrader la peinture après s’être acheté une autre maison ailleurs ? Quelle maison Cameroun va rester après les occupants actuels ? La question mérite d’être reposée autant de fois que possible.

Covidgate : le rapport du Minfi fait perdre le sommeil au Minsanté

Par contre, une activité comme la construction et réhabilitation des centres d’imagerie médicale avec une dotation de 750 millions n’a pas été engagée, soit 0% du taux d’exécution, tout comme l’aménagement et équipement des morgues des formation sanitaires spécialisées prévu pour 172 millions mais avec un taux de réalisation de 0%, alors que des activités peu lisibles comme la gestion de l’hygiène en milieu hospitalier de prise en charge covid 19, avec une enveloppe de 1 milliard 150 millions, a entièrement été engagée et payée, ou encore la surveillance communautaire dans les districts qui a coûté au budget 1 milliards 813 millions de francs cfa, avec un taux d’exécution de 97,9%.

Figure : Viviane Ondoua Biwole, militante de la bonne gouvernance

Mais pour elle, le tout n’est pas que la femme se retrouve à ces différentes positions, il faut qu’elle prouve qu’elle n’y est pas arrivée grâce à des faveurs. L’un de ses ouvrages porte d’ailleurs sur les 100 femmes de l’émergence du Cameroun, dans lequel elle met en exergue leurs qualités et leurs parcours dans divers domaine. Un travail qui n’a autre but que de remettre en orbite la femme qui selon elle, n’occupe pas encore entièrement sa place. Dans le débat de la succession au pouvoir au Cameroun, elle a même proposé qu’il pourrait bien y « une femme camerounaise pour succéder à Paul Biya », et dit : « Alors, mesdames, sentez-vous capables ! »

Covidgate : la Dgsn et le Mindef sauvés par l’ignorance des procédures

« les projets de marchés ont été transmis au MINFI mais retournés pour non-respect des imputations budgétaires retenues, l’absence de recensement des besoins dans les régions et autres incohérences entre l’objet de la dépense et les activités devant être menées dans le cadre du décret de répartition. Par conséquent, ces projets de marchés n’ont pas bénéficié du visa juridique.

Covidgate : 132,4 milliards pour le fonctionnement sur les 180 prévisionnels

L’usage à faire finalement de ce budget du Fonds a été arrêté en respectant une habitude camerounaise, où quoique tout soit à faire, le contenu de l’enveloppe de fonctionnement est toujours largement supérieur à celui des investissements, on consomme plus pour investir peu. Ainsi, il a été retenu 47,6 milliards comme dotation en investissement et 132,4 milliards de fcfa comme dotation de fonctionnement, presque le triple.

Covidgate : L’argent du Fmi n’est pas dans les 180 milliards

En clair, sauf explication contraire, l’audit exigé par le Fond monétaire internationale concerne donc ses 222 milliards 400 millions accordés au Cameroun comme prêt. Parce que le rapport d’audit même partiel, rendu par la Chambre des comptes de la Cour suprême concernait bien les 180 milliards dont par le rapport du ministère des Finances, qui explique d’ailleurs l’origine des fonds n’incluant pas les 222 milliards 400 millions du Fonds monétaire international.

Etat de droit : autorité, pouvoir et privilèges à l’épreuve de la loi

En clair, la qualité de député donne des privilèges particuliers mais n’octroie pas une posture transcendantale vis-à-vis des autres citoyens dans la jouissance des libertés fondamentales. S’il y a une limitation conjoncturelle à la liberté de circuler, elle sera valable pour tous les citoyens, car il n’y a pas de droits de l’homme « spéciaux » pour les députés.

Figure : Mathieu Njassep, la foi d’un rescapé

Il se souvient : « Chaque jour, on était battus, plusieurs fois jusqu’au sang. On nous torturait au courant électrique qui était appliqué sur les parties sensibles comme le sexe. On était enchaîné tout le temps, affamés. » Le 5 janvier 1971, à l’issue d’un procès expéditif, il est condamné à mort, au même moment que son patron Ernest Ouandié qui avait été interpelé peu après lui et Raphael Fotsing. Comme il le dit lui-même, il ne sait pas pourquoi sa peine fut par la suite commuée en prison à perpétuité alors que ses camarades de lutte étaient fusillés sur la place publique à Bafoussam le 15 janvier 1971.

Redevances forestières : une richesse maudite ?

Quand les chefs traditionnels affirment dans une plainte qu’ils ont dépensé 2 500 000 francs dans les procédures pour contraindre les gestionnaires d’un compte à sortir l’historique, il y a de quoi être inquiet, parce que dans une situation normale, le sous-préfet aurait simplement convoqué ces gestionnaires et aurait tiré les choses au clair. Mais si lui-même doit être cité dans les plaintes, c’est juste confirmer qu’au Cameroun à cause des agissements de certains fonctionnaires, l’Etat protecteur… est devenu l’Etat prédateur.

Crise anglophone : l’enlisement et l’indifférence

Ensuite le législatif, que font les députés pendant ce temps ? L’Assemblée nationale elle aussi n’est pas concernée par la crise anglophone. En 5 ans, elle n’a pu inscrire le sujet à l’ordre du jour des différentes sessions, 14 au total depuis que la crise a pris une tournure violente en fin d’année 2016. Elle a achevé une autre session en juillet 2021, sans en toucher un mot. Curieusement, elle se montre plus préoccupée par la tranquillité du président de la république à l’étranger.

Compétences locales : toujours en berne

Les dirigeants camerounais, intelligents qu’ils sont, devraient résolument se poser la question de savoir si au quotidien ils mettent leur intelligence au service du bien ou du mal. Les compétences des jeunes existent au Cameroun, ils ne demandent qu’à être encadrés comme cela se fait dans d’autres pays, et le Cameroun sera moins dépendant de l’extérieur, même pour le masque de protection.

Travaux de construction : sécurité zéro, tolérance totale et fatale

Le propriétaire du chantier et le chef de l’entreprise en charge de la construction seront sûrement interpelés, mais iront-ils jusqu’en prison, pour avoir expressément provoqué par leur négligence la mort d’un citoyen et probablement handicapé d’autres. Il faudrait qu’on y arrive, pour redresser la barre, parce que jusqu’ici, dans le domaine du bâtiment et travaux publics comme dans bien d’autres, le mode opératoire est le même : sécurité zéro, tolérance totale

Figure : Samuel Mbappe Lépé, le maréchal du football camerounais

Poussé par l’amour de la patrie, rongé par une rage intérieure, il avait oublié la procédure, il avait oublié que son nom devait être dans la liste envoyée à la Confédération africaine de football longtemps à l’avance, il voulait seulement sauver son pays en outrepassant toutes les règles. Mais stoppé par les procédures, il regardera le reste du match là sur les gradins, souffrant dans sa chair, et ne put tenir debout quand l’arbitre donna le coup de sifflet final sur une défaite des lions indomptables.

Crise anglophone : les fonctionnaires en sacrifice suprême

Aucune communication officielle du porte-parole du gouvernement ministre de la Communication, aucune sortie du ministre de l’Administration territoriale au cours d’une conférence de presse avec un ton menaçant comme on le connait, mettant en garde les séparatistes et leur promettant de régler leur compte. Alors que ces sorties auraient joué au moins deux rôles importants, rassurer l’opinion et réaffirmer l’autorité de l’Etat. Elles auraient au moins donné l’impression que le gouvernement se préoccupe et aurait consolé quelques cœurs brisés. Ne pas le faire, contribue plutôt à cristalliser les sentiments et nourrir les ressentiments. Ce qui ne présage rien de bon quant à l’issue de cette crise, qui dure et perdure…

Désordre urbain : la case habitat

7 plans au total pour le résultat qu’on connaît. Peut-être faudrait-il ranger tous ces plans au placard, et revenir au simple bon sens, qui a guidé les grands bâtisseurs des villes urbaines, ou qui a inspiré les premiers maires de la ville de Douala, Christian Tobie Kuoh, André Michel Epée ou Jacques Bebey en 1969 n’avaient pas eu besoin d’autant de plans pour offrir au citoyen un cadre de vie agréable à Douala. Au vu des résultats obtenus, les divers plans élaborés depuis des années pourraient à juste titre être résumés en un seul ainsi dénommé ; le plan du désordre urbain au Cameroun

Habitat : construire en ville… à tous les prix

Le raccourci a causé la perte du rat, dit un adage de l’Ouest Cameroun. Tout ce qui arrive là n’est que la conséquence des raccourcis que certains cherchent à emprunter tous les jours. Comment faire pour contourner l’expertise des architectes, comment faire pour occuper tout le terrain, comment faire pour acheter le matériel moins cher, comment faire pour ne pas payer la main d’œuvre, ou la payer le moins cher possible, comment faire pour contourner les procédures légales en matière de construction, et autres.

Assemblée nationale : le bilan évasif de la session de juin 2021

à quoi cela sert d’applaudir et laisser passer à chaque session des lois, alors que l’on n’est pas en mesure d’appliquer soit même une simple ligne d’un décret, qui de surcroît aiderait la Chambre à mieux remplir ses missions de contrôle ? Le ministre des Finances a annoncé que le budget de l’année 2022 sera de 5649 milliards. En novembre les députés reviendront l’applaudir, chacun signera ses frais de session et rentrera vaquer à ses occupations. Ainsi va l’Assemblée nationale camerounaise

Figure : Arouna Njoya, le faiseur du premier roi

à la veille du passage du témoin, le choix de la France sera porté sur lui. Mais déjà ministre des Finances dans le tout premier gouvernement du Cameroun, il va proposer au cours des consultations un plus jeune que lui, Ahmadou Ahidjo qu’il avait copté et initié à la politique une dizaine d’année plus tôt,

Education : quel système éducatif pour le Cameroun

Le Cameroun peut toujours briser le pacte colonial pour devenir maître de ses programmes scolaires, afin que les établissements secondaires et les universités ne soient plus des usines de production des chômeurs, obligés de se reconvertir dans l’informel, avec des métiers dont la plupart est source de désordre urbain

Foncier : la course vers la terre

Pourquoi se bat-on ? Pourquoi la terre que tout le monde a trouvée est-elle devenue l’objet d’autant de batailles, aussi violentes les unes que les autres ? Comment arrive-t-on à vendre des terres, alors qu’on y a investi aucun sous ? Qui peut lever la main et dire qu’il a fabriqué dans une usine une portion de terre, qu’il vend par la suite au prix des cheveux de la tête ? En dehors des batailles, la terre est également devenue objet de violentes spéculations financières, et aussi un moyen de blanchiment d’argent sale comme l’a relevé dans un rapport l’Agence nationale d’investigation financière. Pour les hommes aux affaires, et les hommes d’affaires, c’est la course à qui aura le plus grand nombre d’hectares de terrain, avec un dévolu particulier sur les villes balnéaires. Si certains pouvaient même acheter tout le Cameroun ils n’hésiteraient pas.

Passeport contre Cni : jeu de milliards

si 20 millions doivent s’établir une carte d’identité à 1800 francs cfa l’unité, cela va engranger une somme de 36 milliards de francs cfa. De l’autre côté, si seulement 5 millions de Camerounais s’établissent un passeport, la somme totale générée à 110 000 francs cfa l’unité est de 550 milliards de francs cfa. L’argent généré par la production des cartes nationale d’identité n’est donc que du menu fretin devant ce que rapporte la production du passeport.

Héritage : que laissent-ils à la postérité

Le patriotisme ne se trouve pas dans la reprise systématique des mots « vive le Président Paul Biya » à la fin des allocutions, elle ne se trouve pas dans la grandeur de la photo du président de la république affichée dans son bureau. Le cultivateur de tomate de Foumbot n’a pas de photo du président Paul Biya dans son champ, mais il s’applique chaque jour à son travail avec assiduité, conscient de son devoir.

Figure : Edouard Etonde Ekoto, le rêve de Douala beach

L’initiateur du projet avait prédit qu’il prendrait 10 à 20 ans, on était en 2004. En 2021, il ne devrait plus rester que 3 ans pour que l’œuvre d’art soit achevée. La Can 2022 se serait jouée dans une ville de Douala brillant de mille feux, gaie et joyeuse à vivre, si et seulement si la vision était restée la même. Le projet a hélas pris de la poussière dans les tiroirs, pendant que la ville suffoque. Mais il n’en revient pas moins au colonel Etonde Ekoto, le mérite d’avoir essayé.

Urbanisation : quelle ville pour le citoyen

Aucune ville camerounaise dans le top 10, et plus insultant, y figurent des villes capitales des pays qui il y a quelques années enviaient encore tout au Cameroun, comme Addis-Abeba de l’Ethiopie qui a suscité la pitié du monde entier par sa pauvreté, ou Kigali du Rwanda tristement connu par le génocide de 1994. Que manque-t-il au Cameroun, pour que ses villes soient plutôt des foutoirs, comme le regrettait feu Joseph Pokossy Ndoumbé ? Un adage dit : Comme on fait son lit, on se couche. Dans le cas d’espèce on pourrait dire, comme on construit sa ville, on y habite

Urbanisation : quel citoyen pour la ville ?

Il s’est ainsi développé avec le temps, une espèce de citoyens dans la ville, qui ne se retrouvent pas, mais qui doivent survivre. Ils ne connaissent rien du code de conduite en ville, du respect de la chose publique et de la personne d’autrui, parce que leurs tuteurs n’ont pas pris le temps de leur apprendre à intégrer ce nouveau milieu de vie. La poussée démographique, le chômage et même la situation sécuritaire à l’intérieur et aux frontières aidant, ce type de citoyens se retrouvent à constituer la masse critique de la population de la ville aujourd’hui. Un type d’habitant de la ville qui n’a aucune intention de se soumettre aux normes, mais veut plutôt imposer les siennes, d’où le bras de fer permanent avec l’autorité.

Covidgate : le Parlement a-t-il peur du rapport d’audit ?

Mais qui aurait peur du rapport, au point d’évoquer la raison d’Etat pour retarder sa présentation devant le Parlement ? C’est le lieu de se demander aussi avec l’analyste Sylvie Mullie si « la raison d’État, dès lors qu’elle ne prétend même plus être au seul service de la sauvegarde de l’intégrité d’une nation, d’une république ou encore de l’ensemble de ses citoyens, est-elle véritablement fondée ? »

Endettement : siphonage organisé des caisses de l’Etat

Et ce cas d’organisation mafieuse pour siphonner les caisses de l’Etat n’est qu’un parmi tant d’autres. L’Etat camerounais est dans un gouffre financier, comme le rappelle les rapports du Fond monétaire international, une situation hélas entretenue par de nombreuses niches de prédation logées dans les administrations, où volontairement on néglige d’appliquer des textes qui pourrait faire quelques économies. Décidément !

Figure : Ngo Madeng Pauline, la couronne de l’indépendance

Le combat pour la valorisation de la fille est loin d’avoir commencé, avec l’histoire de la reine de l’indépendance. Depuis l’aube des temps, la jeune fille est utilisée comme un pot de fleur sans lequel le décor ne sera pas parfait, mais qui est abandonné sur le lieu des festivités parce que devenu inutile, alors que les autres acteurs rentrent dans l’histoire, on ne parle plus que d’eux. Le phénomène est davantage accentué au Cameroun où le pouvoir n’a pas développé la culture des archives et la célébration des héros. Mais il n’est pas tard. De même que les héros de l’indépendance, même ceux qui étaient considérés à l’époque comme des ennemies ont bénéficié d’une loi de réhabilitation, les héroïnes de la scène des cérémonies peuvent aussi avoir droit à un peu d’égard.

Résolution des crises : le faire semblant permanent

Une preuve de plus que les administrateurs camerounais vivent dans un autre Cameroun, fait de luxe et de satisfactions permanentes, où on ne connaît pas le prix de la tomate au marché et où on prend le carburant à la pompe avec des bons sans se soucier du prix du litre, un Cameroun de la bourgeoisie qu’ils présentent comme un paradis, alors que les populations vivent dans un autre Cameroun avec ses lots de souffrances quotidiennes. Au même moment où les gouverneurs des régions s’accordaient pour dire que tout va bien, six fonctionnaires, représentant cinq ministères de la république étaient kidnappés dans un village dans l’arrondissement de Ekondo Titi, et l’un d’eux a été exécuté deux jours plus tard.

Crise anglophone : la crise

L’enlèvement des 6 fonctionnaires de Ndian, qui en plus, est opéré dans le département d’origine du Premier ministre, est plus qu’un affront de la part des forces séparatistes, c’est une manière de narguer le pouvoir de Yaoundé, une façon de dire que les discours rassurants du ministre de Yaoundé n’engagent que ceux qui y croient, la réalité de terrain étant autre. Mais dans cette guerre d’égo, doit-on continuer à sacrifier la vie des fonctionnaires, qui ne demandent qu’à servir ? Si l’Etat est incapable d’assurer la sécurité des fonctionnaires dans les zones anglophones, autant ne plus endeuiller des familles.

Transport en commun : le suicide en sursis

Quoi qu’il en soit l’accident de la falaise de Dschang interpelle une fois de plus, plus que jamais, l’administration camerounaise des transports. L’infrastructure routière est déjà un facteur d’aggravation des accidents, quand on y ajoute l’état des véhicules, surtout ceux qui font le transport de masse, tous les ingrédients sont réunis pour que prendre la route au Cameroun soit synonyme de prendre un ticket pour un saut dans l’incertitude. Un accident n’est jamais un fait du hasard, c’est toujours la combinaison de plusieurs négligences, à chaque maillon de la chaine de prendre ses responsabilités

Emancipation de l’Afrique : L’espoir Gbagbo

Que lui reprochait-on en réalité ? Juste d’oser penser le bien-être des Ivoiriens et lutter pour une indépendance véritable de l’Afrique. Ils lui reprochaient la même chose qu’à Thomas Sankara au Burkina Faso, qu’a Mohammar Khadafi en Libye pour ne citer que ces derniers. Leur crime commun étant de combattre l’impérialisme et de vouloir donner plus d’autonomie à l’Africain, lui permettre de vivre de ses ressources et éviter que les richesses du sol africain ne soient plus pillées dans le sang et la douleur des Africains. Pour cela il fallait les mettre hors d’état de nuire. Mais comme dit un adage, « il y a des moments dans la vie où on est appelé à courir, même si l’on n’a rien à rattraper. Mais quelle que soit la vitesse de notre course, la vérité finira toujours par nous rattraper. » Le retour libre de Gbagbo est la preuve qu’il y a de l’espoir pour l’Afrique.

Figure : Mola Njoh Litumbe : problème anglophone, le retour aux textes

Au moment où il lançait ces alertes répétées, la crise anglophone n’avait pas atteint la phase actuelle, où des cadavres sont devenus des trophées. Quand les armes ont commencé à crépiter, il a continué à appeler à la discussion, jusqu’à ses 94 ans. Il est mort le 26 mai 2020 dans une clinique à Douala, toujours convaincu que le problème anglophone trouvera une solution par la force de l’argument, et non l’argument de la force, qui n’est dans le fond que l’expression d’une certaine faiblesse, pour ne pas dire d’une faiblesse certaine…des arguments

Covid 19 : le « vaccin » qui profite aux autres

Les dirigeants camerounais eux aussi, peuvent mettre de l’énergie, pas à ce que les populations se gavent les organismes des produits extérieurs dont elles ne connaissent rien de la composition, mais pour encourager les solutions locales, car elles existent et font leur preuve, quand on veut bien leur en donner l’occasion. Avec les vaccins des laboratoires occidentaux, sur le plan sanitaire le camerounais n’est sûr de rien, économiquement il ne gagne rien. Pour qui vivons-nous alors ?

Coronavirus : l’embarras du vaccin

On aura beau ne pas vouloir accepter, ce qui se passe actuellement nous ramène fatalement à cet extrait de la bible, dans le livre de Révélation chapitre 13, verset 16 à 18 : « …et l’image se mit à parler et elle faisait mourir ceux qui refusaient de l’adorer. Elle amena tous les hommes, gens du peuple et grands personnages, riches et pauvres, hommes libres et esclaves, à se faire marquer d’un signe sur la main droite ou sur le front. Et personne ne pouvait acheter ou vendre sans porter ce signe : soit le nom de la bête, soit le nombre correspondant à son nom. C’est ici qu’il faut de la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence déchiffre le nombre de la bête. Ce nombre représente le nom d’un homme, c’est : six cent soixante-six. »

Contrôle gouvernemental : les députés piégés par les micro-projets

Ainsi chaque année, au moins un milliard 440 millions de francs disparaissent du trésor public, sans trace et sans obligation de rendre compte. Tout le monde s’en est accommodé, en commençant par les députés à qui cette gabegie profite. Difficile dans ce cas pour eux d’ouvrir les yeux devant les scandales financiers à répétition du gouvernement, puisque désormais ils se tiennent entre eux, et en bas le peuple trinque. Quand le député ignore la règle de redevabilité et est incapable de rendre compte lui-même de la gestion qu’il fait des deniers publics, à quel titre va-t-il demander des comptes lui aussi ?

Justice : perdue dans le palais

On est face à un procès de l’absurde comme celui décrit par l’écrivain pragois Franz Kafka dans l’œuvre titré le Procès, qui décrit le lent processus d’aliénation mental que crée cette situation d’incertitude, de non-dits, d’annonces contradictoires et d’attentes interminables. L’arbitraire est pourtant dénoncé au sein de la justice camerounaise depuis des lustres. Le 23 février 2012, le défunt Procureur général près la Cour suprême Martin Rissouk a Moulong, au cours de la rentrée solennelle de la justice, avait saisi l’occasion pour revenir sur le principe de motivation dans le rendu des décisions judiciaires, demandant aux juges de toujours veiller à ce que leurs décisions soient motivées, pour ne pas commettre ce qu’il a appelé, des «assassinats judiciaires», qui n’honorent pas le Cameroun

Figure : Augustin Fréderic Kodock, la nationalisation de l’import-export

« Pour nous à l’époque, être un pays moderne, c’était avoir les usines. Les jeunes garçons qui faisaient le stage dans la Direction des Affaires Economiques peuvent le rappeler, parce que je n’avais pas l’habitude de peigner la tête. Ma tête était toujours mal peignée. Et quand ils me posaient la question : “pourquoi, monsieur le Directeur, vous n’avez pas peigné la tête ?”. Je disais : “Foutez-moi la paix, quand je dors je rêve des cheminées’. C’est ce que je disais. Pour moi, c’était la cheminée qui montrait qu’on faisait le progrès. Il fallait donc créer les usines. » Frédéric Augustin Kodock est mort le 24 octobre 2011 à Yaoundé. Le 30 juin 2019, une statue en sa mémoire a été inaugurée à Mom gare, son village natal, question de pérenniser la mémoire d’un homme, qui au-delà de toute considération, aura rêvé d’un Cameroun économiquement riche et prospère, moins dépendant des institutions financières internationales.

Endettement : quand le Fmi a pitié du Cameroun

Et il faut dire que dans le cas d’espèce, l’institution de Bretton Woods est même gentille d’indiquer ces mesures correctives au Cameroun, pour lui dire, au lieu de continuer à emprunter de l’argent, tu peux faire des économies en faisant tel ou tel réajustement. Dans le fond, elle aurait bien pu laisser le pays s’enfoncer avec ces dépenses dispendieuses, et continuer à venir tendre la main. Accorder des prêts n’est pas un problème pour le Fmi, elle est là pour ça, et le Cameroun reste crédible en raison de la richesse de son sol et de son sous-sol. L’Institution peut toujours pomper de l’argent et laisser les dirigeants dilapider, et dans dix ans elle viendra sceller le pays et mettre tout le monde dehors, comme l’huissier qui expulse un homme qui a mis sa maison en gage pour emprunter de l’argent. Ceux qui voudront rester seront transformés en esclaves, travaillant pour payer des dettes, jusqu’à ce que la mort les sépare.

Environnement : Douala, malade des toilettes publiques

La capitale économique se prépare à recevoir la coupe d’Afrique des nations, raison supplémentaire pour que les autorités municipales dotent la ville d’un minimum de toilettes publiques et d’urinoirs. Mais au-delà des événements ponctuels, les toilettes publiques ne sont plus seulement un enjeu de santé publique pour un pays en développement comme le Cameroun, mais aussi dans les villes, et surtout Douala la porte d’entrée, elles deviennent un défi écologique et même économique, car en plus il existe des entreprises et des start-up qui se développeront bien tout en évitant à la ville, de continuer à être un vaste urinoir.

Décision administrative : efficacité nulle

Où est-ce à dire que ces autorités ne sont plus revêtues de l’autorité même que leur confèrent les décrets de nomination ? A l’allure où vont les choses, le laisser aller qui s’est installé dans la société camerounaise, interpelle plus que jamais ces autorités qui, à moins de ne plus se prendre elles-mêmes au sérieux, devraient se remettre en cause, faute de remettre en cause leurs méthodes de travail ou la façon avec laquelle elles s’y prennent, pour éviter le ridicule permanent qui transparaît dans l’aisance avec laquelle l’on se moque de leurs décisions. L’autorité de l’Etat doit être restaurée, mais il faut bien que cela commence par une introspection de ceux qui l’incarnent, car comme le dit la sagesse, il faut se respecter soi-même, quand on veut être respecté.

Droits de l’homme : Wazizi et le corps introuvable

Quand le train arrive à Yaoundé en fin de soirée, on ouvre le fameux wagon et retire 25 corps de prisonniers qui étaient morts asphyxiés. Les 32 autres, qui avaient survécu miraculeusement sont conduits à l’hôpital, où deux autres succombent, les survivants achèvent plus tard le voyage dans les geôles de la redoutable BMM. Le pouvoir organisa un silence autour de l’affaire, les corps furent enterrés en catimini. Plusieurs jours après, alors que la rumeur montait, le pouvoir publia un communiqué vague à la radio, mais un prêtre journaliste publia dans le journal l’Effort camerounais un article avec les détails de l’affaire. Il fut expulsé du Cameroun et le journal saisi. Une prétendue enquête sera bouclée plus tard et conclura à l’asphyxie accidentelle. Le communiqué de l’armée sur la mort du journaliste Samuel Wazizi ne disait pas autre chose, il est mort de sepsis sévère, et on ne sait toujours pas ce qu’est devenu son corps, dans un « Etat de droits », où les lois nationales et les conventions internationales garantissent la dignité de l’homme, libre, en prison

Figure : Martin Rissouk a Moulong ou l’intégrité judiciaire

Pourtant, contrairement à ses cadets dont certains, comme le disait en 2014 le premier président de la Cour Suprême Alexis Dipanda Mouelle, « se comportent comme des superman, croyant sortir de la cuisse de Jupiter », il n’est pas passé par l’Ecole nationale de l’administration et de la magistrature pour apprendre à être un bon magistrat, ayant été recruté après sa licence en droit. Fervent défenseur de l’indépendance de la justice vis-à-vis du pouvoir exécutif, il ne se serait jamais laissé influencer.

Cameroun : les fonctions du déshonneur

Ainsi, dans des situations où sous d’autres cieux des ministres démissionnent seuls, au Cameroun ils ne le font pas. Un parti politique veut manifester pour l’exiger, l’administration l’interdit, et le porte-parole du gouvernement demande de les laisser tranquilles. Si cela n’est pas de l’apologie à l’opacité et au déshonneur, cela y ressemble étrangement

Bien public : la privatisation à volonté des trottoirs et chaussées

Autant le fonctionnaire ou le gestionnaire de la fortune publique ne doit pas confondre l’argent public à l’argent privé, autant le commerçant, et par extension chacun à son niveau, ne doit pas confondre la chose publique à une propriété privée. Si chacun avait respecté ce minimum, la mairie de Douala 2eme et toutes les autres mairies des grandes villes qui cherchent encore le courage de mener cette bataille, ne seraient pas en train de courir avec les commerçants. Toutes ces batailles ne sont que la résultante du non-respect de la chose publique, qui a été érigé en norme, au détriment de la citoyenneté.

Endettement : le Cameroun resserre la corde de l’esclavage à son cou

En d’autres termes, plus que jamais, le Cameroun a resserré la corde de l’esclavage à son cou, comme le père endetté et mauvais gestionnaire, et le banquier est désormais en droit de venir chez lui prendre femmes et enfants, le terrain et tout ce qu’il y au-dessus comme en dessous, sans qu’il n’ait un mot à dire, si oui « merci ». Pas étonnant que les terres soient bradées à tour de bras, et que toutes les ressources du pays prennent la route de la mer, avec la bénédiction des autorités.

Covidgate : comme dans la mafia sicilienne

En tout état de cause, les fonds Covid ont permis à l’administration camerounaise de démontrer une fois de plus sa capacité à se transformer en un réseau tentaculaire, capable d’opérer de sang-froid, parce qu’on s’est aménagé des positions d’autorité. Mais le pouvoir corrompt, et c’est ce que retient comme l’une des leçons du film le parrain un critique d’art dans le site internet booska-p.com, en expliquant : « Tout comme son père qui pour s’extirper sa condition sociale s’est autorisé tous les écarts (intimidation, racket, meurtre…) jusqu’à devenir l’incarnation du mal absolu, Michael Corleone dérive de la même manière à compter du jour où il prend les rênes de la Famille. Le jeune homme idéaliste qu’il était à ses débuts se mue en effet au fil des événements en être arrogant et calculateur qui sous couvert d’une rationalisation de façade selon lequel le crime est une activité comme une autre, les autorités sont tout aussi corrompues, ne vit que pour assouvir ses ambitions, quitte à sacrifier en chemin celles et ceux qu’il souhaitait initialement protéger (sa femme, ses enfants, son frère…). »

Découverte : le peuple Iyassa, protégé par le rocher

Dans l’ensemble, ce peuple ne fut pas l’objet de déportation comme les autres peuples de la Côte. Le chef raconte que le seul Iyassa qui fut arrêté quand il ramait le long de la côte pour aller vendre les noix de coco à Kribi, s‘appelait Molyko, qui fut déporté à Limbé, où il mourut plus tard. Il précise que le stade Molyko de Limbé est en la mémoire de fils Iyassa, qui a été célèbre partout où il a été et sa famille est encore vivante à Ebodjé.

Covidgate : les médicaments made out of Cameroon

Pourquoi des médicaments, qui devaient être produits ou achetés en urgence pour une maladie qu’on présentait de redoutable, n’ont jamais été utilisés, que sont-ils devenus donc, pourquoi avoir finalement mis autant d’argent et d’énergie dans une activité qui jusqu’ici n’a en rien été utile pour la riposte contre la maladie ? Dans cette affaire de médicament donc, les seuls à avoir tiré profit, sont une fois de plus ceux qui se sont assuré des rétro commissions dans les commandes, et les sociétés fantômes qui se sont réveillées pour venir aussi se servir dans cette grande marmite des Fonds covid, autour de laquelle les prédateurs s’activaient chacun pour se faire la plus belle part. Ils avaient oublié que la marmite était encore au feu, et qu’elle pouvait s’avérer très brûlante.
Il y a un temps pour toute chose

Covidgate : le recours aux malades fictifs

Au fur et à mesure que l’on scrute le rapport de la Chambre des comptes, l’on se rend compte que la machine des malversations des fonds covid 19 au cours de l’année 2020 avait pris corps au sommet, et a progressivement étendu ses tentacules vers le bas, impliquant tout le monde au passage. Le schéma mis en place au ministère de la Santé est presque dessiné dans ce rapport, et les Camerounais ont au fur et à mesure qu’ils parcourent les lignes, la confirmation de ce qu’ils soupçonnaient déjà. Le Covid business n’étaient pas une fiction, c’était une réalité qui se révèle au grand jour aujourd’hui, confirmant une fois de plus les écrits des saintes écritures : « il n’y a rien de caché qui ne sera révélé au grand jour » Et pour ceux qui croyaient se cacher derrière tel ou tel pour ne pas assumer leurs actes, il est également écrit : « Chacun rendra compte de lui-même à Dieu »

Covidgate : l’emploi des sociétés fantômes

Lesquelles redevances sont désormais payées par virement au Cameroun. Comment faisait Mediline Medical Cameroon SA pour payer la Cnps, les impôts et autres si son compte bancaire était inactif le 1er juin 2020, et si elle ne payait rien de tout cela, quelles pièces ont servi à la constitution de son dossier de soumission, pour que des marchés de 24 milliards lui soient attribués en 6 mois ? Au demeurant, La Société Mediline Medical Cameroon SA rentre ainsi dans les annales du Cameroun, comme cet instrument qui aura été utilisé pour siphonner les Fonds Covid, et le phénomène Mediline sera désormais retenu comme le fait de réveiller une société fantôme pour gagner des marchés faramineux en engloutissant au passage sans limite de l’argent public.

Covidgate : les « morguiers » bureaucrates

ils ne sont pas différents des riverains véreux qui fouillent et dépouillent les cadavres des accidentés, et même de ceux qui se battent encore pour survivre, au lieu de leur venir au secours. Sauf qu’il y a des cadavres qui peuvent se retourner, même dans la tombe, ou mieux, ils ont la mémoire courte, ils ne se rappellent pas que ceux qui ont accouru avec des jerricanes pour recueillir le carburant qui coulaient des citernes de Nsam Efoulan, croyant que c’était une manne tombée du ciel, ont été tous calcinés.
Il y a un temps pour toute chose.

Figure : Emilia Monjowa Lifaka, le combat souterrain pour la résolution politique de la crise anglophone

» De l’entregent, Munjowa Lifaka en avait à revendre, et grâce à cela elle aurait, d’après les confidences, réussi à convaincre son collègue Joshua Osih, 1er vice-président du SDF et originaire de Buea comme lui, à signer une lettre controversé au Senat américain qui niait en bloc que la situation est dégradée dans la zone Anglophone du pays. Avec la sortie de scène de Chief Mukete, Munjowa Lifka était également en passe de devenir la patronne politique du Rdpc dans le Fako, avant d’être brutalement appelée à des fonctions éternelles, un mois après avoir entamé sa 63eme année

Crise anglophone : le gouvernement appelle le privé au secours

les entrepreneurs et les chefs d’entreprises se disent incompris, abandonnés, naviguant entre la baisse de l’activité pour certains, l’arrêt complet de l’activité pour d’autres, des blocages de comptes bancaires à la suite de redressements souvent fantaisistes et, dans le même temps, contraints de subir de contrôles administratifs, intempestifs et disproportionnés, notamment fiscaux , douaniers, ou encore relevant d’autres administrations.

Coronavirus : le temps de la justice

Pour le moment, la sérénité règne encore dans les rangs des gestionnaires de ces fonds. Bénéficiant de l’immunité liée à leurs différents postes, les personnes soupçonnées peuvent encore s’habiller de leurs titres respectifs, imposer du respect autour d’eux par la grosseur de la voiture ou le protocole qui les entoure, faire du trafic d’influence, mais l’aiguille tourne. En 2021, Jacob Zuma est en train de répondre des faits de corruption, de pots de vin et de trafic d’influence qui se sont déroulés il y a 22 ans. Parce qu’il y a certains faits qui ne sont pas prescriptibles.

Tchad : l’Union africaine veut ouvrir la boîte de Pandore

Conseil semble se retrouver dans un dilemme: rester attachée à ses principes ou ouvrir la porte à d’éventuelles prises du pouvoir en dehors du cadre constitutionnel. L’Union africaine joue en tout cas là sa crédibilité. La suspension immédiate du Mali avait contraint les putschistes à revoir leurs ambitions et la sanction n’avait duré que 51 jours exactement. Au Tchad, les hésitations confortent chaque jour qui passe les militaires dans leur bon droit, et l’intention de l’Union africaine d’accompagner la transition dans ce pays risque de se révéler être un couteau…à double tranchant.

Circulation : les camions grumiers et les tueries urbaines

Robert Nkili, alors ministre des Transports, signait le 20 octobre 2014 un arrêté dont la teneur lit : « Il est interdit la circulation des camions gros porteurs entre 6h et 21h tous les jours sauf les weekends. En outre, la circulation diurne des gros porteurs aux seuls axes périphériques par les autorités de la ville est limitée. Également limité, la vitesse de circulation à 40 km / h aux heures autorisées. Ces mesures du Ministre des Transports concernent particulièrement les grumiers, les ensembles articulés de remorque et de semi-remorque, les camions plateaux, les camions de sable, les camions citernes qu’ils soient vides ou chargés » A ce jour, cette mesure reste strictement appliquée dans la ville de Yaoundé, où ne peut apercevoir des camions-grumiers dans la ville en journée. Mais sur ce point, Douala est restée la ville rebelle, et cette fois la rébellion est entretenue par l’autorité administrative qui laisse faire. Avec au bout des vies humaines à déplorer.

Figure : Joseph Pokossy Doumbé : l’éthique du pharmacien

C’est avec ce titre qu’il a rendu l’âme le 28 avril 2021 à l’âge de 89 ans, laissant derrière lui une ville de Douala encore loin de son rêve, devenue d’après ses propres termes un véritable « foutoir. » Il laisse également une profession de pharmacien qui doit se repenser pour ne pas être noyée dans la contrebande, et en privé, une famille de 9 enfants qui font sa fierté, car disait-il, « ils ont tous fait des études supérieures, ils sont bien dans leur travail, mais aucun d’entre eux ne joue au fils à papa » Sur ce plan au moins il est parti avec le sentiment du devoir accompli.

Cyclisme : la mort programmée

Dieudonné Ntep n’est pas mort, il a été tué par la conjugaison des négligences, des corruptions et du clientélisme qui ont fait leurs nids dans les fédérations sportives camerounaises. Son départ tragique montre une fois de plus que dans certains domaines, le Cameroun ne se contente plus seulement d’être au fond du trou, il continue de creuser

Commandement traditionnel : quand les qualités laissent place aux « critères »

Ces conseils ont été soigneusement mis de côté, au profit d’une politique insidieuse d’assimilation, actée plus tard par une loi qui a enlevé à la chefferie traditionnelle toute sa substance, ne laissant sur place qu’une coquille vide gardée par un auxiliaire que le sous-préfet ou le préfet convoque à souhait. A raison d’ailleurs, puisque la loi le lui autorise, et surtout que les concernés eux-mêmes ne s’en plaignent pas. Ils sont nombreux à l’Assemblée nationale, au sénat, et aujourd’hui dans les conseils régionaux, mais il ne leur est pas encore arrivé à l’idée de demander la révision de cette loi de 1977. Certaines chefferies traditionnelles résistent encore à ce mode de désignation désacralisant, comme l’on a constaté en mars 2020 à Kumba, où le défunt Fon Mukete avait de son vivant désigné son successeur sans que l’administration soit mêlée. Mais pour combien de temps encore ?

Réseau routier : les péages de la corruption

le philosophe Albert Einstein disait « le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire » Regarder d’un œil complaisant les criminels à col blancs ou en blouse orange qui détournent pendant 28 ans 100 milliards de francs cfa collectés en monnaie de 500 francs, ne rien faire, et feindre d’exprimer sa compassion face aux souffrances des populations, c’est comme on dit dans la culture bantou, tuer l’enfant de quelqu’un et être le premier au deuil, et en plus pleurer plus que tout le monde. Une fois de plus, la volonté politique est ce qu’il faut pour éradiquer un certain nombre de fléaux, et assurer un minimum de bien être aux populations.

Cameroun : fonds covid, l’urgence de…faire vite

Qui ne comprend pas que les intérêts stratégiques de l’Etat sont en jeu dans la lutte contre le corona virus, et que cela justifie à la lumière de ce décret qu’il faut faire vite ? Et en plus, ces marchés ne sont-ils pas passés sur très haute instruction du Chef de l’Etat, comme le prévoit la loi ? Des questions cessent d’être posées, quand on sait qui est l’Etat au Cameroun.

Figure : Simon Achidi Achu, « politic na njanguy »

Il s’attela tant bien que mal à la tâche, utilisant au mieux les moyens d’Etat mis à sa disposition pour tenter de renverser la force militante qui avait tourné le dos au pouvoir, et pour mieux parvenir à ses fins, il adopta la formule devenue célèbre, « politic na njanguy », la politique c’est la tontine. Dans un langage plus terre à terre, il voulait ainsi faire comprendre aux populations qu’il faut voter pour le parti, le vote étant assimilé à la mise dans la tontine, pour qu’en retour les recrutements des fils de la région dans la fonction publique, des investissements ou des projets de développement et autres soient orientés vers eux, ce qui sera le bénéfice de la tontine. Autrement dit fallait voter pour avoir les dividendes politiques.

Covidgate : cacophonie au sommet

Comme dans le Watergate au Etats Unis, l’enquête menée au début par les employés de la Maison Blanche n’a abouti à rien, on peut deviner pourquoi. Le Fbi prit le relais par la suite sans résultat, on peut encore deviner pourquoi. Au Cameroun l’enquête initiée par l’administration piétine, mais on n’est encore qu’à l’entrée, le tunnel semble bien long

Succession : Franck Biya, un épouvantail ?

Face aux manœuvres de diversion, les Camerounais ne doivent pas perdre de vue l’essentiel, qui est l’amélioration de leurs conditions de vie. L’accent et la pression devront être mis pour la résolution des problèmes quotidiens, tout en gardant un œil ouvert, car il n’est pas exclu qu’après la préparation de l’opinion, quelques coups de feu soient incités aux frontières, pour parachever la forfaiture.

Travail : absence de volonté de réduire le chômage

Maintenir le Smig à 36 000 alors que le coût de la vie augmente chaque jour qui passe, est une façon déguisée de maintenir la population dans la misère, tout en faisant en même temps la promotion d’une classe bourgeoise réservée. Par le décret 2019/321 du 19 juin 2019, le président de la république fixait les catégories d’entreprises publiques, la rémunération, les indemnités et les avantages de leurs dirigeants. Aux termes de ce décret, il y a des directeurs d’entreprise publique au Cameroun dont le salaire mensuel et ses accessoires plafonnent à 12 millions de francs Cfa. Entre 36 270 F cfa prévu pour le miséreux, et 12 millions, chacun peut prendre le mètre pour mesurer le fossé, et surtout apprécier la volonté du gouvernement de construire une société juste, faite d’hommes égaux en droit et en devoir

Figure : Lazare Kaptué, la bataille pour la recherche et la formation des médecins

un an après avoir quitté ses fonctions au ministère de la Santé, il s’était, outre ses fonctions académiques, consacré à fondation de l’Association pour l’Education et le Développement (AED), promotrice de l’Université des Montagnes (UdM). L’ambition était de prêter main forte à l’Etat dans la formation des médecins au Cameroun, dont la carence se faisait criarde d’années en années, alors que l’Etat ne pouvait admettre plus de 80 étudiants en médecine chaque année. La tâche fut rude pour le professeur Lazare Kaptué, qui présidait au destinée de cette université depuis 2008. Il était obligé, faute d’avoir obtenu du ministère de l’Enseignement supérieur les autorisations nécessaires de délivrance des diplômes de médecine, de faire parachever la formation de ses étudiants à l’Université de Kinshasa en République démocratique du Congo, d’où ils revenaient avec le diplôme de médecine

Paludisme : et si on valorisait la recherche locale ?

Elle ambitionne en plus de produire une capsule, type comprimé effervescent, à dissoudre dans l’eau, et son rêve serait « que ses recherches soient reprises dans un projet plus vaste pour aider le Cameroun dans sa lutte contre le paludisme et contre d’autres maladies induites par les moustiques. » Si sur les 135 milliards de francs cfa que le Cameroun dépense sur le paludisme chaque année, seulement un milliard était mis à la disposition de la chercheuse, sans doute révolutionnerait-elle la recherche en matière de l’éradication de cette maladie. Ne vaut-il pas la peine d’essayer ?

Douala/Yaoundé : désordre urbain, la bête noire des maires de ville

. On dirait même que le maire de la ville essaie de gagner du temps, devant une situation qui le dépasse, pour à la fin de son mandat dire qu’il a quand même essayé quelque chose. Bref, un an après, les super maires ont démontré leur incapacité à apporter un début de solution au désordre urbain dans toutes ses manifestations. Mais la mobilité urbaine doit et devrait être une préoccupation permanente des gestionnaires de la ville, et face à l’instinct de survie qui pousse les populations à ne plus tenir compte d’un minimum de règles, il est recommandé une main de fer dans un gang de velours. Si la ville ne vaut que par les habitants qui la peuplent, elle ne doit pour autant pas mourir à cause de ces habitants.

Tchad : la France béni le coup de force militaire au pouvoir

Il n’échappe plus à personne que dans la géopolitique, l’insécurité est créée de toute pièce là où on veut s’installer et protéger quelques intérêts, on utilise la technique du pompier pyromane. Toujours est-il que ce qui se passe au Tchad interpelle plus que jamais le Cameroun et les Camerounais. Quand l’incendie prend chez le voisin, il faut craindre que la chaleur arrive chez soi, dit la sagesse africaine. Le Cameroun n’a-t-il pas de raisons d’être inquiet, avec ce qui arrive chez le voisin, surtout que ce n’est pas le prétexte de l’insécurité qui manque au Cameroun ?

Patrimoine: la mémoire du premier couple présidentiel enterrée…ailleurs

Les corps du premier couple présidentiel camerounais reposent désormais à l’Etranger, quelle image pour le Cameroun ! Le décès de la première dame ne devrait-il pas être l’occasion pour le pouvoir de se racheter ? La bible dit dans Exode chapitre 20, verset 12, « honore ton père et ta mère », et au-delà, même quand un fils déteste son père, ne déporte-t-il pas son affection sur sa mère ?

Figure : Germaine Ahidjo, unie à son époux jusqu’en exil

Modèle d’abnégation, d’endurance face aux épreuves, pardonnant ceux qu’elle a nourrit et qui une fois le pouvoir en main lui ont tourné le dos, elle est surtout resté attaché à son époux dont elle n’a cessé de réclamer le rapatriement du corps. Et faute de l’avoir obtenu, elle et son mari sont alors restés unis … jusqu’en exil.

Electricité : Enéo, les dettes et les sous-traitants

On n’est pas loin d’un système esclavagiste. Si Eneo, l’Etat, Kpdc, Tradex, Gaz du Cameroun, Edc et Sonatrel, si toutes ces grosses mastodontes peuvent s’entendre pour gérer leurs dettes entre elles et continuer à vivre sans faire souffrir leurs employés, il n’en est pas de même pour les petites et moyennes entreprises. Ces dernières restent fragiles, et le non-paiement de leurs prestations concourt simplement à les enfoncer davantage. Et c’est l’économie qui en pâtit.

Douala : voies urbaines, les patrouilles des troubles

Et il ne faudra pas que le pire arrive avant que l’on ne songe à suspendre ces patrouilles et redéfinir leurs missions, tout en partageant les rôles et en désignant clairement celui qui portera le chapeau, en cas de problème. On accuse déjà les usagers de la route et surtout les conducteurs des motos d’être indisciplinés, mais dans les cas d’espèce, la violence et l’indiscipline proviennent de ceux qui sont justement chargés de lutter contre le fléau.

Développement : le surendettement du Cameroun sans impact visible

On est là dans un cas de figure où un père a contracté des dettes dans toutes les banques, au quartier il doit des fortes sommes aussi au boutiquier du coin, il meurt en laissant une maison qui suinte de partout avec de meubles abimés, et les enfants héritent des dettes et des crédits au quartier qu’il doivent payer, sans savoir à quoi ils ont servi. Peut-être le père s’était-il entendu avec les différents créanciers pour qu’ils viennent récupérer la maison après sa mort ? Sait-on jamais !!!

Corona virus : le forcing du vaccin

Il faut dire que cette opacité entretenue volontairement n’est pas de nature à favoriser l’adhésion souhaitée. Le protocole étatique et la grandeur des cérémonials n’entament malheureusement en rien la suspicion née autour des vaccins contre le coronavirus, du fait de la célérité avec laquelle ils ont été mis au point alors que d’autres épidémies comme le Sida n’ont pas connu la même mobilisation. Et une dernière question ne cesse de brûler les lèvres, que cache la mobilisation autour du covid 19 et de son vaccin ?

Figure : Guillaume Oyono Mbia et les trois prétendants…

Cela fait 57 ans que cette œuvre a été écrite, et les problèmes soulevés sont toujours d’actualité. La société reste encore interpellée sur le système de la dot comme frein au mariage des jeunes filles, et sur cette tendance à ne pas demander l’avis de la jeune fille que l’on veut envoyer en mariage, étant plus intéressé par la grosseur du portemonnaie du prétendant que du bonheur de la jeune fille. De l’au-delà, Guillaume Oyônô-Mbia rappelle encore à la conscience collective, à ceux qui demandent des porcs « long chassis » comme dot, que la fille n’est pas une chèvre…à vendre

Justice : les huissiers en voie de disparition au Cameroun

A moins que le gouvernement n’ait décidé de se passer d’ici quelques années des services de ce corps, il reste incompréhensible que le silence continue d’être gardé. Lors de la rentrée solennelle de la justice de 2021, le premier président de la cour suprême, de même que le procureur général auprès de ladite institution, ont rappelé que la non-exécution des décisions de justice faisait le nid de l’injustice et décrédibilise la justice camerounaise. Comment les cas de non-exécution de ces décisions ne vont pas foisonner, si les huissiers de justice à qui revient cette phase de la justice, sont devenus des laisser pour compte ? Quand les acteurs de la justice sont autant victimes de l’injustice, que dire des simples justiciables

Morts en série : un rappel de la vanité de la vie

Ces morts en série nous rappellent simplement que nous sommes de passage sur terre, quelle que soit l’importance que les hommes nous accordent, quelle que soit la fonction que nous occupons, quelle que soit la richesse que nous avons amassée. « Chaque jour de ta vie est un feuillet de ton histoire que tu écris », dit un proverbe arabe. Aux vivants de l’intégrer, et se pose chaque jour la question simple : ai-je bien écrit mon histoire ?

Christian Cardinal Tumi : et si c’était un gâchis ?

Le constat est amer mais réel, le messie envoyé par le pape, que le président Paul Biya croyait recevoir il y a 33 ans s’est révélé être plutôt un empêcheur de s’accrocher en paix au pouvoir. L’homme de Dieu a toujours eu un franc parlé, mais est-ce pour autant une raison pour le renier et ne pas lui accorder la considération due ? Le goût et l’avidité du pouvoir ont aveuglé les gouvernants, les empêchant de voir les valeurs de l’homme et profiter de ses conseils, les mettre en application. A cause de l’orgueil du pouvoir, le Cardinal aura un été en fin de compte une mine d’or inexploitée pour le Cameroun, un véritable gâchis.

Figure : Christian Cardinal Wiyghan Tumi, l’humilité jusqu’au bout du trajet

Alors que rien ne lui manquait et que les propositions lui étaient faites dans ce sens, il a refusé de se faire évacuer à l’étranger pour se soigner, expliquant à l’un de ses confidents de dernière heure Elie Smith, que les médecins étrangers chez qui on veut l’amener sont formés à la même école que ceux qui sont au Cameroun, et ensuite que lui en qui se reconnaissait une bonne partie de la population démunie, s’il allait se soigner à l’étranger, où ira-t-elle ? Au luxe insolent des hôpitaux huppés d’Europe, où l’on meure quand même malgré les machines sophistiquées branchées sur soi, il a choisi la modestie de sa chambre à l’archevêché pour remettre à Dieu son souffle, avec sans doute, comme Jésus à son époque, cette prière de compassion envers certains : « Père pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font »

Extrême Nord : le chemin de croix à la recherche d’une goutte d’eau

que font les représentants des populations locales ? Le département du Mayo Tsanaga qui est pris en exemple ici, compte 6 députés, donc 5 du Rassemblement démocratique du peuple camerounais au pouvoir, et un de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès, son allié. Ces derniers roulent dans des voitures payés par ce bas peuple, ont des salaires payés sur le dos de ces derniers, et en plus bénéficient de 8 millions de francs Cfa chaque année pour mener des micros crédits parlementaires en faveur de ces pauvres, mais qu’en font-ils ? 4 millions de francs sont suffisants pour faire un point d’eau et construire une pompe à motricité humaine. Ça ferait 2 forages par député, soit 12 par an, en 10 ans le département aurait eu 120 points d’eau, répartis dans les 7 communes qui le constituent, soit au moins 17 points d’eau chacune, les populations n’en demandent pas mieux. A chaque élection on présente pourtant cette région, volontairement maintenue dans un état de misère poussée, comme celle qui donne des scores à la russe au parti au pouvoir et à ses alliés, mais qu’ils laissent en retour… mourir de soif. Pourquoi ?

Santé : le calvaire des hémodialysés

Des machines à commander en Allemagne, des kits à importer on ne sait d’où, des maintenanciers à faire venir du Maroc, des malades constamment en grève et d’autres qui meurent faute de soin ou à cause du matériel infecté, voilà l’image que montre encore le Cameroun en 2021 pour la prise en charge des malades d’insuffisance rénale. Question simple, une encore : ne peut-on fabriquer ces machines et ces kits localement, ou mieux, est-ce si difficile de former des maintenanciers camerounais, pour qu’on soit obligé d’aller en chercher au Maroc pour venir dépanner des machines dans les hôpitaux… le temps que quelques malades meurent ?

Corona virus : la médecine camerounaise aux abonnés absents

Les scientifiques camerounais, toute spécialité confondue, peuvent encore et doivent sauver l’honneur, car plus que jamais, non seulement sauver l’honneur du pays n’est plus une option mais un devoir pour tous et pour chacun dans son domaine, mais plus encore la communauté scientifique est de manière irréversible interpellée avec cette pandémie du coronavirus. C’est le moment de se rappeler ce que disait le philosophe Rabelais, « science sans conscience… n’est que ruine de l’âme »

Cote d’Ivoire : Gbagbo libre… de ne plus gêner

Laurent Gbagbo a-t-il fait 10 ans de prison hors de son pays pour rien, certainement pas. Ces 10 ans coïncident également avec le règne d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire et la sécurisation de son pouvoir. Il a eu le temps d’achever le premier mandat et de prendre un deuxième en 2015, et un troisième en 2020 avec une victoire de 95,31%. Sans doute le dernier. À la fin de ce mandat en 2025 il aura 84 ans, Gbagbo qu’il avait sorti de force du palais présidentiel pour s’installer avec l’aide de la France, peut donc rentrer. Il n’est plus une gêne, et sera lui-même à 80 ans. Mais le journal français libération, sous la plume de Maria Malagardis, a publié le 31 mars 2021 à l’annonce de l’acquittement définitif de Gbagbo, un article au titre aussi évocateur que révélateur : « L’acquittement de Laurent Gbagbo ne doit pas faire oublier la responsabilité de la France. » En réalité, Gbagbo est désormais libre…de ne pas gêner le pouvoir

Figure : Francis Ngannou, la force de la conviction

Francis Ngannou est celui que l’on ne doit pas renverser. Vous le renversez 10 fois il se relève 11 fois…. Je conseille aux jeunes aujourd’hui d’oublier le mot « impossible ». Ce n’est jamais facile. Rien ne sera facile dans la vie. Toujours est-il que ce sera possible. C’est de cette foi que je me suis inspiré. C’est ma détermination qui m’a propulsé là où je suis aujourd’hui ». C’est tout le message que le jeune champion voudrait faire passer à sa génération, on peut sortir du ghetto des quartiers populaires, pour devenir un héros. Il suffit d’y croire, et ne reculer devant aucun obstacle, fusse-t-il aussi puissant. Comme David face à Goliath, Francis a détrôné le plus puissant des arts martiaux mixtes, et est désormais installé sur le trône.

Coopération : que laisse la Chine au Cameroun

la Chine est juste comme un autre commerçant qui est allé dans le champ du paysan payer le régime de plantain avec 50 francs de plus que l’autre, mais tous les deux payent toujours à un prix sous-évalué parce que le paysan n’a pas les moyens de faire sortir son produit de là. François Lafargue dans son article affirme également que « la Chine voit dans l’Afrique un marché lui permettant de tester ses produits industriels et de les proposer à une clientèle moins exigeante. Le marché africain de 900 millions de consommateurs potentiels est considérable.» Au-delà de l’euphorie que provoque souvent un nouvel accord de prêt des centaines de milliards au Cameroun par la Eximbank China, les faits qui se précisent chaque jour qui passe, laissent voir que le pays est en train de vendre son âme à la Chine, et une question de fond devrait désormais se poser : que laisse la Chine au Cameroun ?

Covid-19 : le flou artistique autour du vaccin au Cameroun

du vaccin Astrazeneca du début, qui était le seul, les deux personnalités parlent désormais des vaccins au pluriel. Quels autres vaccins ont été ajoutés par la suite, qui les a validés, quelles sont leurs spécificités et leurs compositions, le pourcentage d’efficacité, la tolérance et les effets secondaires ? Autant de questionnements autour du vaccin ou des vaccins contre le coronavirus au Cameroun. Ce vaccin, qui comme le virus, serait devenu très mutant entre les mains des officiels, de quoi entretenir le doute dans l’esprit des populations déjà suffisamment méfiantes, là où elles ont besoin d’être rassurées. Mais en définitive, il faudra bien qu’ils s’entendent là-haut, pour dire la vérité au Camerounais.

Patriotisme : quand le ghetto ravit la vedette

On peut continuer avec la chronologie, mais l’idée est de faire remarquer ici que ceux qui ont hissé le drapeau du Cameroun haut en matière de corruption, sont presque tous des anciens ministres et directeurs de sociétés, qui ont tous bénéficié des bourses d’études de l’Etat, qui ont tous été recrutés par l’Etat, mais qui ont travaillé contre l’Etat. Tout le contraire de ces enfants du ghetto qui se sont battus eux-mêmes pour faire flotter le drapeau camerounais au sommet du globe. Pour ceux-là à qui l’Etat a tout donné et continue de donner mais qui ne cessent d’entraîner le pays dans le gouffre, c’est à eux que le président Paul Biya posait la question suivante en 2016 : qu’avez-vous fait pour votre pays ? Quant aux enfants du ghetto, ils ont déjà répondu à la question à travers Francis, Samuel, Roger, Sarah et autres.

Football : La Fecafoot joue-t-elle contre elle-même ?

Par le passé, on a vu le ministre de l’Administration territoriale s’immiscer dans les partis politiques et désigner ses « présidents » pour qu’ils conduisent ces partis aux élections ou à des négociations, alors que ces élections pouvaient bien se tenir sans ces partis. La fecafoot serait-elle sur les mêmes traces, avec l’affaire Oryx de Douala? Sans compter que la nouvelle crise pourrait ouvrir un nouveau front des batailles judiciaires, un de trop. C’est à se demander si dans les couloirs de la Fifa à Zurich, quelqu’un n’aurait pas soufflé à la Fécafoot qu’il y a un trophée pour les fédérations qui auront cumulé le plus grand nombre de procès… durant leurs existences !

Figure : Paul Eric Kingue et le combat de la décentralisation

Pour lui, appartenir à un parti politique ne veut pas dire faire une allégeance servile au chef et s’autocensurer en permanence, même quand on voit bien que le chef se laisse aller à des dérives démocratiques. Le parti politique n’était non plus pour lui la propriété personnelle d’un tiers, mais un cadre permettant de s’exprimer, stimuler le choc des idées duquel jaillit la lumière, nécessaire pour éclairer le peuple. Fauché par la mort le 22 mars 2021, il n’aura pas, comme en 2008, porté pendant plus d’un an l’écharpe de l’élu local, encore moins mené son combat au bout. Mais au moins sa bouillonnante vie aura été riche en enseignements, et même sans l’avoir achevé, il peut bien se dire dans l’au-delà, « j’ai mené le bon combat »

Opération épervier : la prison de la honte

La situation des puissants de la société camerounaise d’hier, aujourd’hui réduits à se faire assister comme des invalides, est un message destiné à ceux qui se considèrent puissants aujourd’hui. Aucune situation n’est éternelle. La vie n’est que le souffle d’un instant, qui ne fait que passer, aussitôt éteint : la vie humaine, la réalité du monde, tout cela, c’est du vent, les choses ne sont que de passage, dans une sempiternelle répétition. Et il faut bien se dire, Cela n’arrive pas qu’aux autres, surtout dans un contexte de pouvoir où se fabriquent des montres qui n’hésitent pas à se broyer entre eux le moment venus, ne laissant l’illusion de survie qu’à une minorité qui se croit forte pour un moment mais qui est aussi vite rattrapée par la vanité.

Cameroun : la fonction éternelle…

Les institutions de la république sont aussi comme des avions, et les chefs comme des pilotes à qui tout passager confie son destin. C’est ainsi que l’assemblée nationale, le sénat ou la présidence de la république sont autant d’institutions auxquelles le peuple s’est fié pour être conduit à bon port, sain et sauf. Qu’adviendrait-il si pour des considérations qui échappent à toute logique, on maintient aux commandes d’un avion un pilote qui présente des évidences de défaillances visuelle, oratoire et physique, lequel avion est chargé de conduire des passagers à destination, avec en prime une météorologie défavorable ?
Si cela n’est pas du suicide collectif, il y ressemble étrangement

Football : la clochardisation des joueurs confirmée

Il faut repenser le football camerounais tout simplement, et de fond en comble. On peut développer une véritable industrie du football comme cela se fait ailleurs et placer les joueurs au standard de véritables cadres de cette industrie, avec un traitement conséquent. Il faut le dire, les dernières dispositions du règlement annoncent définitivement l’inhumation du football camerounais, qui avait déjà quitté de la phase agonisante sous perfusion, et attendait désormais à la morgue. Le gouvernement va-t-il laisser enterrer le sport roi ? La balle est désormais dans son camp.